A Tunis, une fresque murale met au premier plan les habitants «  invisibles »

Porteurs de handicaps, jeunes décrocheurs scolaires, une centaine d'"invisibles" sont sortis de l'ombre grâce à une fresque murale baptisée "1001 briques", une oeuvre d'art collective inaugurée dans la médina de Tunis, joyau du monde arabe. (AFP).
Porteurs de handicaps, jeunes décrocheurs scolaires, une centaine d'"invisibles" sont sortis de l'ombre grâce à une fresque murale baptisée "1001 briques", une oeuvre d'art collective inaugurée dans la médina de Tunis, joyau du monde arabe. (AFP).
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Publié le Mardi 18 juin 2024

A Tunis, une fresque murale met au premier plan les habitants «  invisibles »

  • Plus de 550 personnes de tous horizons ont participé pendant un an à des dizaines d'ateliers pour créer un immense bas-relief de briques sculptées et peintes
  • Anne Francey, une artiste suisse de 68 ans mariée à un Tunisien, a fait le pari d'un "projet d'art participatif" pour révéler les talents de "groupes extrêmement divers"

TUNIS: Porteurs de handicaps, jeunes décrocheurs scolaires, une centaine d'"invisibles" sont sortis de l'ombre grâce à une fresque murale baptisée "1001 briques", une oeuvre d'art collective inaugurée dans la médina de Tunis, joyau du monde arabe.

Plus de 550 personnes de tous horizons ont participé pendant un an à des dizaines d'ateliers pour créer un immense bas-relief de briques sculptées et peintes, installé sur une placette de la vieille ville, site protégé par l'Unesco depuis 1979.

Anne Francey, une artiste suisse de 68 ans mariée à un Tunisien, a fait le pari d'un "projet d'art participatif" pour révéler les talents de "groupes extrêmement divers", particulièrement "les invisibles, tous ces gens un peu en marge de la société ou qui ont des handicaps" et qu'en Tunisie, "on a tendance à ne pas vraiment reconnaître ou à garder cachés".

"Même avec un grand handicap, l'enfant laisse ses empreintes et sa signature dans son objet. Il ne doit pas se dire +je ne peux pas+: il faut vivre le moment, créer de l'âme dans l'objet", explique à l'AFP, pendant un atelier, Mohamed Boulila, 52 ans, formateur au centre Agim à Tunis qui accueille des jeunes atteints de troubles moteurs.

"On a le pouvoir de faire les choses en dépit de tout et de montrer à la société qu'il ne faut pas uniquement nous considérer comme des handicapés", ajoute M. Boulila, lui-même touché par cette condition, en montrant comment transformer une brique en porte, fenêtre ou habitation.

Educatrice à l'Agim depuis 33 ans, Samia Souid, 56 ans, estime que la participation de ces jeunes à une oeuvre comme "1001 Briques, la ville dans tous ses états" les aide "à s'exprimer, à dire j'existe. Parce qu'il y a parmi eux des enfants qui ne peuvent pas parler mais ils livrent leurs sentiments, leurs idées".

Dans ce projet où chacun "imagine une cité métaphorique", les jeunes de l'Agim ont conçu "la ville du défi", "de très belles briques qu'ils ont grattées, sculptées avec leurs propres moyens, pour un résultat très proche d'expressions d'art contemporain comme (celles de l'Américain) Cy Twombly", estime Anne Francey.

Après "1001 Mains" une fresque de céramiques réalisée en 2019 à Tunis, "1001 briques" s'inspire encore des "Mille et Une Nuits", "de quelque chose qui continue indéfiniment et de récits qui s'entrecroisent", explique l'artiste, soutenue par des mécènes suisses, qui a choisi la brique en argile pour sa disponibilité et sa large utilisation dans la construction en Tunisie.

 

- "Plus d'animation" -

 

Le principe de ces "projets participatifs" consiste selon Mme Francey à "échapper à la verticalité du savoir-faire artistique, du grand maître qui dessine sur les murs tandis que les autres remplissent des formes préétablies".

Mélanger les créations de "gens de tout statut social", de jeunes en réinsertion comme d'étudiants en architecture ou en art, c'est aussi "une manière de se rassembler autour d'un projet constructif qui fait rêver à une société harmonieuse malgré les difficultés que traverse le pays", dit-elle.

Plus largement, "1001 Briques" a pour objectif de valoriser l'espace public alors que la placette où la fresque est installée a subi moult vicissitudes au fil des siècles, devenant même temporairement un parking et une décharge, avant une lente renaissance depuis 2021.

Raouf Haddad, né dans ce quartier populaire il y a 42 ans, vient tous les jours vérifier la pose de l'oeuvre et donner un coup de main. "Il faudrait que toute la médina se transforme ainsi. Il y a des toits qui s'effondrent, des murs et des ruelles où les gens ne peuvent pas passer, dépourvues d'illumination publique", décrit-il.

Il prédit à la place Sidi Mfarrej un destin similaire à l'Allée Batman, un passage autrefois ignoré de San Paulo au Brésil qui, grâce au street-art, est devenu une attraction touristique internationale.

Pour le moment, ce qui compte pour Firas Khlifi, 28 ans, responsable associatif d'un jardin de sensibilisation des enfants au réchauffement climatique sur la placette, c'est que "1001 briques va drainer de nouveaux projets" dans un quartier qui regorge "d'espaces publics délaissés et non exploités".

La fresque "apportera plus d'animation car il y a des festivals" dans la médina chaque année susceptibles d'utiliser la place pour des performances artistiques ou des expositions, selon M. Khlifi.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".