L’émissaire de l’Onu arrive au Yémen, les Houthis pilonnent Ta’izz: bilan 6 morts

Plus de 60 véhicules militaires, armes d'artillerie et canons ont été déployés dans l’attaque. (Photo, AFP/Archives)
Plus de 60 véhicules militaires, armes d'artillerie et canons ont été déployés dans l’attaque. (Photo, AFP/Archives)
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Publié le Vendredi 08 janvier 2021

L’émissaire de l’Onu arrive au Yémen, les Houthis pilonnent Ta’izz: bilan 6 morts

  • L'officier pris pour cible serait un tireur d'élite de la Garde républicaine, engagé dans la lutte contre les Houthis
  • Le 30 décembre, trois missiles guidés ont frappé l’aéroport d’Aden peu après l’arrivée du nouveau gouvernement d’unité du Yémen. Le bilan : 27 morts et plus de cent blessés.

AL-MUKALLA: Au moins six civils, dont deux femmes et deux enfants, ont été tués et de nombreux autres blessés mercredi lors d’une offensive d'artillerie lourde et de tirs de canon lancée par les Houthis dans la province méridionale de Ta’izz, a déclaré un responsable local yéménite à Arab News.

Le colonel Abdul Basit Al-Baher, porte-parole de l'armée yéménite dans la ville méridionale de Ta’izz, a déclaré que les Houthis soutenus par l'Iran ont lancé une attaque majeure dans la région d'Al-Haima, à l'est de la province. Elle ciblait un officier fidèle à l'ancien président Ali Abdullah Saleh.

Plus de 60 véhicules militaires, armes d'artillerie et canons ont été déployés dans l’attaque, a déclaré Al-Baher.

«Les Houthis ont bombardé la zone avec des armes lourdes qui ont tué et blessé au moins 18 civils, et détruit de nombreuses maisons», a déclaré l'officier militaire jeudi après-midi. Il a ajouté que des combattants houthis, postés en hauteur, ont bombardé la zone et abattu des habitants. «Des résidents du secteur nous ont appris que le raid est toujours en cours et que les Houthis sont déterminés à humilier les gens».

L'officier pris pour cible serait un tireur d'élite de la Garde républicaine, engagé dans la lutte contre les Houthis. Au cours de l’attaque, les miliciens ont fait sauter deux maisons et pris des enfants en otage afin de forcer le militaire à se rendre.

Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent une épaisse fumée qui s’échappe des maisons et des fermes au moment où les Houthis bombardaient violemment la région. Un assaut similaire a eu lieu à Al-Haima en 2018, à la recherche de l’individu en question.

Toujours à Ta’izz, la Coalition RASD pour le suivi du dialogue national, une organisation yéménite qui documente les violations des droits de l'homme pendant la guerre, a déclaré le 4 janvier que plus de 70 attaques des Houthis contre des cibles civiles à Ta’izz du 1er novembre au 19 décembre ont tué 11 civils, dont six enfants, et en ont blessé 37 autres, dont 21 enfants et quatre femmes dans différents quartiers de Ta'izz. Les frappes de missiles et de mortiers des Houthis ont endommagé ou détruit 25 établissements officiels et privés.

Pendant que les attaques des Houthis s’intensifiaient jeudi, l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, Martin Griffiths a atterri dans la ville portuaire d'Aden. Il a visité parties de l'aéroport d'Aden endommagées par l'attaque de missiles.

Le 30 décembre, trois missiles guidés ont frappé l’aéroport d’Aden peu après l’arrivée du nouveau gouvernement d’unité du Yémen. Le bilan : 27 morts, plus de cent blessés, et une indignation locale et internationale.

Le gouvernement yéménite a accusé les Houthis et les experts militaires iraniens d'avoir orchestré l'attaque.  Il a par ailleurs demandé à la communauté internationale de designer le mouvement Houthi comme groupe terroriste.

La condamnation émanant de l'envoyé de l'ONU n’étant pas suffisante à leurs yeux, les responsables du gouvernement yéménite ont insisté à ce que ce dernier publie une déclaration. Ils réclament en effet que le diplomate dénonce les Houthis, leurs attaques contre les civils, et les embûches qu’ils sèment pour entraver le chemin vers la fin de la guerre et le rétablissement de la paix. 

Lors d'une réunion avec le ministre yéménite des Affaires étrangères Ahmed Awadh ben Moubarak au palais présidentiel d'Aden jeudi, l'envoyé a réaffirmé son soutien au nouveau gouvernement et sa ferme condamnation de l'attaque meurtrière. Le ministre des Affaires étrangères a pour sa part exhorté les instances internationales à punir les Houthis pour avoir violé le droit international en ciblant une institution civile, ont déclaré des responsables à Arab News.

Mercredi, le président yéménite Abed Rabbo Mansour Hadi a réitéré devant Griffiths que l'Iran a ordonné aux Houthis de bombarder l'aéroport d'Aden afin de saper l’éventualité d'un accord de paix, chose que la milice n'a jamais pris au sérieux.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.