Le ministre yéménite affirme que les Houthis ont enlevé 70 Yéménites, dont 18 membres du personnel de l’ONU

Des manifestants, principalement des partisans houthis, expriment leur solidarité avec les Palestiniens dans la bande de Gaza, à Sanaa, au Yémen, le 5 juillet 2024. (Reuters)
Des manifestants, principalement des partisans houthis, expriment leur solidarité avec les Palestiniens dans la bande de Gaza, à Sanaa, au Yémen, le 5 juillet 2024. (Reuters)
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Publié le Lundi 08 juillet 2024

Le ministre yéménite affirme que les Houthis ont enlevé 70 Yéménites, dont 18 membres du personnel de l’ONU

  • L’envoyé de l’ONU, Hans Grundberg, réitère son appel aux milices pour mettre fin aux violations des droits de l’homme contre les Yéménites.
  • Centcom a déclaré que ses forces ont détruit deux drones dans des parties du Yémen contrôlées par les Houthis.

L-MUKALLA : Le ministre yéménite des Droits de l’Homme a exigé lundi que les Nations Unies ferment leurs bureaux à Sanaa et transfèrent leurs travailleurs dans la ville d’Aden, au sud du pays, pour les protéger de la répression croissante des Houthis.

Ahmed Arman a déclaré à Arab News que le nombre de membres du personnel yéménite enlevés par les Houthis au cours de leur répression continue d’augmenter à 70, et les Houthis ont élargi leur campagne pour inclure les employés des institutions publiques.

« Nous exhortons les Nations Unies à fermer leurs bureaux de Sanaa, à boycotter les pourparlers avec les Houthis et à transférer l’aide humanitaire des régions contrôlées par les Houthis aux points de passage et aux ports légitimes du gouvernement », a déclaré le ministre yéménite.

Depuis fin mai, les Houthis ont attaqué les maisons et les bureaux des Yéménites travaillant pour le bureau de l’envoyé de l’ONU au Yémen, le Programme alimentaire mondial, le Programme des Nations Unies pour le développement, l’UNESCO et d’autres agences de l’ONU, ainsi que des Yéménites travaillant pour l’Institut démocratique national financé par les États-Unis, Partenaires Yémen, la GIZ financée par l’Allemagne et Resonate Yemen.

Les Houthis ont également saisi d’anciens membres du personnel yéménite dans les ambassades américaine, japonaise et néerlandaise au Yémen, ainsi qu’Ahmed Hussein Al-Nunu, haut fonctionnaire et éducateur au ministère de l’Éducation à Sanaa.

Arman a déclaré que le nombre de personnes enlevées est passé de 50 dans les premiers jours de l’opération à 70 actuellement, y compris cinq femmes et 18 membres du personnel de l’ONU, qui ont été détenus au secret dans un centre de détention de renseignement et de sécurité à Sanaa.

Les arrestations ont eu lieu alors que les Houthis prétendaient avoir découvert un réseau d’espionnage connecté aux États-Unis et à Israël, qui était responsable du transfert d’importants renseignements militaires aux deux pays tout en causant des dommages à l’éducation du Yémen, secteurs de l’agriculture et de la santé.

Dans le même temps, des groupes de défense des droits internationaux et des responsables de l’ONU ont exhorté les Houthis à libérer les travailleurs, affirmant que la persécution des organisations de secours étrangères par la milice exacerbe la crise humanitaire au Yémen.

CARE International, Oxfam et Save the Children ont réitéré leur demande dans une déclaration conjointe dimanche pour que les Houthis fournissent des informations sur les travailleurs enlevés et les libèrent, affirmant que « sans précédent » La répression retardera les livraisons de secours aux 18,2 millions de personnes au Yémen.

« Les organisations humanitaires et les travailleurs humanitaires consacrent leurs efforts à soutenir le peuple yéménite en respectant les principes humanitaires », ont déclaré les trois organisations qui opèrent au Yémen.

« Le ciblage des travailleurs humanitaires, des droits de l’homme et du développement au Yémen doit cesser. Toutes les personnes détenues doivent être immédiatement libérées », ont-ils déclaré.

Dimanche, l’envoyé de l’ONU au Yémen, Hans Grundberg, a réitéré le même appel pour que les Houthis libèrent les travailleurs et mettent fin à leurs violations des droits humains contre les Yéménites dans les régions sous leur contrôle.

« Il a spécifiquement réitéré la demande de libération immédiate et inconditionnelle du personnel et de l’aide de l’ONU, ainsi que des travailleurs de la société civile qui ont été arbitrairement détenus à Sanaa et qui continuent d’être détenus au secret », a déclaré le bureau de Grundberg dans un communiqué. 

Pendant ce temps, le commandement central américain a déclaré lundi que ses forces ont détruit deux drones dans des parties du Yémen contrôlées par les Houthis, tandis que les forces navales dirigées par les États-Unis ont intercepté deux drones houthis au-dessus du golfe d’Aden au cours des dernières 24 heures.

Cela se produit alors que les groupes de sécurité maritime qui surveillent les attaques de navires n’ont signalé aucune nouvelle attaque dans les voies commerciales internationales au large du Yémen au cours des sept derniers jours, malgré le fait que la milice a déclaré qu’elle intensifierait sa campagne anti-ship en soutien au peuple palestinien.

Depuis novembre, les Houthis ont effectué plus de 100 frappes de drones, de missiles et de drones sur des navires commerciaux et de la marine dans la mer Rouge, le golfe d’Aden et l’océan Indien. Les Houthis affirment qu’ils ciblent uniquement les navires liés à Israël pour faire pression sur Israël afin qu’il arrête sa guerre dans la bande de Gaza palestinienne. 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.