L’Arabie saoudite et la France renforcent leur coopération en matière de défense et de sécurité

Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin rencontre le ministre saoudien de l'Intérieur, le prince Abdelaziz ben Saoud ben Naïf. (SPA)
Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin rencontre le ministre saoudien de l'Intérieur, le prince Abdelaziz ben Saoud ben Naïf. (SPA)
Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin rencontre Cheikh Adelatif Al Sheikh, ministre saoudien des Affaires Islamiques.(SPA).
Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin rencontre Cheikh Adelatif Al Sheikh, ministre saoudien des Affaires Islamiques.(SPA).
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Publié le Lundi 19 février 2024

L’Arabie saoudite et la France renforcent leur coopération en matière de défense et de sécurité

  • Darmanin a souligné le développement des relations bilatérales lors de sa visite en Arabie Saoudite
  • Les échanges entre la France et l’Arabie saoudite ne cessent de s’intensifier. Environ 6800 Français résident aujourd’hui, sur le territoire saoudien

RIYAD: Gerald Darmanin, ministre de l’intérieur français a effectué une visite officielle du 14 au 16 février en Arabie saoudite à l’invitation de son homologue saoudien, le prince Abdelaziz ben Saoud ben Naïf. Lors de leurs entretiens, les deux ministres de l’intérieur ont abordé des sujets inhérents à l'expansion de la coopération en matière de sécurité entre l’Arabie saoudite et la France. 

À l’occasion de sa visite à Riyad, Gerald Darmanin a eu l’occasion de rencontrer plusieurs hauts responsables saoudiens notamment Cheikh Adelatif Al Sheikh, ministre des Affaires Islamiques, Cheikh Mohammed Al Issa, Secrétaire Général de la Ligue Islamique Mondiale et M. Ibrahim Al-Moubarak, vice-ministre de l’Investissement et CEO de l’Autorité Saoudienne pour la Promotion des Investissements ou le « Saudi Investment Promotion Authority » 

En marge de cette visite de trois jours, le ministre français de l’intérieur, Gerald Darmanin, a accordé une interview exclusive à Arab News en français durant laquelle il a déclaré : « Je suis venu en Arabie saoudite accompagné d’une importante délégation d’entreprises françaises travaillant dans le domaine de la Cybersécurité pour promouvoir l’excellence de notre savoir-faire dans un domaine auquel notre partenaire saoudien attache une grande importance.

Comme vous le savez, nos deux pays entretiennent des relations bilatérales exceptionnelles depuis de longues années. La France se tient aux côtés de l’Arabie saoudite pour appuyer ses grands projets, qu’il s’agisse de développer et sécuriser les secteurs de la culture et du tourisme, en particulier à AlUla ou encore, l’Expo universelle 2030 ; de contribuer à la diversification énergétique et économique du pays ; d’accompagner la formation des Saoudiens par des coopérations éducatives entre nos deux pays. 

Je me félicite de l’élan qui marque nos relations bilatérales depuis plus de deux ans. Les échanges entre nos gouvernements se sont multipliés, tout comme nos échanges économiques. Je suis ainsi le 7e  ministre à me rendre en Arabie saoudite en un peu plus d’un an. »

Cette visite intervient par ailleurs alors que le Royaume a engagé depuis 5 ans, dans le cadre de la Vision 2030, portée par le Prince héritier Mohammed ben Salmane, un vaste et ambitieux programme de réformes et de modernisation dans tous les secteurs : économique, sociétal et culturel. 

J’ai eu l’occasion aujourd’hui de constater ces changements, à travers des visites de terrain, des entretiens et des échanges avec les personnalités saoudiennes engagées dans ce processus inédit, non seulement à l’échelle de la région mais aussi de l’histoire de pays. 

Nos relations regardent aujourd’hui vers l’avenir. Elles sont le fruit d’une vision largement partagée du développement, de l’éducation, de la culture, de la protection de l’environnement. Elles sont riches et multiples. Le Royaume est devenu un acteur majeur dans l’action humanitaire et  l’aide au développement. 

