A Davos, l'Afrique veut séduire les investisseurs

Le président de la Banque mondiale Ajay Banga s'exprime lors d'une interview au siège de la Banque mondiale à Washington, DC, le 3 janvier 2024. (Photo par Jim Watson AFP)
Le président de la Banque mondiale Ajay Banga s'exprime lors d'une interview au siège de la Banque mondiale à Washington, DC, le 3 janvier 2024. (Photo par Jim Watson AFP)
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Publié le Samedi 20 janvier 2024

A Davos, l'Afrique veut séduire les investisseurs

  • Les décideurs africains ont surtout débattu cette année de libre-échange, d'investissement, d'innovation et de transition énergétique
  • A Davos, «je pense que le monde commence à comprendre l'importance du rôle que l'Afrique jouera dans les dix, vingt prochaines années», a assuré le président de la Banque mondiale, Ajay Banga

DAVOS, Suisse : Attirer les entreprises plutôt que l'aide au développement: à Davos, l'Afrique s'efforce de changer son image pour mobiliser davantage d'investissements privés, avec déjà un nouveau fonds d'un milliard d'euros pour ses startups.

«Il y a une histoire de défis et de risques» liés à un investissement en Afrique, a reconnu Marie-Laure Akin-Olugbade, vice-présidente de la Banque africaine de développement. «Mais il y a aussi l'histoire formidable d'une opportunité d'investissement géniale» que le continent «doit raconter».

«Dire ce que le continent a à offrir est déjà un très bon moyen pour faire venir le secteur privé», a-t-elle affirmé à Davos, où s'achève vendredi la réunion annuelle du Forum économique mondial.

Fini les multiples panels sur l'aide au développement. Les décideurs africains ont surtout débattu cette année de libre-échange, d'investissement, d'innovation et de transition énergétique.

«Nous pouvons vraiment profiter de la révolution numérique», a par exemple remarqué Kashim Shettima, vice-président du Nigeria, lors d'une discussion consacrée au projet d'une zone de libre échange africaine (AfCFTA), qui rassemble 47 pays et au total 1,4 milliard de personnes.

A Davos, «je pense que le monde commence à comprendre l'importance du rôle que l'Afrique jouera dans les dix, vingt prochaines années», a assuré le président de la Banque mondiale, Ajay Banga.

«Les choses changent. Cela fait une décennie qu'elles changent, dans la musique, dans l'art... Pourquoi le monde des affaires ne changerait pas aussi?», a lancé, dans un entretien à l'AFP, la chanteuse franco-béninoise Angélique Kidjo. «Pour longtemps, les intérêts des pays riches et occidentaux sont passés avant les nôtres!»

- Manque de capital -

«L'Afrique émerge de plus en plus comme destination d'investissement», assure Achim Steiner, le patron du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), interrogé par l'AFP.

Le PNUD a présenté à Davos une initiative baptisée «timbuktoo» visant, en dix ans, à investir un milliard d'euros de capitaux publics et privés dans de jeunes pousses innovantes partout sur le continent.

L'Afrique ne représente aujourd'hui que 0,2% des jeunes entreprises dans le monde en termes de valeur.

La quasi-totalité du capital-risque injecté dans les start-up du continent provient de l'étranger et revient à 83% à seulement quatre pays: Nigeria, Kenya, Afrique du Sud et Egypte, selon l'ONU.

«Tellement d'idées meurent rapidement, tout simplement parce qu'il n'y a personne pour parier dessus», a noté M. Steiner.

«Les jeunes pousses africaines manquent de capital pour être compétitives sur la scène mondiale», a aussi déploré le président rwandais, Paul Kagame, au lancement de «timbuktoo». Il a annoncé une contribution de trois millions d'euros au fonds.

Au-delà du financement, le projet prévoit aussi d'ouvrir huit centres d'innovation en Afrique et une présence dans plusieurs universités.

- Rassurer les investisseurs privés -

«Un des principaux défis pour atteindre les objectifs de développement en Afrique reste la capacité de mobiliser les ressources financières» alors que des centaines de milliards de dollars sont nécessaires d'ici 2030, a indiqué le président ghanéen, Nana Akufo-Addo, au lancement de «timbuktoo».

«Etant donné que la plupart des économies africaines ont déjà des capacités fiscales limitées, le secteur privé jouera un rôle important», a-t-il insisté.

«Les situations humanitaires se multiplient, les besoins augmentent mais en même temps, les capacités budgétaires pour y répondre se réduisent», a noté lors d'un autre événement à Davos Anne Beathe Tvinnereim, ministre norvégienne du Développement international.

Mais «la perception» des risques peut être «un problème», a-t-elle concédé. C'est là que l'argent public peut absorber une partie du risque.

Les Etats-Unis et la Norvège ont ainsi lancé récemment un programme dédié au financement de petites et moyennes entreprises du secteur agricole africain. Il n'investira pas directement dans les entreprises, mais dans des fonds comptant aussi des investisseurs privés.

Cela peut fonctionner «si le mécanisme de garantie est bien conçu», a souligné la ministre.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.