Tension au large du Yémen: nouvelles frappes américaines, nouvelle attaque des Houthis

Un faux missile est transporté en soutien aux récentes frappes des Houthis contre des navires dans la mer Rouge et le golfe d'Aden, à Sanaa, au Yémen, le 31 janvier 2024 (Photo, Reuters).
Un faux missile est transporté en soutien aux récentes frappes des Houthis contre des navires dans la mer Rouge et le golfe d'Aden, à Sanaa, au Yémen, le 31 janvier 2024 (Photo, Reuters).
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Publié le Vendredi 02 février 2024

Tension au large du Yémen: nouvelles frappes américaines, nouvelle attaque des Houthis

  • L'armée américaine a abattu un drone au large du Yémen jeudi et détruit un drone de surface naval sans équipage chargé d'explosifs en mer Rouge
  • Le Commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) a par ailleurs annoncé que ce mouvement yéménite proche de l'Iran avait lancé deux missiles visant potentiellement un cargo

WASHINGTON: L'armée américaine a abattu un drone au large du Yémen jeudi et détruit un drone de surface naval sans équipage chargé d'explosifs en mer Rouge, alors que les rebelles Houthis continuent de menacer le trafic maritime dans la région.

Le Commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) a par ailleurs annoncé que ce mouvement yéménite proche de l'Iran avait lancé deux missiles visant potentiellement un cargo, mais sans le toucher.

Le drone a été abattu au-dessus du golfe d'Aden tôt jeudi, a déclaré le Centcom, sans préciser à qui il appartenait. Il a toutefois imputé aux Houthis la responsabilité du navire drone, dont la destruction a provoqué des "explosions annexes importantes", mais pas de blessés ou de dégâts matériels.

L'armée américaine avait auparavant annoncé avoir notamment détruit dix drones Houthis et trois iraniens, dans une série de frappes.

Ces dernières semaines, les rebelles, qui contrôlent une grande partie du Yémen en guerre, ont multiplié les attaques visant des navires en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, passages essentiels du commerce mondial.

«Escalade»

Les Houthis disent agir en solidarité avec les Palestiniens de Gaza, territoire assiégée et bombardé par Israël, en guerre contre le mouvement Hamas depuis l'attaque sanglante mené par ce dernier en sol israélien le 7 octobre.

Mercredi vers 20H30 (17H30 GMT), les rebelles Houthis "ont lancé un missile balistique antinavire (...) vers le golfe d'Aden", a annoncé le Centcom dans un communiqué.

Moins d'une heure après, ce même destroyer a "abattu trois drones iraniens" qui se trouvaient "à proximité", a ajouté le Centcom.

Dans la soirée, il a encore annoncé que des frappes américaines avaient détruit dix drones d'attaque et un poste de commandement Houthis, qui "constituaient une menace imminente pour les navires marchands et les navires militaires américains".

Plus tôt mercredi, l'armée américaine avait en outre dit avoir détruit un missile sol-air des Houthis prêt à être tiré depuis le Yémen et qui menaçait, selon elle, des avions américains.

Ils ont affirmé mercredi avoir visé un bâtiment américain, le USS Gravely.

D'autres groupes armés pro-iraniens ont attaqué ces derniers mois des bases américaines en Irak et en Syrie.

L'une de ces attaques, a coûté dimanche la vie à trois militaires américains en Jordanie, à la frontière syrienne. Washington l'a imputée à la "Résistance islamique en Irak", une nébuleuse de combattants issus de groupes armés pro-Iran, Téhéran réfutant toute implication.

Les Etats-Unis et l'Iran ont plusieurs fois répété qu'ils ne cherchaient pas une "escalade" des tensions au Moyen-Orient, dans le contexte de la guerre à Gaza.

«Dernier recours»

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a une nouvelle fois appelé jeudi à l'arrêt des attaques "inconsidérées" des Houthis, lors d'un entretien téléphonique avec le sultan Haitham d'Oman, pays voisin du Yémen et médiateur important entre l'Iran et les pays occidentaux.

Rishi Sunak, dont le pays a mené plusieurs frappes conjointes contre les Houthis avec Washington, "a souligné que l'action militaire n'était qu'un dernier recours face à des menaces intolérables pour la navigation mondiale", selon un communiqué de son bureau.

Dans le golfe d'Aden, un autre navire marchand a été touché par un missile, qui a provoqué une explosion à bord, a indiqué jeudi la société britannique de sécurité maritime Ambrey.

Les Houthis, qui affirment viser des navires liés à Israël, ont mené plus de 35 attaques contre des navires au large du Yémen depuis le 19 novembre, selon le ministère américain de la Défense.

Avant de lancer des frappes en janvier, les Etats-Unis, principal allié d'Israël, avaient déployé des navires de guerre en mer Rouge et mis en place une coalition maritime internationale pour "protéger" cette zone cruciale par où transite jusqu'à 12% du commerce mondial.

Depuis, les Houthis considèrent également les navires liés aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni comme des "cibles légitimes".

Washington a annoncé mi-janvier les désigner à nouveau comme une entité "terroriste".

L'impact de ces tensions dans cette zone est lourd: le transport maritime de conteneurs par la mer Rouge a chuté de près de 30% sur un an, a annoncé mercredi le Fonds monétaire international (FMI).


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.