Tout change au Caire avec la prestation de serment du nouveau gouvernement égyptien

Le président égyptien Abdel-Fattah El-Sissi pose avec le nouveau cabinet égyptien, dirigé par le Premier ministre Mostafa Madbouly, quatrième à gauche, au palais Al-Ittihadiya du Caire, en Égypte. (AP)
Le président égyptien Abdel-Fattah El-Sissi pose avec le nouveau cabinet égyptien, dirigé par le Premier ministre Mostafa Madbouly, quatrième à gauche, au palais Al-Ittihadiya du Caire, en Égypte. (AP)
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Publié le Jeudi 04 juillet 2024

Tout change au Caire avec la prestation de serment du nouveau gouvernement égyptien

Le président égyptien Abdel-Fattah El-Sissi pose avec le nouveau cabinet égyptien, dirigé par le Premier ministre Mostafa Madbouly, quatrième à gauche, au palais Al-Ittihadiya du Caire, en Égypte. (AP)
  • Le remaniement fait suite à une directive présidentielle appelant à modifier les politiques gouvernementales pour faire face aux défis auxquels l'État est confronté
  • Ces défis comprennent la guerre de Gaza, une économie en difficulté et des coupures d'électricité quotidiennes.

LE CAIRE : Le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi a prêté serment mercredi dans un cabinet remanié comprenant de nouveaux ministres des finances et des affaires étrangères, dans un gouvernement confronté à des défis tels que la guerre de Gaza, une économie en difficulté et des coupures d'électricité quotidiennes.
M. El-Sisi a reconduit le Premier ministre Mostafa Madbouly et a déclaré que son nouveau gouvernement devrait se concentrer sur la réduction de l'inflation et la relance de l'investissement.

Le président a chargé M. Madbouly et son administration d'atteindre un certain nombre d'objectifs, notamment le maintien de la sécurité nationale face aux défis régionaux et internationaux, la priorisation des initiatives visant à aider le peuple égyptien à se développer et à progresser, en particulier dans les domaines de la santé et de l'éducation, et la poursuite des efforts visant à améliorer l'engagement politique.

Le remaniement fait suite à une directive d'El-Sisi appelant à modifier les politiques gouvernementales afin de répondre aux défis auxquels l'État est confronté, en réponse à laquelle M. Madbouly a présenté la démission du gouvernement précédent au président le 3 juin.

Kamel El-Wazir, qui était ministre des transports depuis mars 2019, est désormais ministre de l'industrie et des transports, et occupera également le poste de vice-premier ministre pour le développement industriel.

Khaled Abdel-Ghaffar est ministre de la santé et de la population, et vice-premier ministre pour le développement humain.
Le lieutenant-général Abdel-Maguid Sakr devient ministre de la défense, en remplacement de Mohammed Zaki.

Badr Abdelatty est le nouveau ministre des affaires étrangères et des affaires de l'émigration et des expatriés, en remplacement de Sameh Shoukry, qui occupait précédemment le poste des affaires étrangères, et de Soha Gendi, qui s'occupait des affaires de l'émigration et des expatriés.

Amr Talaat reste ministre des communications et des technologies de l'information, tandis que Rania Al-Mashat, précédemment ministre de la coopération internationale, devient ministre de la planification, du développement économique et de la coopération internationale.

Ayman Ashour conserve le poste de ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, qu'il occupe depuis août 2022, et Hani Sewilam reste ministre des ressources en eau et de l'irrigation.

Mohammed Sheemy est le nouveau ministre du secteur public des affaires. Il succède à Mahmoud Esmat, qui devient ministre de l'électricité. Ahmed Kouchouk succède à Mohammed Maait au poste de ministre des finances.

Manal Awad Mikhail devient ministre du développement local, en remplacement de Hisham Amna, tandis que Sherif Farouk succède à Ali Moselhi au poste de ministre de l'approvisionnement et du commerce intérieur.

Usama Alazhary remplace Mokhtar Gomaa au poste de ministre de la dotation religieuse, tandis que Mohammed Gobran succède à Hassan Shehata au poste de ministre du travail.

Mahmoud Tawfik reste ministre de l'Intérieur et Yasmine Fouad ministre de l'Environnement, postes qu'ils occupent depuis 2018.

Le nouveau ministre des Finances Kouchouk, un ancien économiste de la Banque mondiale, a déclaré après avoir prêté serment que l'Égypte s'engageait à respecter la discipline budgétaire, à réduire la dette et à mener des réformes structurelles pour permettre la croissance du secteur privé.

Un afflux de fonds en provenance des Émirats arabes unis, du FMI et de l'UE a atténué la pénurie chronique de devises étrangères en Égypte, mais les coupures d'électricité et les pénuries de gaz ont laissé les entreprises et les familles en difficulté.

Karim Badawi, directeur des services pétroliers, a été nommé ministre du pétrole et a déclaré que l'approvisionnement en carburant des centrales électriques serait une priorité.

Sherif Farouk, qui a pris la tête du ministère de l'approvisionnement, lequel gère un programme de subventions alimentaires qui nourrit plus de 60 millions de personnes et qui fait l'objet d'une réforme, est l'ancien directeur d'Egypt Post.

Les analystes estiment que des changements radicaux sont nécessaires pour rendre l'économie égyptienne plus stable, notamment en ce qui concerne l'État et l'armée, qui doivent céder de l'espace au secteur privé.

"Nous devons avoir un plan à partir de maintenant, qui soit un nouveau modèle de croissance, un nouveau modèle de développement", a déclaré l'ancien ministre de l'investissement, Mahmoud Mohieldin.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.