Liban : les enjeux et les dessous d’une «initiative française» toujours d’actualité

Le président français Emmanuel Macron prononce le discours d'ouverture d'une vidéoconférence internationale des donateurs pour le Liban au Palais présidentiel de l'Elysée à Paris le 2 décembre 2020. (Ian LANGSDON / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron prononce le discours d'ouverture d'une vidéoconférence internationale des donateurs pour le Liban au Palais présidentiel de l'Elysée à Paris le 2 décembre 2020. (Ian LANGSDON / POOL / AFP)
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Publié le Vendredi 08 janvier 2021

Liban : les enjeux et les dessous d’une «initiative française» toujours d’actualité

  • Le Liban est un pays important pour la France, car francophone et décisif pour l’influence française en Orient, et il aussi est un carrefour géopolitique dans la Méditerranée orientale visé par un expansionnisme turc inquiétant
  • Emmanuel Macron s'est vu contraint de se prononcer en faveur du retour de Saad Hariri, car c'était la seule alternative pour déclarer que son initiative n’avait pas échoué et qu’elle restait toujours d’actualité

PARIS : La France n’a pas renoncé à son initiative au Liban, lancée en août dernier. Elle estime toujours qu’elle est la seule alternative pour mettre fin au naufrage d’un pays qui ressemble désormais à un Titanic qui «coule sans orchestre». Quels sont les enjeux qui incitent le président Emmanuel Macron à persister dans sa démarche? Et quels sont les dessous du blocage de la situation libanaise et de la méthode française pour démêler cet imbroglio ? 

En ce début 2021, la France ne s’avance pas masquée au Liban. Elle continue d’agir avec prudence en menant une politique attentiste, tout en essayant en coulisses de tirer les ficelles pour «secouer» la classe politique libanaise. Elle poursuit son action, en tenant compte de la dimension régionale de l’impasse libanaise, en particulier la question iranienne et le poids décisif que pourrait jouer Washington dans toute solution potentielle.

L’année 2020 a été terrible pour le Liban, où trois crises se sont cumulées : économique et financière, sanitaire et politique. Les deux grandes explosions du 4 août dernier au port de Beyrouth, et leur désastreux bilan humain et matériel, n’ont fait qu’accentuer les crises en cours et la faillite de l’État. Conscient du cercle vicieux libanais et de la plus grave crise financière qu’ait connu le pays du Cèdre depuis la création du Grand-Liban il y a cent ans, le président français s’est rendu deux fois au Liban en 2020 (il projetait de s’y rendre une troisième fois fin décembre, mais a dû annuler son voyage après avoir été contaminé par la Covid-19). Il a déployé tout son talent pour inciter les différents dirigeants libanais à s’entendre pour sauver in extremis leur pays de la faillite et pour que le Liban (maillon faible ou victime de son environnement géopolitique) ne soit pas sacrifié – comme à son habitude – sur l’autel de deals passés entre acteurs extérieurs.

Un carrefour géopolitique

Certes, la France porte une responsabilité particulière, compte tenu des liens historiques, culturels, économiques et humains qui existent avec le Liban. Mais, les enjeux d’un sauvetage du Liban ne répondent pas à des intérêts économiques somme toute limités ou ne s’expliquent pas par des liens passionnels entre les deux pays. Ils tiennent surtout à des questions politiques: le Liban est vu comme un carrefour géopolitique dans la Méditerranée orientale visé par un expansionnisme turc inquiétant pour Paris et l’Europe. Le Liban est également un pays important, car francophone et donc décisif pour l’influence française en Orient. Paris constate avec amertume la crise existentielle qui frappe le Liban, au bord de la faillite financière et politique, et mis en danger par ses liens de plus en plus étroits avec l’axe iranien, et son éloignement des pays arabes. 

En ce début 2021, la France ne s’avance pas masquée au Liban. Elle continue d’agir avec prudence en menant une politique attentiste, tout en essayant en coulisses de tirer les ficelles pour «secouer» la classe politique libanaise.

Emmanuel Macron pense que sa tentative de sauvetage vaut la peine, contrairement à d’autres acteurs internationaux, et la France se distingue par sa position singulière, en accordant une place prioritaire au dosser libanais. Il veut mettre en place une politique à la hauteur des enjeux, constatant avec dépit que le pays du Cèdre est en train de perdre tout ce qui le distinguait auparavant: un système bancaire attractif, l’incontournable port de Beyrouth, la qualité de l’enseignement varié et le multilinguisme, et son système médical développé.

