L'artiste saoudien Ahmed Mater à propos de son exposition personnelle chez Christie's Londres

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Publié le Vendredi 05 juillet 2024

L'artiste saoudien Ahmed Mater à propos de son exposition personnelle chez Christie's Londres

  • Chronicles" se tiendra du 17 juillet au 22 août et présentera une sélection d'œuvres des années 90 à nos jours.

DUBAI : Le 17 juillet, Christie's Londres inaugurera une rétrospective à mi-carrière de l'un des artistes conceptuels les plus importants d'Arabie saoudite, Ahmed Mater. Présentant des photographies, des œuvres sur papier et des installations, l'exposition "Chronicles" présentera une sélection des créations de Mater remontant aux années 90, époque à laquelle il a commencé à expérimenter la peinture.  
"L'art est une machine à remonter le temps que tout le monde recherche. L'art peut nous emmener dans le passé et imaginer l'avenir, ce qui est très puissant", explique Mater à Arab News. 

Né en 1979, Mater a travaillé comme médecin avant de se faire connaître dans le monde de l'art grâce à ses œuvres X-Ray et magnétiques, qui constituent un commentaire social sur les changements survenus dans le Royaume.  

Ahmed Mater


J'ai toujours admiré le travail du Dr Ahmed, qui est de ma génération et de mon âge", explique le commissaire de l'exposition, le Dr Ridha Moumni, président du département Moyen-Orient et Afrique du Nord de Christie's. "C'est un artiste introspectif, qui ne se contente pas de faire de la peinture, mais qui s'intéresse aussi à l'art contemporain. "C'est un artiste introspectif qui travaille sur des idées plutôt que sur des supports.  

"C'est un artiste qui peut très bien parler de son travail, mais pour moi, c'est un artiste qui produit des œuvres qui parlent à tout le monde dans une langue différente", poursuit M. Moumni. "Son processus de maturation peut être vu sur de nombreuses couches - qu'elles soient sociales, culturelles, religieuses ou politiques - qui sont présentes dans son pays et, par extension, dans le monde arabe." 

Mater nous parle ici de cinq pièces de son exposition, qui se poursuit jusqu'au 22 août.

Le livre du magnétisme

Le livre du magnétisme

Il s'agit d'une nouvelle œuvre d'art que je voulais présenter dans cette exposition. Elle s'inscrit dans le prolongement d'une œuvre magnétique antérieure que j'avais réalisée, à petite échelle, sur la Ka'aba à La Mecque. Pour moi, "Le livre du magnétisme" est important parce qu'il raconte l'histoire de la connaissance et la manière dont elle façonne notre vie et notre culture.La plus ancienne invention connue de l'humanité est le livre.J'ai présenté ce livre de manière à ce qu'il émane la sainteté des livres religieux.

Le désert de Pharan

Le désert de Pharan

Il s'agit de l'une des pièces de ma série "Desert of Pharan", un projet lié à La Mecque, dans le cadre duquel j'ai rassemblé des centaines d'objets trouvés, de photographies et d'œuvres d'art vidéo sur la ville dans une seule pièce. Cette photographie s'intitule "Nature Morte". Le projet dans son ensemble raconte l'histoire de la Mecque islamique, l'une des villes les plus visitées au monde, et présente une étude de l'urbanisme dans la ville. Je montre comment les nouveaux phénomènes urbains ont changé la ville et comment la Mecque influencera l'avenir des villes islamiques dans le monde entier.

Ashab Al-Lal

Ashab Al-Lal

Ce projet est basé sur l'idée du mirage. Il s'agit d'un projet que je crée pour Wadi AlFann à AlUla. Dans l'exposition de Londres, je montre cette maquette sculpturale de l'œuvre à venir. Il s'agit d'une forme d'art public. Il s'agit d'une œuvre très environnementale, liée à la terre. Je travaille habituellement avec les idées d'exposition, de corps et de photographie. Cette œuvre, qui utilise des miroirs, reflète nos corps vers le ciel, comme un véritable mirage. L'idée est que l'on entre dans un endroit du désert et qu'au milieu de cette œuvre d'art, nos corps se reflètent pour que d'autres personnes puissent les voir. Il y a aussi quelque chose de théâtral là-dedans.

Lightning Land

Lightning Land

"Lightning Land" est une photographie qui présente un très beau paysage avec des éclairs au milieu. J'ai pris cette photo sur la route de Dammam en Arabie Saoudite. En fait, je prenais juste une photo de la raffinerie de pétrole et de la tente que vous voyez sur l'image. Cet après-midi-là, le temps était orageux et poussiéreux, et j'ai voulu prendre cette photo pour obtenir un effet dramatique. Je n'ai rien retouché. Je l'ai gardée telle quelle. Lorsque la foudre est apparue, j'ai eu l'impression de recevoir un bon cadeau. C'est une image qui en dit long. Cette image est une preuve poétique de la transformation qui s'opère en Arabie saoudite.

Notre maison mère

Notre maison mère

Il s'agit d'une ancienne œuvre d'art à motifs que le conservateur, le Dr Ridha, a trouvée dans mon atelier et qu'il a décidé de montrer dans l'exposition. Ce n'est pas ma peinture, mais celle de ma mère. Elle peint des fresques murales "Al-qatt al-Asiri", c'est-à-dire des peintures sur les murs des maisons, ce que font les femmes dans le sud du Royaume. C'est très symbolique et décoratif. Chaque peinture murale raconte avec élégance l'histoire d'une famille et de son milieu social


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".