En Corée du Sud, l'irrésistible ascension des webtoons

Le dessinateur de bandes dessinées numériques Bae Jin-soo, qui a créé les webtoons Naver "Money Game" et "Pie Game" qui ont inspiré "The 8 Show" de Netflix, pose avec une carte Webtoons pour "Money Game", lors d'un entretien avec l'AFP à Séoul. (Photo, AP).
Le dessinateur de bandes dessinées numériques Bae Jin-soo, qui a créé les webtoons Naver "Money Game" et "Pie Game" qui ont inspiré "The 8 Show" de Netflix, pose avec une carte Webtoons pour "Money Game", lors d'un entretien avec l'AFP à Séoul. (Photo, AP).
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Publié le Mardi 18 juin 2024

En Corée du Sud, l'irrésistible ascension des webtoons

  • Conçues spécialement pour être lues en ligne, ces bandes dessinées connaissent un succès fulgurant en Corée du Sud
  • Dix-sept ans plus tard, il est l'un des plus grands noms de l'industrie florissante des webtoons en Corée du Sud

SEOUL: Quand Bae Jin-soo a quitté son emploi bien rémunéré dans l'un des plus grands conglomérats de Corée du Sud pour écrire des histoires, ses parents ont été tellement choqués qu'ils l'ont mis à la porte.

Dix-sept ans plus tard, il est l'un des plus grands noms de l'industrie florissante des webtoons en Corée du Sud. En témoigne l'adaptation sur YouTube et Netflix de plusieurs de ses créations.

Conçues spécialement pour être lues en ligne, ces bandes dessinées connaissent un succès fulgurant en Corée du Sud. En 2022, la valeur des entreprises du secteur totalisait environ 1,33 milliard de dollars, contre 109 millions de dollars en 2013, selon les chiffres du gouvernement sud-coréen.

Symbole d'un secteur en pleine croissance, la célèbre plateforme de bande dessinées en ligne Webtoon Entertainment, propriété du géant coréen Naver, a déposé fin mai un dossier pour être cotée au Nasdaq, la bourse américaine des entreprises technologiques.

Sa valorisation pourrait atteindre les 2,6 milliards de dollars, selon un document du dossier.

Pourtant, lorsque Bae Jin-soo débute sa carrière dans les webtoons, ses parents, comme beaucoup d'autres personnes à l'époque, lui répondent que "dessinateur de bandes dessinées" n'est pas une façon de gagner sa vie, raconte-t-il aujourd'hui.

Ses amis, aussi, expriment une certaine réticence car il ne "savait pas dessiner".

En parallèle d'un travail à mi-temps dans une supérette et comme livreur de pizzas, Bae Jin-soo a appris le dessin seul en se photographiant lui-même et son entourage et en copiant ensuite les photos avec un papier et un crayon.

Peu convaincus par ses premières productions, les lecteurs le poussent à travailler plus dur. En 2023, Bae Jin-soo finit par publier sur Naver son premier succès intitulé "Friday".

BD adaptées au smartphone 

Apparus il y a une vingtaine d'années, ces bandes dessinées qui se lisent en scrollant sur son téléphone ont été propulsées par l'internet ultra-rapide de la Corée du Sud et une population accro au smartphone. Elles sont désormais en train de devenir le nouveau produit culturel sud-coréen viral dans le monde entier.

Désormais, la plateforme Webtoon Entertainment cumule près de 170 millions de visiteurs par mois dans plus de 150 pays. Elle affirme avoir versé de 2017 à 2023 plus de 2,8 milliards de dollars à des auteurs.

Le "créateur professionnel moyen gagne 48.000 dollars par an tandis que les 100 premiers perçoivent un million de dollars", affirme le PDG de Webtoon Entertainment Junkoo Kim.

Les webtoons ont progressivement infiltré d'autres secteurs du monde du divertissement. Ils ont déjà inspiré nombre de séries K-drama, dont "Misaeng" (2014), "Yumi's Cells" (2021), "Marry My Husband" (2024) et "The 8 Show" (2024) qui est inspiré de deux webtoons écrit par Bae Jin-soo.

"Les acteurs et actrices connaissent les webtoons et sont prêts à jouer les rôles, ce qui est une force pour le casting", explique à l'AFP Park Soon-tae, producteur de séries K-drama.

Si les adaptations de webtoons en séries télévisées se multiplient, nombre de lecteurs restent fidèles au format original.

La lecture en ligne permet aux "histoires de se développer et d'évoluer en temps réel à mesure que le lecteur fait défiler les pages", souligne le PDG Junkoo Kim dans sa lettre déposée auprès du gendarme américain de la Bourse (SEC).

De BD à série télévisée 

Sur les 14 séries sud-coréennes lancées par Netflix l'an dernier, au moins sept étaient inspirées de webtoons.

"L'un de nos objectifs est de trouver des histoires plus courtes, peu explorées, qui trouvent un écho auprès des fans de webtoons et de nouveaux publics dans le monde entier", déclare à l'AFP Keo Lee, directeur des contenus de Netflix en Corée du Sud.

De nombreux thèmes sont abordés dans ces oeuvres. Mais les auteurs se sont particulièrement intéressés au "désespoir des jeunes générations", souligne Dal Yong Jin, auteur du livre "Understanding Korean Webtoon Culture" (Comprendre la culture des webtoons coréens) paru en 2022 aux éditions Harvard University Asia Center.

"Money Game", l'un des deux webtoons de Bae Jin-soo qui ont inspiré la série sud-coréenne "The 8 Show" diffusée sur Netflix, raconte l'histoire d'un jeune homme criblé de dettes après avoir investi en cryptomonnaies.

Lui et sept autres personnes décident de participer à un jeu dans lequel ils doivent survivre 100 jours dans un espace fermé, qui ne dispose même pas de toilettes, pour remporter un prix.

Dans ce jeu, le coût de la vie est 1.000 fois plus élevé que dans le monde réel, mais chaque centime dépensé par les participants est déduit de la récompense finale.

Pour l'auteur, "la chose la plus difficile est d'abandonner ce que l'on a". "Etant parti de tout en bas, même les plus petits gains m'ont toujours apporté de la joie", dit-il.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".