Giorgia Meloni face au risque d'isolement en Europe

La première ministre italienne, Giorgia Meloni, accueille le premier ministre hongrois Viktor Orban au Palazzo Chigi avant leur rencontre à Rome, le 24 juin 2024. (Photo par Tiziana FABI / AFP)
La première ministre italienne, Giorgia Meloni, accueille le premier ministre hongrois Viktor Orban au Palazzo Chigi avant leur rencontre à Rome, le 24 juin 2024. (Photo par Tiziana FABI / AFP)
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Publié le Vendredi 12 juillet 2024

Giorgia Meloni face au risque d'isolement en Europe

  • Depuis son arrivée au pouvoir, elle a cherché à se positionner comme la seule figure capable d'unir les droites européennes
  • A Strasbourg, un autre concurrent potentiel est apparu jeudi avec la formation d'un nouveau groupe d'extrême droite, l'Europe des nations souveraines, dirigé par le parti allemand Alternative pour l'Allemagne (AfD), tout juste auréolé de son meilleur résu

ROME: Jusqu'ici bredouille dans sa quête d'un poste-clé à Bruxelles pour l'Italie, doublée sur sa droite avec la création d'un groupe d'eurodéputés souverainistes par son ami Viktor Orban, Giorgia Meloni a vu son étoile européenne pâlir ces dernières semaines.

Mais la Première ministre d'extrême droite, cheffe du parti post-fasciste Fratelli d'Italia, a encore des cartes à jouer, forte de ses quasi deux années assidûment dépensées à forger son rôle de partenaire constructif dans l'UE.

Depuis son arrivée au pouvoir en octobre 2022, la dirigeante la plus à droite de l'Italie depuis la Seconde Guerre mondiale a cherché à se positionner comme la seule figure capable d'unir les droites européennes.

Dans le même temps, pragmatique, elle a mis en sourdine son ancien euroscepticisme, soutenu l'Ukraine malgré une opinion publique divisée, collaboré avec la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, contribuant ainsi à rassurer ses interlocuteurs.

Pour autant, elle qui exigeait qu'on tienne compte de la poussée de l'extrême droite aux européennes de juin en Italie, en France ou en Allemagne, dans l'attribution des "top jobs" de l'UE, n'a pas été entendue.

Et au lieu d'obtenir le ralliement de son allié de longue date, le Hongrois Viktor Orban, au groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR) au Parlement européen auquel appartient Fratelli d'Italia, celui-ci a créé un nouveau groupe: les "Patriotes pour l'Europe", avec le Rassemblement national (RN) français, les élus espagnols de Vox qui ont quitté ECR, mais aussi La Ligue de son propre vice-Premier ministre, Matteo Salvini.

"C'est clairement une mauvaise nouvelle pour elle, cela ne fait aucun doute", analyse Daniele Albertazzi, professeur de politique à l'université britannique du Surrey.

"C'est une mauvaise nouvelle en termes de chiffres, mais c'est surtout une mauvaise nouvelle parce qu'ils ont volé la vedette", explique M. Albertazzi à l'AFP. Les Patriotes "ont clairement bouleversé l'ordre du jour au cours des deux dernières semaines, ils ont réussi à rassembler de très grands partis", a-t-il ajouté.

- Pari manqué -

S'ajoutent à cela les résultats du RN de Marine Le Pen aux élections législatives françaises, arrivé en troisième position, et la victoire des travaillistes en Grande-Bretagne. Selon la presse italienne, Mme Meloni espérait renforcer son leadership en Europe avec une déroute plus prononcée d'Emmanuel Macron aux législatives.

"Mais le pari n'a pas fonctionné", se félicite le quotidien de gauche La Repubblica. Pour le journal La Stampa, la semaine de Mme Meloni "n'a certainement pas été bonne".

A Strasbourg, un autre concurrent potentiel est apparu jeudi avec la formation d'un nouveau groupe d'extrême droite, l'Europe des nations souveraines, dirigé par le parti allemand Alternative pour l'Allemagne (AfD), tout juste auréolé de son meilleur résultat aux européennes.

La visite de M. Orban à Moscou la semaine dernière - une décision dénoncée par les alliés occidentaux de l'Ukraine - pourrait également contribuer à la détérioration des relations avec Mme Meloni, qui, par le passé, a marqué des points à Bruxelles en obtenant des concessions de la part du dirigeant hongrois.

Lâchée par Orban, privée du soutien de Rishi Sunak défait aux législatives britanniques, à couteaux tirés avec Emmanuel Macron et Olaf Scholz, Giorgia Meloni montre qu'"elle n'a pas su s'installer confortablement à Bruxelles", constate Anna Bonalume, philosophe et analyste politique.

"Son incapacité à tisser des liens avec les pays fondateurs de l'UE et son arrogance politique ont contribué à l'affaiblissement et l'isolement que nous sommes en train d'observer aujourd'hui", estime-t-elle.

Sous pression, Giorgia Meloni a tenté de minimiser ces revers cette semaine, mettant en avant "une Italie avec un gouvernement très solide dans une Europe où les gouvernements sont très instables" en marge du sommet de l'OTAN à Washington.

L'adversité n'a jamais effrayé la dirigeante de la troisième économie de l'UE, et grande est la patience de cette militante de la première heure qui bénéficie toujours d'une cote de popularité à faire pâlir d'envie nombre de ses homologues européens.

"Cela dépend de la manière dont elle joue le jeu", note Daniele Albertazzi. La concurrence de formations nationalistes à Strasbourg permet également à Mme Meloni de renforcer son propre discours, qui dit en substance: "Je suis la droite radicale responsable et modérée".

Et si elle devait in fine arracher un poste important pour l'Italie à la Commission européenne, elle pourrait dire, triomphante : "Ces gens-là font du bruit, mais c'est moi qui apporte des changements".

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.