Classée par l'UNESCO, la tradition orale de l'Alheda'a reflète le lien durable entre les Arabes et les chameaux.

Pour communiquer avec leurs chameaux, les éleveurs utilisent l'Alheda'a, une combinaison de sons, de gestes et parfois d'instruments de musique. (SPA)
Pour communiquer avec leurs chameaux, les éleveurs utilisent l'Alheda'a, une combinaison de sons, de gestes et parfois d'instruments de musique. (SPA)
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Publié le Dimanche 30 juin 2024

Classée par l'UNESCO, la tradition orale de l'Alheda'a reflète le lien durable entre les Arabes et les chameaux.

  • Ces expressions rythmiques, inspirées de la poésie, forment un vocabulaire unique que les chameaux semblent comprendre et auquel ils obéissent.
  • Ibrahim Al-Khaldi, chercheur saoudien spécialisé dans le patrimoine folklorique, a déclaré à la SPA que l'alheda'a était "essentielle" pour les caravanes nomades.

RIYADH : L'Alheda'a, un art populaire transmis de génération en génération dans les sociétés arabes, incarne le lien profond entre les chameaux et les habitants.

Les éleveurs de chameaux utilisent l'Alheda'a - une combinaison de sons, de gestes et parfois d'instruments de musique - pour communiquer avec leurs chameaux. Ces expressions rythmiques, inspirées de la poésie, forment un vocabulaire unique que les chameaux semblent comprendre et auquel ils obéissent.

Selon un rapport de l'Agence de presse saoudienne publié le 29 juin, les éleveurs utilisent l'alheda'a pour guider leurs chameaux dans le désert, trouver des pâturages et les préparer à l'abreuvement, à la traite et à la monte. Il leur permet également de rassembler rapidement le troupeau en cas de tempête de sable.

Les récits historiques attribuent à Mudar bin Nizar l'invention de l'Alheda'a. Après une chute de son chameau, il ne cessait de crier "Waidah ! Waidah !" (Oh, ma main !). (Oh, ma main !). Les chameaux se sont mis en mouvement, marquant ainsi le début de la tradition consistant à utiliser des signaux vocaux pour guider les chameaux.

Les premiers Alheda'a imitaient les bruits naturels des chameaux - les bergers poussaient leurs animaux en émettant des sons tels que "Heh", "Doh" et "Dah". Ces vocalisations, ainsi que les rajaz (courts poèmes improvisés), sont encore utilisés aujourd'hui, mais leur utilisation varie en fonction de l'environnement.

Au fil du temps, l'alheda'a a évolué vers une forme d'art plus poétique, avec des styles et un vocabulaire distincts. Elle a intégré des significations plus profondes, des vers chantés et des rythmes équilibrés.

Ibrahim Al-Khaldi, chercheur saoudien spécialisé dans le patrimoine folklorique, a déclaré à la SPA que l'alheda'a était "essentielle" pour les caravanes nomades. Il s'agit généralement de deux personnes qui récitent à l'unisson des vers rimés simples, une pratique qui permet d'encourager les chameaux lors de l'extraction de l'eau des puits. Pour les tâches d'extraction d'eau plus importantes, où le rassemblement de chameaux éloignés est crucial, jusqu'à quatre personnes peuvent réciter l'Alheda'a. Leurs voix, portées par la tranquillité de l'air, peuvent être utilisées pour encourager les chameaux. Leurs voix, portées par le calme de la nuit ou de l'aube dans le désert, pouvaient parcourir une grande distance.

Mohammed Al-Otaibi, président de la Société saoudienne d'études sur les chameaux, a déclaré à l'APS que l'Alheda'a existait déjà à l'époque préislamique. Les chants courts et percutants aidaient à rassembler les chameaux, à guider leurs mouvements et à les ramener à leur lieu de repos.

Inscrite en 2022 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO, l'Alheda'a comporte plusieurs chants spécifiques - pour le départ, le voyage, l'abreuvement, le rassemblement et le prélèvement d'eau dans les puits.

Le chameau occupe une place unique dans la société arabe. Reconnaissant ce riche héritage culturel, le Club des chameaux a été créé en Arabie saoudite sous les directives du roi Salman en 2017.

Le ministère de la culture a même déclaré 2024 "Année du chameau", en l'honneur d'un animal considéré comme un trésor culturel, un pilier de l'identité nationale et un élément précieux du patrimoine arabe.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".