Grandes manoeuvres à Strasbourg à l'approche des élections européennes

Des députés européens participent à une séance de vote lors d'une séance plénière au Parlement européen à Strasbourg, dans l'est de la France, le 22 novembre 2023 (Photo, AFP).
Des députés européens participent à une séance de vote lors d'une séance plénière au Parlement européen à Strasbourg, dans l'est de la France, le 22 novembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 20 janvier 2024

Grandes manoeuvres à Strasbourg à l'approche des élections européennes

  • Face à ce risque d'ingouvernabilité, la quête d'une majorité se fera-t-elle au-delà des frontières traditionnelles, et, si oui, jusqu'où?
  • La campagne électorale pour ces élections prévues du 6 au 9 juin n'est pas encore officiellement lancée

STRASBOURG: A moins de cinq mois des élections européennes, qui pourraient bouleverser l'équilibre des forces politiques dans l'hémicycle à Strasbourg, les discussions entre la droite et certaines composantes de l'extrême droite sont scrutées avec attention.

La campagne électorale pour ces élections prévues du 6 au 9 juin n'est pas encore officiellement lancée, mais les spéculations tournent autour d'une question: que se passera-t-il si les forces dites pro-européennes perdent la majorité dont elles disposent depuis des décennies dans l'hémicycle de Strasbourg?

Car, si les divisions droite-gauche existent bien au parlement européen, elles n'empêchent pas les deux camps de trouver des majorités en fonction des sujets.

Or, une forte poussée de l'extrême droite et des nationalistes lors de ce scrutin, annoncée par plusieurs sondages, pourrait rendre ardue la recherche de ces compromis entre la droite, le centre, et les socio-démocrates.

Face à ce risque d'ingouvernabilité, la quête d'une majorité se fera-t-elle au-delà des frontières traditionnelles, et, si oui, jusqu'où?

Dans un contexte de "normalisation" de la droite radicale, il y a à l'évidence une "tendance de la droite modérée à se rapprocher de cette droite radicale", juge l'analyste politique Thierry Chopin, de l'Institut Jacques Delors, dans un entretien avec l'AFP.

Les partis de gauche jugent, eux, que les lignes ont déjà été franchies. Et de citer des textes, notamment sur l'environnement, bloqués grâce aux voix de l'extrême droite.

"Nous allons travailler pour que, lors de ces élections, les citoyens soient conscients de l'importance de l'enjeu actuel, de la menace que représentent ces alliances entre la droite et l'extrême droite en Europe", a affirmé cette semaine à Strasbourg l'eurodéputée espagnole Iratxe Garcia Perez, qui préside le groupe S&D rassemblant la gauche social-démocrate au parlement de l'UE.

«Pro-européen, pro-Ukraine»

Le patron de la droite à Strasbourg, l'eurodéputé allemand Manfred Weber, s'en défend.

"J'ai clairement défini les lignes rouges", a affirmé devant la presse M. Weber, qui préside le Parti populaire européen (PPE, chrétien-démocrate), plus important groupe politique, où siègent notamment Les Républicains français (LR).

Les futurs partenaires éventuels du PPE devront respecter trois critères, a-t-il dit: "être pro-européen, pro-Ukraine et défendre l'Etat de droit".

Reste à voir comment seront appliqués exactement ces critères au moment où, comme le relève Thierry Chopin, l'extrême droite en Europe n'est plus aussi "anti-européenne" qu'avant.

Dans ce contexte, les regards se tournent vers l'Italie où le parti au pouvoir Fratelli d'Italia (Frères d'Italie) de Giorgia Meloni a envoyé neuf députés à Strasbourg lors des élections précédentes, et devrait en envoyer davantage cette année, selon les sondages.

Son parti siège au sein du groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR, extrême droite), et il s'est montré plutôt "bon européen", de l'avis de nombre d'observateurs à Strasbourg, particulièrement depuis sa victoire aux élections législatives italiennes en 2022, qui ont porté Mme Meloni au pouvoir.

Cette dernière, qui affiche par ailleurs clairement des positions pro-Ukraine, pourrait-elle correspondre au portrait-robot dessiné par M. Weber?

Un rapprochement entre le PPE et une partie du groupe ECR est un scénario "très plausible", juge Teona Lavrelashvili, experte européenne auprès de l'European Policy Centre (EPC) à Bruxelles.

En revanche, l'autre composante de l'extrême droite à Strasbourg, rassemblée dans le groupe Identité et Démocratie (ID), qui regroupe notamment les députés français du Rassemblement national ou de la Ligue en Italie, est tenue à distance.

Selon plusieurs sondages, ID pourrait, à l'issue des élections de juin, passer de cinquième à troisième groupe politique à Strasbourg, dépassant ainsi le groupe Renew Europe (centristes et libéraux).

Interrogé sur cette éventualité il y a dix jours, Stéphane Séjourné, qui était alors chef du groupe centriste et est devenu depuis chef de la diplomatie française, se disait confiant dans la capacité de Renew Europe à conserver la troisième place et à rester "le king maker" au sein du parlement.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.