La conférence du WEF à Riyad témoigne de l'intérêt mondial croissant pour la Vision 2030 de l'Arabie saoudite", a déclaré Luigi Di Maio

La réunion spéciale du WEF sur la collaboration mondiale, la croissance et l'énergie pour le développement s'est tenue dans la capitale saoudienne les 28 et 29 avril. (X : EUSR_Gulf)
La réunion spéciale du WEF sur la collaboration mondiale, la croissance et l'énergie pour le développement s'est tenue dans la capitale saoudienne les 28 et 29 avril. (X : EUSR_Gulf)
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Publié le Mercredi 08 mai 2024

La conférence du WEF à Riyad témoigne de l'intérêt mondial croissant pour la Vision 2030 de l'Arabie saoudite", a déclaré Luigi Di Maio

  • Le représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe annonce la création d'une nouvelle chambre de commerce européenne à Riyad
  • Luigi Di Maio salue la forte coopération bilatérale entre l'UE et l'Arabie saoudite dans les domaines de l'énergie, de la sécurité et de Gaza

RIYAD : L'accueil par Riyad du Forum économique mondial cette semaine est un signal de l'intérêt croissant de la communauté mondiale des affaires pour le programme de réforme Vision 2030 de l'Arabie saoudite, a déclaré Luigi Di Maio, le représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe.

La réunion spéciale du WEF sur la collaboration mondiale, la croissance et l'énergie pour le développement s'est tenue dans la capitale saoudienne les 28 et 29 avril et a rassemblé un millier de dirigeants de gouvernements, d'entreprises et de la société civile.

M. Di Maio, qui fête bientôt son premier anniversaire en tant que représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, estime que le choix de Riyad comme lieu du sommet reflète l'évolution de la perception mondiale du Royaume.

« Tout d'abord, le fait que le Forum économique mondial se tienne pour la première fois à Riyad témoigne de l'intérêt de la communauté des affaires au niveau mondial pour le programme Vision 2030 », a déclaré M. Di Maio à Arab News mardi.

« Les ambitions, notamment économiques, de l'Arabie saoudite sont en train de changer totalement la perception du Royaume dans le monde. Une communauté d'affaires s'intéresse de plus en plus à ces ambitions, à cette vision et à une nouvelle génération de rêveurs dans ce pays. »

Au cours d'un entretien de grande envergure, qui a porté sur la coopération entre l'UE et le Golfe sur la question de Gaza, sur les nouvelles règles en matière de visas pour les citoyens de la zone du Conseil de coopération du Golfe et sur la création d'une chambre de commerce européenne à Riyad, M. Di Maio a fait l'éloge des récents progrès accomplis dans les relations bilatérales.

« Le WEF a été une occasion importante de trouver des solutions réelles et pratiques pour les deux parties », a-t-il déclaré. « Par exemple, son Altesse, le ministre saoudien de l'énergie Abdulaziz bin Salman, a eu une réunion bilatérale avec le commissaire européen à l'énergie (Kadri Simson).

« À l'issue de cette réunion, ils ont publié une déclaration commune indiquant qu'ils avaient discuté et conclu la discussion sur l'idée, dans quelques mois, de signer un protocole d'accord sur le partenariat et la collaboration dans le domaine de l'énergie.

« Cela montre, une fois encore, à quel point le Forum économique mondial de Riyad est une solution concrète et pragmatique pour que les rencontres bilatérales débouchent sur des protocoles d'accord, des accords et de nouveaux partenariats entre l'Arabie saoudite et le reste du monde.

Au cours de son mandat de représentant spécial, M. Di Maio a déclaré que l'alignement bilatéral entre l'UE et l'Arabie saoudite s'est encore renforcé, avec un accent particulier sur les intérêts communs en matière de sécurité, notamment à la suite de l'attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre, qui a déclenché la guerre en cours à Gaza.

