Poutine s'entretient avec le président intérimaire de l'Iran

Le président intérimaire iranien Mohammad Mokhber et le président russe Vladimir Poutine parmi les dirigeants participant au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Astana, au Kazakhstan. (Photo: Reuters)
Le président intérimaire iranien Mohammad Mokhber et le président russe Vladimir Poutine parmi les dirigeants participant au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Astana, au Kazakhstan. (Photo: Reuters)
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Publié le Jeudi 04 juillet 2024

Poutine s'entretient avec le président intérimaire de l'Iran

  • Moscou et Téhéran négocient un accord de coopération bilatérale global 
  • Poutine et son homologue chinois Xi Jinping devaient participer à un sommet régional en Asie centrale réunissant de nombreux pays opposés à l'Occident

ASTANA : Le président russe Vladimir Poutine a rencontré jeudi Mohammad Mokhber, le président intérimaire de l'Iran, en marge du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai à Astana, la capitale du Kazakhstan.

Moscou et Téhéran négocient un accord de coopération bilatérale global reflétant l'« essor sans précédent » des relations bilatérales, selon le ministère russe des Affaires étrangères.

Poutine et son homologue chinois Xi Jinping devaient participer jeudi à un sommet régional en Asie centrale réunissant de nombreux pays opposés à l'Occident.

Poutine et Xi se rencontrent régulièrement sous l'égide de l'alliance de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), dont la dernière session se tient à Astana, la capitale du Kazakhstan.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan y assiste également, puisque son pays est un « partenaire de dialogue » avec le bloc, dont les membres à part entière comprennent les États d'Asie centrale ex-soviétiques, l'Inde, la Chine, la Russie et l'Iran.

Mercredi, Poutine a tenu des réunions bilatérales avec Erdogan et Xi avant la session principale, disant au dirigeant chinois que l'alliance de Shanghai renforçait son rôle en tant que « l'un des principaux piliers d'un ordre mondial multipolaire équitable ».

Les deux pays ont dénoncé ce qu'ils appellent l'« hégémonie » menée par les États-Unis sur la scène mondiale.
Xi, critiqué en Occident pour son soutien croissant à Moscou, a dit à Poutine mercredi qu'il était ravi de revoir son « vieil ami ».

Erdogan a également rencontré Poutine en marge mercredi, l'invitant en Turquie et appelant à une « paix équitable qui puisse satisfaire les deux parties » en Ukraine. Le dirigeant turc a cherché à jouer le rôle de médiateur entre les pays en guerre.

Le Premier ministre indien Narendra Modi n'assiste pas à la réunion.

L'OCS a été fondée en 2001, mais a pris de l'importance ces dernières années. Ses neuf pays membres à part entière sont la Chine, l'Inde, l'Iran, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l'Ouzbékistan, le Pakistan et le Tadjikistan.
Elle se veut une plateforme de coopération en concurrence avec l'Occident, avec un accent sur la sécurité et l'économie.

Un an après que l'Iran, sanctionné par l'Occident, soit devenu un membre à part entière, la Biélorussie, également ostracisée pour son soutien à la guerre de la Russie en Ukraine, deviendra le 10e membre à part entière jeudi.

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a, dans une interview avec les médias kazakhs, loué l'alliance pour « démontrer au monde qu'il existe des plateformes internationales alternatives, d'autres centres de pouvoir ».

L'alliance prétend représenter 40 % de la population mondiale et environ 30 % de son PIB, mais il s'agit d'un groupe disparate avec de nombreux désaccords internes, y compris des différends territoriaux. 

Bien que la Russie et la Chine soient unies contre la domination occidentale, elles sont des concurrentes économiques en Asie centrale, une région riche en pétrole et en gaz qui constitue également une voie de transport cruciale entre l'Asie et l'Europe.

Le sommet inclut les États du Golfe parmi ses « partenaires de dialogue » et, signe de son importance croissante, le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, devrait s'adresser aux délégués jeudi.

Avec l'accent mis sur la sécurité lors de l'événement, l'Afghanistan est probablement un sujet de discussion. Il a le statut d'observateur à l'OCS mais est absent depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021.

Aucun des membres n'a formellement reconnu le gouvernement taliban, mais la Chine a nommé un ambassadeur à Kaboul, le Kazakhstan a retiré les talibans de sa liste d'organisations interdites et Moscou a déclaré qu'il ferait de même.

Mais l'objectif principal de l'OCS est les liens économiques entre les pays membres et le développement de projets géants pour relier la Chine et l'Europe via l'Asie centrale.

L'invasion de l'Ukraine par la Russie a accru l'intérêt des grandes puissances pour la région, où Moscou cherche à maintenir son influence traditionnelle, mais où la Chine a désormais des liens forts grâce à son projet d'infrastructure phare, la Ceinture et la Route (the Belt and Road Initiative), tandis que l'Occident rivalise également pour obtenir de l'influence.

Les sanctions occidentales contre la Russie ont bloqué des liaisons de transport souvent utilisées entre la Chine et l'Europe et ont poussé l'Union européenne à rechercher des itinéraires alternatifs, y compris à travers l'Asie centrale.


Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.