Ainsi, la France a voulu agir vite, proposant un moratoire sur les principaux différends politiques (intérieurs et extérieurs, comme l’armement du Hezbollah ou le conflit entre axes régionaux), afin de former un «gouvernement de mission» composé d’experts ou d’indépendants validés par la classe politique et les institutions, tout en ne proposant pas des élections anticipées (une revendication faite par certains partis et des groupes de la «révolution du 17 octobre»), à la suite du véto opposé par le Hezbollah. 

Les dessous du blocage 

Plus de cinq mois après la première visite de Macron au Liban, l’impasse reste totale. Une première tentative de former un gouvernement a échoué quand l’ambassadeur Mustapha Adib, désigné Premier ministre, s’est heurté aux exigences de la composante chiite qui a voulu conserver le portefeuille des Finances et qui s’est opposée à l’idée d’un roulement des ministères selon les confessions, l’un des points-clé de l’initiative française. Le refus de la composante chiite, le Hezbollah et le mouvement Amal, de coopérer a été perçu comme une réaction aux sanctions prises par les Américains contre deux anciens ministres libanais accusés de collision avec le Hezbollah, confirmant ainsi l’importance des facteurs extérieurs dans la politique intérieure libanaise. Plusieurs pans de l’opinion publique libanaise et certaines forces politiques ont fait remarquer que toute tentative de solution ou de réformes ne pourrait pas aboutir si le pays n’était pas à même de recouvrer sa souveraineté, écornée par le Hezbollah et son parrain iranien.

Sur cette question, la déception française a été unanime: le pari de l’Hexagone sur un rôle facilitateur du Hezbollah a échoué. L’ancien ambassadeur de France à Beyrouth, Bruno Foucher, n’a-t-il pas cessé de répéter que le dialogue français constant avec l’Iran (et le Hezbollah) représentait «une valeur ajoutée» de la diplomatie française ? Mais, à l’épreuve des faits, l’avantage supposé de cette dernière n’a pas pesé. L’autre déception de l’Élysée concerne sans doute la quasi–totalité des dirigeants politiques libanais, qui n’ont pas respecté leurs engagements en faisant prévaloir leurs revendications partisanes sur l’intérêt national. Sans doute, la corruption systématique représente-t-elle un mal chronique mutuellement lié à l’érosion de l’aura de l’État (et à l’État dans l’État représenté par le Hezbollah). 

Plus de cinq mois après la première visite de Macron au Liban, l’impasse reste totale. Une première tentative de former un gouvernement a échoué quand l’ambassadeur Mustapha Adib, désigné Premier ministre, s’est heurté aux exigences de la composante chiite qui a voulu conserver le portefeuille des Finances et qui s’est opposée à l’idée d’un roulement des ministères selon les confessions, l’un des points-clé de l’initiative française.

Ce premier échec n’a pas sapé tous les efforts français. À la suite de la démission de Hassan Diab, la France s’est félicitée du choix de l’ambassadeur Adib, un homme m’appartenant pas à l’élite politique traditionnelle. La cellule élyséenne qui pilote le dossier libanais a tenté à ce moment de contourner le veto américain à l’encontre du Hezbollah, en poussant à la formation d’une équipe ministérielle indépendante. Mais cette option ayant tourné court, Paris, après une longue attente, est revenu à un choix plus classique, en soutenant le retour de Saad Hariri, espérant que ses deux «amis» (le général Aoun et Saad Hariri) s’entendent pour sauver un système libanais à la dérive, offrant ainsi à la diplomatie française un certain succès. 

Équilibres politiques

Ce choix a été fait en dépit de réserves de certains membres de la cellule élyséenne qui ont mis en garde contre le retour d’un Hariri «incompétent et impopulaire». Mais d’autres membres ont vu dans l’héritier de Rafic Hariri l’homme capable de gérer de manière réaliste les équilibres politiques au Liban, une position finalement adoptée par le président français.

Les premiers plaidaient pour la formation d'un gouvernement dominé par des technocrates et des indépendants, mais validé par les forces politiques internes et externes, y compris le Hezbollah. En pratique, Macron s'est vu contraint d'adopter la deuxième option, car c'était la seule alternative pour déclarer que son initiative n’avait pas échoué et qu’elle restait toujours d’actualité. Après s’être davantage impliqué dans le dossier libanais, il a considéré que Paris avait plus à perdre de la chute de l'État libanais, dans sa forme actuelle, dans la mesure où la France perdrait ainsi une position-clé qu’il serait incapable de retrouver au Moyen-Orient, lieu de confrontation de nombreux acteurs régionaux et internationaux.

