Rencontre avec les curatrices de l'exposition de l'Arabie saoudite à la Biennale de Venise

Jessica Cerasi et Maya El-Khalil. (Fournie)
Jessica Cerasi et Maya El-Khalil. (Fournie)
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Publié le Vendredi 22 mars 2024

Rencontre avec les curatrices de l'exposition de l'Arabie saoudite à la Biennale de Venise

  • Trois conservatrices travailleront en étroite collaboration avec l'artiste Manal AlDowayan sur le pavillon national du Royaume cette année.
  • AlDowayan est l'une des artistes contemporaines les plus importantes d'Arabie saoudite. Son travail s'appuie sur la photographie, le son, la sculpture et la pratique participative pour interroger les traditions et les mémoires collectives.

DUBAI : Un groupe de conservateurs entièrement féminin est responsable du pavillon national de l'Arabie saoudite à la 60e Biennale de Venise cette année. Jessica Cerasi, Maya El-Khalil et la conservatrice adjointe Shadin AlBulaihed travailleront avec l'artiste Manal AlDowayan sur son installation pour l'événement, qui débutera le 20 avril sur le thème "Stranieri Ovunque - Foreigners Everywhere" (Étrangers partout).

AlDowayan est l'une des artistes contemporaines les plus importantes d'Arabie saoudite. Son travail s'appuie sur la photographie, le son, la sculpture et la pratique participative pour interroger les traditions, les mémoires collectives ainsi que le statut et la représentation des femmes. Son travail à la Biennale de Venise, qui n'a pas encore été annoncé, met à nouveau l'accent sur les éléments participatifs, en particulier l'engagement des femmes saoudiennes.

Shadin AlBulaihed. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels)
Shadin AlBulaihed. (Source: Commission des arts visuels)

Cerasi, El-Khalil et AlBulaihed apportent une grande expérience au pavillon. Mme Cerasi, basée à Abou Dhabi, a déjà travaillé avec Mme AlDowayan, en organisant conjointement son œuvre participative "From Shattered Ruins, New Life Shall Bloom" au musée Solomon R. Guggenheim de New York en mai de l'année dernière. Elle a également travaillé avec de nombreux autres artistes du Golfe ces dernières années. Elle a également été conservatrice adjointe à la Biennale de Venise en 2019, et a joué le même rôle à la Biennale de Sydney en 2016. Mme Cercasi s'efforce d'encourager l'appréciation de l'art contemporain auprès de nouveaux publics. 

"J'ai été ravie de travailler avec une équipe de femmes fortes, aux côtés de Maya et de Shadin, notre conservatrice adjointe. Et travailler avec Manal est un rêve absolu", a déclaré Mme Cercasi à Arab News. " Nous étions récemment à Dhahran pour le premier de ses trois ateliers participatifs, et c'était merveilleux de voir à quel point elle est respectée et aimée au sein de sa communauté, et à quel point les femmes étaient enthousiastes à l'idée de participer à ces ateliers réservés aux femmes. Cela nous a donné un aperçu très particulier".

El Khalil a fondé Athr Gallery, un espace d'art contemporain à Jeddah, à une époque où il y avait peu d'institutions artistiques publiques locales. Elle y a présenté des œuvres de jeunes talents et d'artistes internationaux reconnus. Son travail de commissaire d'exposition consiste toujours à jeter des ponts entre la région du Golfe et le reste du monde. 

Comme Cerasi, El-Khalil entretient une relation de travail avec AlDowayan. En 2013, elle a organisé la première exposition personnelle de l'artiste en Arabie saoudite - "A Journey of Belonging" - à la Athr Gallery, et a également collaboré avec AlDowayan sur les ateliers qui ont conduit à son œuvre phare de 2012, "Esmi - My Name". El Khalil a également rédigé un essai pour le livre "Manal AlDowayan : Participatory Acts". 

"Pour Manal, la pratique participative est extrêmement importante", explique El-Khalil à Arab News. "Même lorsque le public est absent, ces moments de création collective sont extrêmement importants pour Manal. Cela nourrit l'idée de l'invisible ou de l'absence. Pour Manal, "invisibilité" ne signifie pas nécessairement "absence". Pour elle, qui a travaillé avant les changements qui ont eu lieu dans le Royaume plus récemment dans le contexte de la société, ce qui est supposé être une absence de voix féminines est, pour Manal, extrêmement présent dans ce qu'elle appelle le contre-public. 

"Jessica et moi l'avons également constaté lors des sessions participatives, car le pouvoir et l'énergie qui se dégagent de ces différents groupes de femmes qui se réunissent sont très inspirants", poursuit-elle. "Il y a cette énergie incroyable. Il y a presque, comme, ces voix collectives qui sont extrêmement importantes pour Manal - et extrêmement puissantes. Aujourd'hui, avec les changements qui se produisent, il y a beaucoup à gagner, mais il y a aussi un sentiment d'inquiétude quant à ce que cela pourrait signifier soudainement pour les femmes d'être dans le public si elles devaient perdre le soutien qui existe au sein de ces groupes de femmes - ce que Manal appelle les espaces contre-publics des femmes". 

La conservatrice adjointe du pavillon, Mme AlBulaihed, travaille au Misk Art Institute. Sa pratique curatoriale se concentre sur l'exploration des récits locaux en s'engageant dans la culture locale, les documents d'archives et les traditions, une pratique fortement alignée sur l'engagement profondément enraciné d'AlDowayan avec les communautés à travers l'Arabie Saoudite. AlBulaihed a participé au tout premier pavillon saoudien de la Biennale d'architecture de Venise avec Misk en 2018. 

"Travailler avec Manal AlDowayan est une entreprise puissante et marquante", a déclaré M. AlBulaihed à Arab News. "Elle remet en question les stéréotypes, renforce la position des femmes artistes dans le monde entier et contribue au dialogue mondial sur l'art et la culture. Elle offre une plateforme pour présenter les perspectives et les contributions des artistes féminines d'Arabie saoudite sur une scène internationale telle que la Biennale de Venise. 

"Je suis fière de pouvoir partager les contributions artistiques de l'Arabie saoudite sur une plateforme mondiale aux côtés d'un artiste établi et de conservateurs", poursuit-elle. "C'est un privilège de pouvoir représenter ma nation en tant que Saoudienne qui a bénéficié des investissements considérables que mon pays a consentis pour mon éducation et mes expériences. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".