Les espoirs de paix pour le Yémen ne doivent pas devenir des dommages collatéraux d'autres conflits régionaux, déclare l'envoyé de l'ONU

Hans Grundberg, l'envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, rencontre des responsables locaux dans la troisième ville du pays, Taez. (AFP)
Hans Grundberg, l'envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, rencontre des responsables locaux dans la troisième ville du pays, Taez. (AFP)
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Publié le Mardi 16 avril 2024

Les espoirs de paix pour le Yémen ne doivent pas devenir des dommages collatéraux d'autres conflits régionaux, déclare l'envoyé de l'ONU

  • Hans Grundberg met en garde contre la nécessité d'une désescalade régionale dans un contexte d'insécurité alimentaire croissante et de réapparition du choléra au Yémen.
  • L'ambassadeur adjoint des États-Unis, Robert Wood, réitère son "appel à l'Iran pour qu'il mette fin à ces transferts illégaux d'armes et à toutes les activités qui facilitent les attaques inconsidérées des Houthis".

NEW YORK : L'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen a déclaré lundi que s'il est clair que la guerre dans le pays a des liens avec d'autres conflits dans la région, "nous devons aux Yéménites de veiller à ce que la résolution du conflit au Yémen ne soit pas subordonnée à la résolution d'autres questions".

Hans Grundberg a ajouté : "Nous ne pouvons pas risquer que les chances de paix du Yémen deviennent des dommages collatéraux" causés par d'autres conflits.

S'exprimant lors d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée aux derniers développements dans le pays, il a déclaré que la menace de nouvelles attaques sur la mer Rouge persistait en l'absence d'un cessez-le-feu à Gaza, dont l'urgence a été soulignée par la dernière escalade des hostilités entre Israël et l'Iran.

Depuis le début de la guerre entre le Hamas et Israël à Gaza en octobre, les attaques des Houthis, soutenus par l'Iran et basés au Yémen, contre le trafic maritime international ont continué à perturber les routes commerciales de la mer Rouge. Le groupe militant a menacé de poursuivre ses attaques jusqu'à ce qu'Israël mette fin à son assaut contre Gaza. Le Royaume-Uni et les États-Unis ont commencé à lancer des frappes militaires de représailles contre des cibles Houthis au Yémen en janvier.

Il y a un besoin urgent de désescalade des conflits sur une base régionale plus large, a déclaré M. Grundberg, tout en mettant en garde : "Si nous laissons le processus politique du Yémen dans la salle d'attente et que nous continuons sur la voie de l'escalade, les conséquences pourraient être catastrophiques, non seulement pour le Yémen, mais aussi pour l'ensemble de la région.

M. Grundberg a déploré que, contrairement à l'année dernière, il n'y ait pas eu beaucoup de raisons de célébrer l'Aïd Al-Fitr au Yémen.

"Les détenus dont nous espérions qu'ils seraient libérés à temps pour passer l'Aïd avec leurs proches restent en détention", a-t-il déclaré. "Les routes que nous espérions voir ouvertes restent fermées.

"Nous avons également été témoins de la mort tragique de 16 civils, dont des femmes et des enfants, qui ont été blessés lors de la démolition d'une résidence par des individus d'Ansar Allah dans le gouvernorat d'Al-Bayda", a-t-il ajouté, en utilisant le nom officiel des Houthis.

Informant les membres du Conseil de la situation humanitaire au Yémen, Edem Wosornu, directeur des opérations et du plaidoyer au Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, a souligné l'augmentation de l'insécurité alimentaire dans le pays au cours des derniers mois.

La situation s'est encore détériorée après que le Programme alimentaire mondial a suspendu la distribution de l'aide alimentaire dans les zones contrôlées par les Houthis en décembre 2023. Cette pause a fait suite à des désaccords avec les autorités locales sur les bénéficiaires de l'aide prioritaire et a été aggravée par les effets d'une grave crise de financement sur les efforts humanitaires du PAM au Yémen.

Elle intervient alors qu'un pourcentage plus élevé de ménages dans le sud du Yémen lutte pour obtenir des quantités suffisantes de nourriture par rapport à ceux du nord, en partie à cause du taux de change historiquement bas du rial yéménite par rapport au dollar américain dans les zones contrôlées par le gouvernement internationalement reconnu.

"Les personnes les plus vulnérables - y compris les femmes et les filles, les groupes marginalisés tels que les Muhamasheen, les personnes déplacées à l'intérieur du pays, les migrants, les demandeurs d'asile et les réfugiés, ainsi que les personnes handicapées - dépendent toujours de l'aide humanitaire pour survivre", a déclaré Mme Wosornu.

Elle s'est également inquiétée de l'augmentation des cas de choléra au Yémen, alors que les services publics et les institutions continuent de se détériorer.

"La réapparition du choléra et les niveaux croissants de malnutrition sévère sont des indicateurs révélateurs de l'affaiblissement des capacités des services sociaux", a-t-elle déclaré au Conseil.

"Près d'un enfant de moins de 5 ans sur deux souffre d'un retard de croissance, soit plus du double de la moyenne mondiale : 49 % contre 21,3 %.

"Les stocks d'urgence de produits de première nécessité sont presque épuisés. Les systèmes d'approvisionnement en eau, d'assainissement et d'hygiène doivent être renforcés de toute urgence.

Le plan de réponse humanitaire pour le Yémen n'est financé qu'à 10 %, les programmes de sécurité alimentaire et de nutrition n'étant financés qu'à hauteur de 5 % et 3 % respectivement, selon une mise à jour informelle présentée au Conseil de sécurité par l'OCHA cette semaine. M. Wosornu a lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle prenne des mesures urgentes afin de combler les déficits de financement.

L'ambassadeur adjoint des États-Unis auprès des Nations unies, Robert Wood, a exhorté les membres du Conseil à persister dans leur demande que les Houthis cessent leurs attaques contre la navigation en mer Rouge.

"Nous devons également faire davantage pour souligner la préoccupation du Conseil concernant l'origine iranienne des armes utilisées par les Houthis et les violations continues de l'embargo sur les armes", a-t-il ajouté.

"Ce n'est un secret pour personne que l'Iran fournit des armes aux Houthis en violation de l'embargo sur les armes décrété par les Nations unies. Nous réitérons notre appel à l'Iran pour qu'il mette fin à ces transferts d'armes illégaux et à toutes les activités qui facilitent les attaques inconsidérées des Houthis.

"Les efforts continus de l'Iran pour fomenter l'instabilité et la terreur dans la région, comme l'ont montré les attaques sans précédent de l'Iran contre l'État d'Israël ce week-end, doivent être fermement condamnés par ce Conseil.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.