Nous avons créé des partenariats économiques et des coopérations dans tous les domaines, tels que l’énergie, l’eau et l’environnement, le transport et la logistique, le tourisme, les loisirs et la culture, le sport, la santé, l’agroalimentaire, les nouvelles technologies, l’aéronautique, l’espace, comme les services financiers et investissements. Les synergies sont nombreuses entre le Plan France2030 et la Vision2030, toutes deux au service de nos jeunesses. » a annoncé le ministre de l’intérieur. 

Organisée par la Gami du 4 au 8 février à Riyad, la deuxième édition du World Defense Show, auquel ont participé plus 775 exposants représentant plus de 75 pays, témoigne de l'engagement du Royaume à devenir une plaque tournante mondiale pour l'industrie de la défense. 

À cet effet, le ministre français de l’intérieur a confié à Arab News : « Le World Defense Show qui vient de se tenir à Riyad a été l’événement le plus attendu pour nos entreprises de défense françaises. Il témoigne de l'engagement du Royaume à devenir une plaque tournante mondiale pour l'industrie de la défense et confirme ce rapprochement de nos deux pays en termes de défense. Les perspectives pour l’avenir de la coopération entre nos deux pays, en matière de sécurité et de défense, sont importantes. Nous avons, dans ce secteur, une relation très ancienne et de confiance.

D’une part, la sécurité est évidemment une composante importante dans la mise en œuvre de la Vision 2030. Il s’agit d’encadrer des événements majeurs culturels ou sportifs ; d’accompagner le développement touristique du Royaume ; de prévoir l’architecture de sécurité des grands projets qui sortent de terre ou encore, de former les forces de sécurité. Je pense également aux femmes qui sont de plus en plus nombreuses à vouloir choisir les métiers de la sécurité en Arabie saoudite, comme j’ai pu m’en rendre compte au Collège de sécurité Roi Fahd.

D’autre part, la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité est une priorité à mettre à l’ordre du jour. L’Arabie saoudite dispose d’une économie qui se numérise très rapidement. La protection des infrastructures critiques et la protection des données sont autant d’enjeux face auxquels nos deux pays peuvent agir ensemble. »

Le Royaume considère le développement des secteurs du tourisme et du divertissement comme un objectif crucial dans le cadre de sa Vision 2030, alors que la région réduit peu à peu sa dépendance au pétrole et compte profiter de l’expertise française. La stratégie nationale de tourisme de l'Arabie saoudite vise à attirer plus de 150 millions de visiteurs d'ici 2030 et à porter la contribution du secteur du tourisme au produit intérieur brut du pays à plus de 10 %.

À ce propos, le ministre français de l’intérieur a révélé à Arab News : « Face à ses importants projets en Arabie Saoudite, la communauté française est active et dynamique dans des domaines d’activité essentiels à la vie de ce pays. La majorité des Français travaillent dans de grands groupes français, saoudiens ou étrangers, pour les secteurs de l’énergie, de la défense, des transports et du tourisme. 

Les échanges entre la France et l’Arabie saoudite ne cessent de s’intensifier. Environ 6800 Français résident aujourd’hui, sur le territoire saoudien et forment la plus grande communauté de l’Union européenne dans le Royaume. Le nombre de Français résidant en Arabie saoudite ne cesse d’augmenter, +5% depuis 2022, notamment à Riyad, + 7,4% en 2023 après une hausse de + 6,1% en 2022.

S'agissant des visiteurs, on relève une augmentation significative des voyages de nos compatriotes en Arabie. Leur nombre est passé de 80.000 à plus de 150.000 entre 2019 et 2023, soit plus 91% de visiteurs en plus. Ces évolutions illustrent combien le contexte et l'attractivité de l'Arabie saoudite ont changé.

L'Arabie saoudite a introduit le E-visa touristique en septembre 2019, s'ouvrant de manière significative aux visiteurs étrangers. Elle a facilité la combinaison du tourisme religieux avec d'autres types de visite en 2022. 


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.