« Les États membres de l'Union européenne, les institutions européennes et l'Arabie saoudite, mais aussi les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), s'alignent fortement sur la solution à deux États pour le processus de paix au Moyen-Orient », a déclaré M. Di Maio.

« Mais je dirais qu'en particulier, après le 7 octobre, nous avons pris conscience de l'importance des pays du CCG en tant que partenaires stratégiques, non seulement pour les situations d'urgence, non seulement pour ce qui se passe actuellement, mais aussi pour les décennies à venir.

« Cette prise de conscience s'accroît considérablement, non seulement au niveau des États membres, mais aussi dans le monde entier.

Cela est dû en partie à la reconnaissance croissante de l'influence diplomatique et économique du Royaume en tant qu'acteur régional et mondial, a déclaré M. Di Maio.

« L'Arabie saoudite devient de plus en plus le point de référence parce qu'elle met en œuvre sa vision pour la région, qui n'est pas seulement une ambition économique, mais une nouvelle politique et de nouvelles initiatives visant à désamorcer l'escalade, à pacifier la région et à réduire les tensions comme celles que nous connaissons aujourd'hui.

« Le partenariat et le partenariat stratégique entre l'UE et les pays du CCG, en particulier avec des pays comme l'Arabie saoudite, sont essentiels.

« Par exemple, lundi dernier à Luxembourg, nous avons eu le forum de haut niveau des ministres des affaires étrangères entre les ministres de l'UE et les ministres saoudiens. Le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, était même présent à Luxembourg.

« Nous avons discuté de plusieurs sujets dans le cadre d'une discussion informelle, très franche, au cours de laquelle nous avons compris de plus en plus à quel point il existe un terrain d'entente pour construire la paix et la stabilité dans les deux régions, en gardant à l'esprit que la sécurité de l'Arabie saoudite est notre sécurité et, si je puis me permettre, que notre sécurité est la sécurité de l'Arabie saoudite ».

En particulier, M. Di Maio a déclaré que la coopération sur la crise de Gaza a rapproché l'UE et le CCG comme jamais auparavant, avec un travail commun sur les négociations de cessez-le-feu, l'accès à l'aide humanitaire et l'ambition d'établir un État palestinien indépendant.

« La situation à Gaza ne concerne pas seulement la manière de résoudre politiquement ce problème dramatique, mais aussi la manière de travailler ensemble sur l'accès à l'aide humanitaire », a déclaré M. Di Maio.

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Luigi Di Maio with Saudi minister Adel Al-Jubeir. (X: EUSR_Gulf)

« Nous devons de plus en plus réfléchir à la manière d'autoriser l'entrée des camions dans la bande de Gaza et à la manière d'acheminer l'aide humanitaire à la population. Nous travaillons beaucoup avec l'Arabie saoudite et d'autres pays du CCG, comme les Émirats arabes unis, pour le corridor entre Chypre et Gaza, ainsi qu'avec le Qatar pour les négociations.

« Nous formons une équipe. Au début de ce conflit, j'étais préoccupé par la situation, même, de nos relations, l'UE-CCG. Mais je constate que face à ce problème dramatique, nous sommes encore plus proches qu'avant.

Il a ajouté : « Je pense que nous devons être optimistes. Nous devons travailler dur sur le cessez-le-feu en utilisant tous les moyens de pression au niveau mondial afin de rapprocher les deux parties pour obtenir ce cessez-le-feu.

« Je pense que les pays de la région, comme l'Arabie saoudite, mais aussi la Jordanie, l'Égypte, le Qatar et les Émirats arabes unis, sont les protagonistes de ce processus.

« Et ce n'est qu'avec le leadership de la région que nous pourrons avoir un cessez-le-feu durable, parce que les Saoudiens sont les seuls à garantir un cessez-le-feu sur Gaza de leur côté, parce qu'ils connaissent très bien la dynamique de la région et savent comment éviter un nouveau 7 octobre et un nouveau conflit à Gaza ».

