Nathalie Goulet confie à Arab News en français son enthousiasme pour l’avenir de l’Arabie saoudite

Nathalie Goulet, femme politique française et sénatrice de l'Orne depuis 2007 et membre de l’Union des démocrates et indépendants au Sénat, effectue une visite de quelques jours en Arabie saoudite afin d’assister au Forum des médias saoudiens. (Photo fournie).
Nathalie Goulet, femme politique française et sénatrice de l'Orne depuis 2007 et membre de l’Union des démocrates et indépendants au Sénat, effectue une visite de quelques jours en Arabie saoudite afin d’assister au Forum des médias saoudiens. (Photo fournie).
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Publié le Jeudi 22 février 2024

Nathalie Goulet confie à Arab News en français son enthousiasme pour l’avenir de l’Arabie saoudite

  • «L’IA est en passe de changer notre vie de façon radicale. En quelques années, elle est passée de l'ombre à la lumière, de la fiction à la réalité»
  • «Les journalistes se posent la question de leur liberté dans un système où l'information est financiarisée»

RIYAD: Nathalie Goulet, femme politique française et sénatrice de l'Orne depuis 2007 et membre de l’Union des démocrates et indépendants au Sénat, effectue une visite de quelques jours en Arabie saoudite afin d’assister au Forum des médias saoudiens, qui s’est tenu du 19 au 21 février puis à la Saudi Cup les 23 et 24.

En marge de ce forum, Nathalie Goulet a accordé à Arab News en français une interview exclusive durant laquelle elle a confié: «Je suis en Arabie d’abord pour participer au Forum des médias. C'est extrêmement important de voir la fusion, ce qui se déroule autour du secteur des médias dans une période mondialement très déstabilisée et comment l'Arabie saoudite, les pays environnants, mais aussi d'autres pays arabes interviennent dans le secteur des médias, qui est tout à fait essentiel.»

Le Forum des médias saoudiens

«Il est très intéressant de pouvoir écouter les uns et les autres et de voir toute cette industrie autour du média à l'heure de la déstabilisation mondiale, du complotisme, des fake news, de l'intelligence artificielle (IA), d'une financiarisation des médias. C’est peut-être la fin des médias papier. Donc, c'est un moment crucial et il est important de pouvoir assister à ce forum.»

«L’IA est en passe de changer notre vie de façon radicale. En quelques années, elle est passée de l'ombre à la lumière, de la fiction à la réalité. Les experts s'accordent à dire qu’elle va bouleverser notre monde plus profondément que toute autre technologie.»

À cet effet, Nathalie Goulet a expliqué: «Il y a eu un débat là-dessus ce matin. C'était d'ailleurs assez intéressant parce que, en réalité, avec la rapidité de l'information, avec un smartphone, je peux devenir journaliste, alors que je ne le suis pas. Avec l'intelligence artificielle, c'est peut-être simplement le contraire, on aura peut-être besoin des médias papier pour une déontologie, une réflexion, un recul par rapport aux événements et peut- être plus de crédibilité.»

«Un certain nombre de lecteurs se détourneront peut-être des médias en ligne pour aller vers l'original, c'est-à-dire le papier. Cela passe aussi, évidemment, par l'éducation aux médias d’une jeunesse qui doit apprendre à ouvrir un journal.»

Concernant la crédibilité de l’information et son impact sur l’ensemble de la société, Nathalie Goulet a posé durant cette interview un certain nombre de questions sur la collecte, la vérification, le traitement et la diffusion… Elle s’est également interrogée sur la publication d’informations non crédibles sur les réseaux sociaux.

Mme Goulet a confié à Arab News en français: «C'est un enjeu. Surtout, qui est journaliste aujourd’hui? Il faut revenir un peu à la base du métier de journaliste, de la déontologie… D'ailleurs, on a parlé ce matin de la nécessité de vérifier ses sources, d'attendre un peu avant de diffuser.»

«En effet, quand on diffuse des informations qui ne sont pas exactes, la vitesse de l'information a n'a rien à voir avec la vitesse du démenti. En fait, on peut ruiner des réputations, on peut ruiner des situations et on peut tuer des gens avec les médias.»

«De toute façon, l'arme de destruction massive aujourd'hui, ce sont les médias. C'est bien que l’on en parle au niveau régional. Je ne crois pas à de grandes initiatives internationales. Pour moi, ça ne fonctionne pas.»

«En revanche, des initiatives comme celle qui consiste à créer non pas un club saoudo-européen, mais un club entre l'Arabie saoudite et la France pour les médias puis de l’étendre à deux ou trois pays européens, éventuellement francophones, comme la Belgique, la Suisse, sont efficaces.»

