Dans l'Himalaya, le tigre prend de plus en plus de hauteur

Un tigre du Bengale fait une pause dans la jungle qui dégage le parc national de Kaziranga, à environ 280 km à l'est de Guwahati, le 21 décembre 2014 (Photo, AFP).
Un tigre du Bengale fait une pause dans la jungle qui dégage le parc national de Kaziranga, à environ 280 km à l'est de Guwahati, le 21 décembre 2014 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 06 février 2024

Dans l'Himalaya, le tigre prend de plus en plus de hauteur

  • Le tigre de l'Himalaya s'aventure de plus en plus souvent en haute altitude, tutoyant les 4000 mètres, sous l'effet de la pression humaine et du changement climatique
  • Les tigres deviennent également plus agressifs envers les humains: en janvier, une attaque a fait trois morts et deux blessés près de la réserve de Corbett

DEHRADUN: Vivant normalement en basse et moyenne montagne, le tigre de l'Himalaya s'aventure de plus en plus souvent en haute altitude, tutoyant les 4.000 mètres, sous l'effet de la pression humaine et du changement climatique, selon des chercheurs indiens.

Des appareils photo automatiques disposés dans le Sikkim, dans l'Himalaya indien, ont livré "de nombreuses images" de ces félins à des altitudes allant jusqu'à 3.966 mètres, a révélé le Wildlife Institute of India (WII), l'Institut indien de la vie sauvage.

Contrairement à la panthère des neiges, qui évolue naturellement à très haute altitude, les tigres du Bengale préfèrent en principe les forêts des fonds de vallées du massif, relève Qamar Qureishi, responsable de recherche au WII.

"Le fait qu'ils montent dans les montagnes prouve qu'ils sont sous pression", souligne ce biologiste.

Des tigres avaient déjà été ponctuellement repérés à plus de 4.000 mètres au Népal et au Bhoutan, deux autres pays himalayens.

Mais ce nouveau résultat montre une accélération du phénomène en Inde, où les précédents records s'étaient établis à 3.602 mètres en 2019 et à 3.640 mètres il y a un an, rappelle Anurag Danda, directeur de la branche indienne de l'organisation WWF.

«Petites îles»

Pour Pooja Pant, chercheur au WII, la cause majeure de cette évolution relève selon toute probabilité "du changement climatique et de l'accroissement de la pression humaine".

Pranabesh Sanyal, expert en tigres basé à Calcutta, rappelle que "les températures en haute altitude ont augmenté plus vite que celles en-dessous de 2.000 mètres au cours des deux dernières décennies", offrant la possibilité d'un "nouvel habitat" au tigre.

L'espèce fait aussi face... à l'accroissement de sa population, rappelle M. Qureishi.

Estimée à 40.000 individus au moment de l'indépendance en 1947, la population de tigres du pays est tombée à 1.411 têtes en 2006, avant de repasser la barre des 3.000 à la faveur de programmes de protection.

En un demi-siècle, l'Inde a en effet triplé les espaces protégés, les portant à près de 76.000 kilomètres carrés, une superficie supérieure à celle du Sri Lanka voisin.

La plupart des 53 réserves naturelles du pays restent toutefois de "petites îles dans un océan d'exploitation non durable des espaces", a cependant relevé le Rapport indien sur l'état du tigre.

Biais technologique?

La pression sur le grand félin "s'accroît partout", confirme Shrikant Chandola, ancien chef de l'administration des forêts de l'Etat himalayen de l'Uttarakhand.

"Le nombre de proies diminue" et "les jeunes tigres chassent les tigres plus âgés" hors des meilleurs territoires, souligne ce spécialiste.

Les tigres deviennent également plus agressifs envers les humains: en janvier, une attaque a fait trois morts et deux blessés près de la réserve de Corbett, dans l'Uttarakhand, provoquant la colère de la population.

Son directeur, Dheeraj Pandey, multiplie les campagnes de prévention pour éviter les accidents. Mais "on ne peut pas dire à un tigre d'aller ici et pas là", rappelle-t-il.

Alors, de plus en plus de tigres s'échappent vers les hauteurs, comme le suggèrent les travaux du WII.

S'il ne conteste pas le phénomène, Qamar Qureishi pointe toutefois un possible biais technologique dans la multiplication des images du grand félin en haute altitude.

"Il est beaucoup plus facile qu'avant de les photographier, avec le développement des pièges photographiques, des téléphone portables et des appareils à détection thermique", relève-t-il.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".