Brexit: le Royaume-Uni ouvre une nouvelle page de son histoire

Des douaniers français patrouillent au terminal d'Eurotunnel le 31 décembre 2020 à Coquelles, dans le nord de la France. La Grande-Bretagne a finalement rompu jeudi son partenariat turbulent d'un demi-siècle avec l'Europe, quittant le marché unique de l'UE et l'union douanière et suivant sa propre voie quatre ans et demi après son vote choc pour quitter le bloc. (AFP)
Des douaniers français patrouillent au terminal d'Eurotunnel le 31 décembre 2020 à Coquelles, dans le nord de la France. La Grande-Bretagne a finalement rompu jeudi son partenariat turbulent d'un demi-siècle avec l'Europe, quittant le marché unique de l'UE et l'union douanière et suivant sa propre voie quatre ans et demi après son vote choc pour quitter le bloc. (AFP)
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Publié le Vendredi 01 janvier 2021

Brexit: le Royaume-Uni ouvre une nouvelle page de son histoire

  • Après avoir parachevé sa rupture avec l'Union européenne, le Royaume-Uni ouvre vendredi une nouvelle page de son histoire
  • Après 47 ans d'orageuse intégration européenne et après quatre ans et demi de rebondissements suivant le référendum de 2016

LONDRES : Après avoir parachevé sa rupture avec l'Union européenne, le Royaume-Uni ouvre vendredi une nouvelle page de son histoire pleine d'inconnues pour un pays profondément divisé et durement touché par la pandémie de nouveau coronavirus.

À 23H00 locales et GMT jeudi (minuit à Bruxelles), sans la moindre effusion au sein d'une population massivement confinée, le pays a cessé d'appliquer les règles de l'UE, quittant le marché unique et l'union douanière.

Après 47 ans d'orageuse intégration européenne et après quatre ans et demi de rebondissements suivant le référendum de 2016, c'est l'aboutissement du Brexit, officiel depuis le 31 janvier mais aux effets repoussés par une période transitoire destinée à amortir le choc. 

Dans un éditorial publié dans le Daily Telegraph, le Premier ministre Boris Johnson, grand artisan du Brexit, assure que 2021 sera « une année de changement et d'espoir », vantant l'accord de libre-échange conclu juste avant Noël avec Bruxelles.

« Pour nous, cela signifie la fin des querelles rancunières sur l'Europe qui ont empoisonné notre politique depuis si longtemps », plaide-t-il. "Pour nos amis, cela ne veut certainement pas dire qu'ils nous ont perdus, et encore moins notre appétit pour leurs Maseratis ou leur Gewurtztraminer".

Le sémillant « BoJo » a fait miroiter à ses compatriotes une nouvelle ère pleine de promesses et une place renforcée dans le monde pour le Royaume-Uni, comme champion du libre-échange. Dans l'immédiat, c'est un pays gravement endeuillé par la pandémie de nouveau coronavirus et frappé de sa pire crise économique en trois siècles qui quitte le giron de l'Europe, ou son carcan, c'est selon.

L'accord de libre-échange, sans quota ni droit de douane, conclu in extremis avec Bruxelles, évite une rupture trop abrupte, potentiellement dévastatrice économiquement. Mais le bouleversement est réel : la libre circulation permettant aux marchandises comme aux personnes de passer sans entrave la frontière a cessé –  sauf entre l'Espagne et l'enclave britannique de Gibraltar, ainsi qu'entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande.

Il faut désormais remplir des déclarations de douanes et subir des inspections sanitaires pour exporter à travers la Manche, un titre de séjour pour s'installer de l'autre côté, et un certificat sanitaire pour les chiens et chats britanniques voyageant vers l'UE.

À Calais, les premiers camions sont arrivés dans la nuit après avoir franchi le tunnel sous la Manche, sans encombres. « Maintenant, je n'ai plus de problème, j'ai fait des tests pour le coronavirus, j'ai vérifié mes marchandises, mes documents », témoigne auprès de l'AFP Victor, un routier ukrainien, le premier à avoir chargé sa remorque.

Le texte de 1.246 pages prévoit aussi, pour éviter toute concurrence déloyale, des sanctions et des mesures compensatoires en cas de non-respect de ses règles en matière d'aides d'État, d'environnement, de droit du travail et de fiscalité.

- L'Écosse remontée -

« Notre futur, Notre Royaume-Uni, Notre destin », titre avec triomphalisme le tabloïd Daily Express vendredi, affichant une image de l'Union Jack frappé du mot « FREEDOM » (liberté).

« Dans la crise, sans fanfare, le Royaume-Uni met finalement fin à l'ère européenne », constate, plus circonspect, le quotidien de gauche The Guardian.

Les ambitions mondiales du Royaume-Uni risquent de se heurter au départ de Donald Trump, Brexiter convaincu contrairement à son successeur à la Maison Blanche, Joe Biden.

Dans son pays, Boris Johnson doit tourner la page d'une saga qui l'a emmené au plus haut de l'échelle politique mais a profondément divisé les Britanniques. L'unité du Royaume est fissurée, en particulier du côté de l'Ecosse, qui a voté à une large majorité pour rester dans l'UE.

« L'Écosse sera bientôt de retour, Europe », a tweeté la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, déterminée à organiser un nouveau référendum sur l'indépendance.

À court terme, des perturbations sont redoutées dans le sud de l'Angleterre sur les routes menant vers les ports transmanches, si les nouvelles formalités ralentissent la circulation et allongent les files de camions, surtout la semaine prochaine.

Contrairement à l'UE, le gouvernement britannique a décidé de mettre en œuvre graduellement les contrôles douaniers, qui ne concerneront toutes les marchandises qu'à partir de juillet.

- Silence à Bruxelles -

Londres quitte le marché unique sans aucun mot d'au revoir de la part de l’UE : à Bruxelles, aucun des dirigeants des institutions européennes ne s'est exprimé dans les heures suivant la rupture.

« Ce Brexit a été l'enfant du malaise européen et de beaucoup de mensonges et fausses promesses », a regretté le président français Emmanuel Macron dans ses vœux.

Avec le Brexit, les entreprises de la finance, secteur majeur à Londres, ont perdu leur droit automatique d'offrir leurs services dans l'UE, tandis que les pêcheurs britanniques sont déçus de devoir encore partager une grande partie de leurs eaux avec les Européens.

 

           

Le Brexit devient réalité
Par AFP -
Le Royaume-Uni face aux défis du Brexit
Par Germain Moyon avec Christian Spillman/ AFP -

Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.