Biden sous pression pour répliquer à la mort de militaires américains en Jordanie

Le président américain Joe Biden (Photo, AFP).
Le président américain Joe Biden (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 30 janvier 2024

Biden sous pression pour répliquer à la mort de militaires américains en Jordanie

  • Donald Trump a qualifié son adversaire démocrate de 81 ans de «faible», et assuré que cette attaque ne serait «jamais» arrivée sous son mandat
  • Ce n'est pas la première fois que le mandat de Joe Biden est secoué par la mort de militaires américains

WASHINGTON: Joe Biden est-il trop faible face à l'Iran? C'est en tout cas ce que martèlent lundi les adversaires du président démocrate, qui brigue un second mandat, en le pressant de répliquer durement à la mort de trois soldats américains en Jordanie.

Le démocrate "n'a que des coups à prendre", analyse Colin Clarke, directeur de recherches au Soufan Center, un cercle de réflexion basé à New York.

La Maison Blanche a attribué l'attaque au drone, dirigée contre une base dans le nord-est de la Jordanie, à des groupes pro-Iran.

Joe Biden a promis que l'Amérique "répondrait", et la riposte sera "conséquente", a assuré lundi un porte-parole de l'exécutif, John Kirby.

Le même a toutefois rejeté avec virulence l'idée selon laquelle la campagne électorale dicterait la conduite du président américain.

Joe Biden "ne regarde pas les sondages ou le calendrier électoral lorsqu'il travaille pour protéger nos troupes (...) Il serait insultant d'insinuer le contraire", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Joe Biden n'a guère d'autre choix que de répliquer, selon Colin Clarke, sous peine d'être "débordé en pleine année électorale par les républicains, qui pourraient dire que sous Biden, des militaires meurent et qu'il n'y a pas de réponse forte, alors que Trump, lui, a éliminé (le général Qassem) Soleimani", ancien architecte de la stratégie militaire iranienne, visé par une frappe américaine en janvier 2020.

«Faible»

L'ancien président républicain, grand favori de la primaire de son parti et probable rival de Joe Biden à l'élection de novembre, s'est déjà emparé de l'affaire.

Il a qualifié son adversaire démocrate de 81 ans de "faible", et assuré que cette attaque ne serait "jamais" arrivée sous son mandat.

Le républicain de 77 ans tient là une occasion de soutenir son récit de campagne: il se présente comme un homme fort providentiel, capable d'assurer la sécurité de l'Amérique par sa seule autorité, sans se mêler des conflits qui agitent le monde.

Sans réponse forte contre l'Iran, "Joe Biden confirmerait qu'il est un lâche, indigne d'être le commandant en chef" des forces armées, s'est emporté le sénateur républicain de l'Arkansas, Tom Cotton.

Mais en ripostant, Joe Biden risque de s'aliéner la frange progressiste du parti démocrate, or "il ne peut pas se permettre de perdre trop de voix, à un moment où il est déjà à la peine avec les jeunes et ceux qui lui reprochent de faire un chèque en blanc à Israël" dans sa guerre contre le Hamas, souligne Colin Clarke.

Les critiques de la droite sur la politique iranienne jugée complaisante de Joe Biden ne sont pas nouvelles, mais le conflit dans la bande de Gaza, déclenché par l'attaque du groupe palestinien soutenu par Téhéran, les a relancées.

Afghanistan

"La stratégie de dissuasion (de l'administration Biden) a lamentablement échoué. Il y a eu plus de 100 attaques contre des troupes américaines dans la région" depuis le 7 octobre, a constaté un influent sénateur républicain, Lindsay Graham.

Mais aucune de ces attaques n'avait fait de victimes.

Ce n'est pas la première fois que le mandat de Joe Biden est secoué par la mort de militaires américains.

Le 26 août 2021, sur fond de retrait chaotique des troupes d'Afghanistan, 173 personnes, dont 13 militaires américains, avaient été tués dans un attentat à proximité de l'aéroport de Kaboul.

C'est à ce moment que pour la première fois, les courbes de popularité de Joe Biden s'étaient inversées, les opinions défavorables prenant le pas sur les avis favorables. Le mécontentement s'est ensuite confirmé, nourri par une très forte inflation, et le président affiche aujourd’hui une cote de confiance anémique.

Le démocrate avait justifié le départ d'Afghanistan par la volonté de ne plus risquer la vie de soldats américains.

C'était là l'une des grandes promesses de sa précédente campagne présidentielle: dans un discours de politique étrangère en juillet 2019, le candidat Biden avait promis que, s'il était élu, il mettrait fin aux "guerres sans fin (de l'Amérique) en Afghanistan et au Moyen-Orient."


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.