«Il pourrait être très intéressant d'avancer sur ce sujet, parce qu'il y a de très grandes différences en ce qui concerne la liberté de la presse ici ou là. On le voit bien dans certains endroits où la presse n'est pas libre. Est-on libre de tout dire? Peut-on tout dire dans n'importe quelles conditions?»

«Ce sont vraiment des discussions de société, et la liberté de la presse est un sujet. Nous avons des débats en France en ce moment, notamment avec la financiarisation des chaînes télévisées et des médias traditionnels. Les journalistes se posent la question de leur liberté dans un système où l'information est financiarisée.»

Relations bilatérales

Au sujet des relations bilatérales, la sénatrice a affirmé: «Elles sont à leur meilleur niveau. D'abord avec une coopération très forte, mais aussi en termes d'image. En France, l'image de l'Arabie saoudite s'est vraiment beaucoup améliorée. Je pense que le travail de nos ambassadeurs respectifs y est pour quelque chose.»

«Je crois que c'est vraiment très visible, et puis l'ouverture du pays, on la voit sur les écrans. Les gens vont finir par avoir une autre image de l'Arabie saoudite, une image de modernité qu'elle mérite aujourd'hui compte tenu des efforts qui ont été faits et du résultat.»

«Quand j'ai rencontré le prince Mohammed ben Salmane à Paris, en 2016, il n'avait pas encore annoncé ces projets. Sa réforme de 2030 était en gestation et tout ce qu'il a annoncé ensuite, il l'a fait. Les fâcheux vous diront que ce n’est pas assez et que ça ne va pas assez vite. Ceux qui connaissent le pays depuis longtemps voient la différence.»

Place de la femme et Vision 2030

À propos de la Vision 2030, Mme Goulet a affirmé: «C’est une vision très importante pour l'Arabie, les Saoudiens et les Saoudiennes, mais aussi pour toute la région. La situation de la femme saoudienne a évolué, on l’a vu dans les médias, on le voit dans votre rédaction, où les femmes sont majoritaires, et on le voit dans le monde des affaires de la même façon.»

«Je pense que tout cela prend sa place, mais, vous savez, cela ne s'est pas fait en un jour en France non plus. On est obligé de voter des lois pour la parité très régulièrement. Donc je pense que les choses doivent prendre leur temps, mais il y a une jeunesse saoudienne qui pousse, avec des réformes de structure qui sont irréversibles.»

En tant que sénatrice, Nathalie Goulet recommande aux Saoudiennes d’étudier. «Je pense que l'éducation est aussi une clé, les langues étrangères, le français, bien sûr. C'est extrêmement important. L'indépendance financière et l'indépendance professionnelle sont des clés pour le développement et l’épanouissement des jeunes femmes.»

«Je crois beaucoup aux vertus du travail, c'est peut-être l'ancienne école… Je pense que les études sont très importantes, surtout dans un pays où elles sont très disponibles, très nombreuses et très ouvertes.»

«Il y a le fait de pouvoir voyager à l'étranger, de faire des stages, de pouvoir comparer, évidemment, et de revenir dans son pays pour y créer des entreprises. On le voit bien à AlUla, à Riyad, à Djeddah, où la culture et le sport contribuent à l’épanouissement quotidien… Tout ce qui peut aider à l’épanouissement des femmes doit être pris en considération. Cela ne retire rien aux sociétés traditionnelles et au respect des traditions. Je pense que les deux sont compatibles.»

«Les choses ont avancé très vite et je pense que les changements sociétaux sont toujours une période très difficile, car c'est un moment où les changements ne sont pas encore complètement ancrés. Cela peut aussi créer des tensions dans une société très traditionnelle comme l’est ou l’était la société saoudienne. Donc, c'est un moment où il faut soutenir ces mouvements.»

«Quand on voit, par exemple, ce qui se passe avec les femmes en Iran, on se rend compte à quel point les femmes saoudiennes sont désormais libérées. Si vous voyez ce qui se passe en Afghanistan, où les femmes sont privées d'éducation, de soins, en Iran, où elles sont maltraitées et persécutées pour un voile que les femmes saoudiennes ne sont plus obligées de mettre», a-t-elle ajouté.

Saudi Cup

«C'est le deuxième objectif de ma visite puisque je suis invitée à la Saudi Cup. Des éleveurs et des spécialistes de la filière équine de mon département sont très impliqués dans la gestion et le suivi des écuries de la famille royale. Pour l’encadrement technique spécifique et l'élevage des chevaux, il y aura des Français de très grande qualité. En tant que Normande, en tant qu’Ornaise, je dois dire que Le Haras national du Pin, que l’on appelle “le Versailles du cheval”, est un endroit absolument extraordinaire. C’est un haras national spectaculaire qui se trouve dans l'Orne.»