M. Di Maio a profité de son entretien avec Arab News pour annoncer l'inauguration prochaine d'une nouvelle chambre de commerce européenne à Riyad, la première dans la région du CCG, qui réunira des entreprises saoudiennes et européennes afin de renforcer le commerce et la coopération.

« Je suis très heureux d'annoncer ici, au cours de cette interview, que la semaine prochaine, le 8 mai, nous inaugurerons ici, à Riyad, la toute première chambre de commerce européenne, la première dans le Golfe de l'Union européenne », a-t-il déclaré.

« Nous avons travaillé d'arrache-pied avec les ministères saoudiens de l'investissement et du commerce. La délégation de l'UE à Riyad a fait un excellent travail. Et maintenant, nous allons inaugurer cette chambre.

« Il s'agit de rapprocher nos entreprises, les entreprises saoudiennes et les entreprises européennes, afin de saisir de part et d'autre les nouvelles opportunités offertes par le programme Vision, mais aussi par notre nouveau Green Deal européen, Next Generation EU, et d'autres encore.

« Et il y aura un conseil très articulé avec plusieurs entreprises européennes, les plus importantes, parmi les plus importantes.

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M. Di Maio estime que le choix de Riyad comme lieu du sommet du WEF reflète l'évolution de la perception du Royaume à l'échelle mondiale. (X : EUSR_Gulf)

M. Di Maio a également souligné l'annonce récente d'un nouveau visa à entrées multiples de cinq ans pour les citoyens saoudiens, bahreïnis et omanais entrant dans l'UE.

« Je suis très heureux d'annoncer que lundi dernier (23 avril), la Commission européenne a approuvé la cascade de visas de cinq ans », a-t-il déclaré. « Cela signifie que lorsqu'un citoyen saoudien, par exemple, demandera un nouveau visa, la validité de ce visa à entrées multiples sera de cinq ans, et non plus d'un an.

« Ce sera le cas pour les Saoudiens, les Bahreïnis et les Omanais. Les Qataris et les Koweïtiens en bénéficiaient déjà. Désormais, tous les pays du CCG sont alignés pour cinq ans. C'est une bonne nouvelle pour l'avenir.

« Mais nous avons une période pendant laquelle vos citoyens, vos étudiants, vos entrepreneurs, vos chercheurs, vos touristes peuvent venir en Europe sans trop de bureaucratie.

M. Di Maio a également profité de l'occasion pour mettre en avant une nouvelle collaboration entre l'UE et le CCG visant à soutenir les jeunes diplomates. « À la mi-mai de cette année, nous organiserons le tout premier programme pour jeunes diplomates », a-t-il déclaré.

« Il s'agit d'un programme dans le cadre duquel de jeunes diplomates du CCG viendront à Bruges, en Belgique, et participeront à des formations et à des simulations communes avec nos jeunes diplomates de l'UE.

« À Bruges se trouve l'Académie diplomatique de l'UE. Il s'agit d'un nouveau projet visant à former des diplomates européens. Et nous aurons un tout premier projet entre l'UE et le CCG où vos jeunes diplomates seront formés et participeront à des simulations avec nos jeunes diplomates.

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Di Maio avec la rédactrice en chef adjointe d'Arab News, Noor Nugali. (photo fournie)

« Il sera très important de mieux expliquer le fonctionnement de la machine complexe qu'est l'UE, mais il s'agit surtout d'une occasion de rapprocher nos diplomates et nos jeunes.

« J'espère que ce type de projet, comme pour les diplomates, sera également une opportunité pour les étudiants et les jeunes travailleurs. Nous travaillerons sur ce type d'interactions interpersonnelles, car elles sont essentielles pour rapprocher nos sociétés.

« Et, si je puis me permettre, si nous rapprochons nos peuples, il y aura moins d'islamophobie, moins de haine. Et c'est très important pour nos sociétés ».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.