Saad Hariri a déjà été Premier ministre du Liban de 2009 à 2011 et de 2016 à 2020. Il n’a hélas brillé ni par ses réformes, ni par sa gestion du pays, ni par sa résistance aux prétentions du Hezbollah, ni par le partage du pouvoir avec le gendre du président Aoun, l’ancien ministre chrétien Gebran Bassil. Il n’a toujours pas réussi à composer un gouvernement technique capable de réaliser les réformes requises pour le pays. Cependant, dès le début, il est apparu que les chances de Hariri ne seraient pas meilleures que celles de Moustapha Adib, en raison de plusieurs éléments: l’absence de changement dans la politique américaine, la persistance du litige avec le duo Aoun–Bassil concernant le partage de portefeuilles, et l’insistance du Hezbollah pour maintenir sa présence au gouvernement. 

Le Hezbollah au cœur de l’équation

Selon les «fuites» de la «cellule du Liban» à l'Élysée, Paris tient à la fois Aoun et Hariri responsables de l'avortement de la formation du gouvernement, et insiste afin qu’ils travaillent ensemble pour réparer les fissures. Paris regrette que cette impasse fasse rater au Liban une occasion de mettre fin  à l'effondrement du pays, et empêche le lancement de négociations sérieuses avec la communauté internationale afin de financer un programme de réformes majeur dont le Liban a plus que jamais besoin. Paris estime que Hariri devrait ouvrir un canal direct avec Gebran Bassil en tant que chef du plus grand bloc parlementaire, et ne fermer les portes des négociations avec aucun parti, pour faciliter la formation du gouvernement. Mais pour le moment, les souhaits français demeurent des vœux pieux. Plusieurs sources concordantes affirment que toutes les discussions sur les différences de quota au sein du gouvernement, les portefeuilles et les noms des ministres entre Hariri et l'équipe du président Michel Aoun ne visent qu'à dissimuler le vrai problème: la participation ou non du Hezbollah au gouvernement, et sous quelle forme.

Face à cette impasse, certaines sources avancent que la France a misé sur le départ de l'administration Trump et l’arrivée de Joe Biden, comme le pariaient les cercles iraniens. Paris espère que son initiative libanaise pourra faire une percée, si l'intensité de la confrontation entre Washington et Téhéran commence à baisser à la fin de janvier 2021. On espère à la cellule élyséenne qu’un nouveau climat permettra la formation d'un gouvernement auquel le Hezbollah participera sous une forme ou une autre, dans le cadre d'un accord international-régional, dans lequel la France jouera un rôle primordial en le parrainant, comme cela a toujours le cas avant et après les accords de Taëf mettant fin à la guerre civile (1975-1990). Mais cet attentisme et ce pari sur l’avènement de l’administration Biden sont risqués car le dossier libanais n’est pas prioritaire et il n’est pas du tout certain que le climat s’apaise si vite entre Washington et Téhéran.

Face à cette impasse, certaines sources avancent que la France a misé sur le départ de l'administration Trump et l’arrivée de Joe Biden, comme le pariaient les cercles iraniens. Paris espère que son initiative libanaise pourra faire une percée, si l'intensité de la confrontation entre Washington et Téhéran commence à baisser à la fin de janvier 2021.

Par conséquent, Hariri tente de gagner du temps tant que le duo Amal-Hezbollah ne le lâche pas, tandis que la partie française le pousse à ne pas jeter l’éponge malgré les zizanies internes (surtout avec le camp du président Aoun). Hariri, qui tente toujours de ménager Washington, espère pour plus tard une normalisation de ses liens avec Riyad. 

Cet entêtement français à sauver in extremis le Liban ne trouve pas en pratique d’écho côté libanais. De plus, le contexte régional et la position américaine à l’encontre du Hezbollah, pourrait s’enliser dans le cas d’un attentisme de l’administration Biden à la manière d’En attendant Godot. De même, un ancien diplomate européen connaisseur du pays du Cèdre invite la France à changer de méthode au Liban et à tenter avec le Vatican et avec d’autres acteurs arabes une action concertée pour qu’elle soit efficace et productive. En somme, malgré toutes les contraintes extérieures et les initiatives amicales, le Liban ne semble toujours pas prêt à se sauver lui-même.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.