Les Houthis ont lancé une série d’attaques par drones et missiles sur des navires, dont un destroyer américain

L'armée américaine a déclaré que la milice houthie du Yémen avait lancé une nouvelle salve de drones et de missiles sur les voies maritimes internationales au large du Yémen. Deux missiles visaient un navire de guerre américain en mer Rouge. (X/@Centcom)
L'armée américaine a déclaré que la milice houthie du Yémen avait lancé une nouvelle salve de drones et de missiles sur les voies maritimes internationales au large du Yémen. Deux missiles visaient un navire de guerre américain en mer Rouge. (X/@Centcom)
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Publié le Lundi 03 juin 2024

Les Houthis ont lancé une série d’attaques par drones et missiles sur des navires, dont un destroyer américain

  • Cette annonce est intervenue alors que les Houthis ont revendiqué une nouvelle frappe en représailles sur un navire américain en mer Rouge
  • Vendredi, les Houthis ont lancé cinq drones et deux missiles balistiques en direction de la mer Rouge et dans le golfe d'Aden

AL-MUKALLA: L'armée américaine a annoncé que la milice houthie du Yémen avait lancé une nouvelle salve de drones et de missiles sur les voies maritimes internationales au large du Yémen. Deux missiles visaient un navire de guerre américain en mer Rouge.

Cette annonce est intervenue alors que les Houthis ont revendiqué une nouvelle frappe en représailles sur un navire américain en mer Rouge.

Le Commandement central américain (Centcom) a annoncé dimanche que les Houthis avaient lancé trois drones au-dessus de la mer Rouge samedi. L'un a été intercepté et détruit par ses forces, tandis que les deux autres se sont écrasés en mer. Dans cet important corridor commercial, aucun navire n’a été touché.

Dans une déclaration publiée dimanche matin, heure du Yémen, l'armée américaine a indiqué qu'aucun dégât ni blessure n'avait été signalé par la coalition américaine ou les navires commerciaux.

Par ailleurs, samedi, les forces du Centcom ont intercepté deux missiles balistiques antinavires dans le sud de la mer Rouge avant qu'ils n'atteignent leur cible, le destroyer USS Gravely.

«Les missiles ASBM ont été tirés en direction de l'USS Gravely et ils ont été détruits dans le cadre de la légitime défense sans qu'aucun dégât ni blessure n’ait été signalé par les navires américains, de la coalition ou commerciaux», a indiqué l'armée américaine dans le même communiqué. 

Vendredi, les Houthis ont lancé cinq drones et deux missiles balistiques en direction de la mer Rouge et dans le golfe d'Aden, qui n’ont touché aucun navire empruntant ces deux routes commerciales, a indiqué le Centcom.

À Sanaa, les Houthis ont affirmé samedi soir avoir mené six frappes sur des navires commerciaux et militaires, dont une sur le porte-avions USS Dwight D. Eisenhower, en mer Rouge et dans l'océan Indien.

Dans une déclaration diffusée sur vidéo, le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a précisé que leurs troupes avaient lancé plusieurs missiles balistiques et plusieurs drones en direction du porte-avions et du destroyer américains en mer Rouge.

Les quatre autres attaques ont ciblé trois navires: le Maina en mer Rouge, l’Al-Oraiq dans l'océan Indien et l’Abliani en mer Rouge, sous prétexte qu'ils avaient enfreint l'interdiction de se rendre dans les ports israéliens.

L'application de suivi des navires Marine Traffic a identifié le Maina comme un vraquier battant pavillon maltais qui a quitté le port russe en mer Baltique, à Oust-Louga, au début du mois dernier à destination du port de Krishnapatnam, en Inde.

L'Al-Oraiq, battant pavillon des îles Marshall, est un méthanier qui reliait Ras Laffan, au Qatar, à l'Italie, tandis que l'Abliani, battant pavillon maltais, est un pétrolier qui se rendait au canal de Suez, en Égypte, d'après l'application.

Depuis le mois de novembre, les Houthis ont affirmé avoir coulé un navire commercial et en avoir capturé un autre. Ils ont également prétendu avoir tiré des centaines de missiles balistiques et de drones sur plus de 100 navires en mer Rouge, dans le détroit de Bab al-Mandab, dans le golfe d'Aden, dans l'océan Indien et, plus récemment, en Méditerranée.

Les Houthis ont assuré que leurs actions visaient seulement les navires qui ont des liens avec Israël dans le but de faire pression sur ce dernier afin qu'il mette fin à sa guerre à Gaza. Cette affirmation a toutefois été contestée par les opposants des Houthis au Yémen, qui accusent la milice d'exploiter l'indignation générale suscitée par les pertes de civils à Gaza pour renforcer le soutien de l'opinion publique au Yémen à son égard.

Les États-Unis ont réagi aux attaques des Houthis en qualifiant ces derniers d'organisation terroriste, formant ainsi une alliance maritime pour protéger les mers, et en lançant des frappes aériennes contre les positions des Houthis au Yémen.

Malgré les assertions américaines selon lesquelles leurs frappes ont affaibli les Houthis, les analystes estiment que le nombre croissant d'attaques de navires par les Houthis montre que les frappes sont inefficaces et que les Houthis continuent de croire que leurs attaques renforcent leur popularité.

«Ces incidents mettent en évidence l'inefficacité, du moins jusqu'à présent, des frappes aériennes menées par les États-Unis et le Royaume-Uni contre les cibles des Houthis», a expliqué à Arab News Elisabeth Kendall, experte du Moyen-Orient et responsable du Girton College à l'université de Cambridge. «Cela suggère que les Houthis estiment que leurs attaques continuent de leur bénéficier en termes de popularité, de notoriété internationale et de leviers dans le cadre des efforts déployés pour mettre fin à la guerre au Yémen. Ils ne voient aucune raison d'arrêter», a-t-elle ajouté.

Selon Mme Kendall, le maintien des frappes sur les navires, même avec des armes moins précises, constitue une victoire pour les Houthis.

«Les Houthis font preuve de résilience et la nature asymétrique du conflit en mer Rouge joue en leur faveur. Bien que la sophistication de leur armement puisse diminuer, tout ce qu'ils ont besoin de faire, c'est de persévérer», a-t-elle souligné.

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.