«Je pense que là encore, on pourrait avoir des coopérations. Je pense qu'il y a des équipes qui vont venir chez nous s'entraîner pour les Jeux olympiques. Ce sera une très bonne occasion de rencontrer les équipes saoudiennes. Tout est déjà assez bien organisé. Beaucoup de propriétaires du Golfe qui ont des haras en Normandie, mais je pense que l'on peut faire mieux.»

«La Vision 2030 change aussi les mentalités de gens qui ne seraient probablement pas venus en Arabie saoudite – ou seulement pour un événement – et qui viennent maintenant. Je dirais: “Regardez un peu ce qui se passe ici, avec un œil différent, voyez le changement des mentalités et l'excellence des rapports entre la France et l'Arabie saoudite en ce moment.”»

Conflit israélo-palestinien

Le conflit israélo-palestinien prend une trajectoire dangereuse; la situation humanitaire se dégrade et devient très alarmante. À ce sujet, la sénatrice a déclaré: «Je pense qu'on n'est plus du tout dans le rationnel. On est dans une situation qui est née du pogrom du 7 octobre et d'une réaction des autorités israéliennes, avec un Premier ministre israélien qui a son agenda, et je crains que cet agenda ne soit pas forcément favorable à la paix. Il y a des élections bientôt et il veut se maintenir au pouvoir.»

«C’est une situation absolument dramatique, d'abord d’un point de vue humain, pour les victimes du pogrom du 7 octobre et une situation humanitaire à Gaza qui est absolument tragique.»

«Avec la situation globale des Palestiniens, qui n'ont pas eu d'élections depuis très longtemps, une terrible corruption et, en plus, la bande de Gaza aux mains du Hamas, qui est quand même le bras armé des Frères musulmans dans la région, et donc une population qui est aussi prise en otage… Tout cela crée une situation globale extrêmement douloureuse.»

«Mais je crains de ne pas avoir beaucoup de pouvoir sur le sujet. On laisse les femmes afghanes mourir sous leurs burqas, les femmes iraniennes se faire massacrer dans les rues, l'Afrique de l'Ouest en plein désarroi… Il y a divers mouvements islamistes, on laisse des milliers de migrants mourir au milieu de la Méditerranée…»

«Notre civilisation et les organisations internationales ont tendance à laisser les choses en l'état. Ce n’est pas très glorieux. On peut se poser des questions sur l’efficacité des organisations internationales.»

Elle a ajouté: «Évidemment, on peut quand même contrôler les financements donnés, notamment par l'Union européenne, pour être sûrs qu’ils sont bien destinés aux populations et ne sont pas détournés.»

«En voyant que des membres de l'Office de secours et de travaux des nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa) qui ont participé au pogrom du 7 octobre, on peut s'interroger… Les Palestiniens de Gaza ont besoin de cette aide humanitaire. Donc c'est une tragédie absolue.»

«Mais la communauté internationale ne fait rien de concret, ni pour un cessez-le-feu ni pour récupérer les otages. Depuis le 7 octobre, cela commence à faire beaucoup. La population israélienne est en grève, elle est dans les rues, elle manifeste, elle veut récupérer les otages à tout prix, mais le Premier ministre israélien n'entend pas arrêter les bombardements. Lui, il a son agenda, mais sa population ne le suit pas forcément, comme vous pouvez vous en rendre compte tous les jours.»

«Je suis assez catastrophée et, en même temps, assez prudente par rapport aux positions définitives, parce qu'il y a tellement de vies en jeu. Et c'est une telle tragédie que personne ne peut rester insensible aux enfants de Gaza ni aux autres. Les vies, toutes les vies, valent la même chose. C'est une situation très compliquée et on voit là à quel point la communauté internationale est incapable de trouver une solution.»

Nathalie Goulet a terminé notre entretien sur ces mots: «La France a toujours soutenu la solution à deux États; je crois que ce qui s'est passé après le 7 octobre interdit complètement d'imaginer une solution à un État, parce que la haine a atteint un paroxysme et la défiance aussi. Je pense que ce qui se passe à Gaza finira par avoir des répercussions sur les relations diplomatiques avec Israël pour des pays qui n'en avaient pas jusque-là. Et les F16 ne font pas tout; il y a beaucoup de voix israéliennes qui s'élèvent aussi dans ce système.»


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.