Une renaissance de la gastronomie en Arabie saoudite, axée sur la diversité

Dans le cœur animé de l'Arabie saoudite, une révolution culinaire est en cours. Des restaurateurs lancent de nouveaux cafés et restaurants rapides qui redéfinissent le paysage gastronomique en proposant des plats et des boissons de grande qualité à des prix accessibles. (Photo fournie)
Dans le cœur animé de l'Arabie saoudite, une révolution culinaire est en cours. Des restaurateurs lancent de nouveaux cafés et restaurants rapides qui redéfinissent le paysage gastronomique en proposant des plats et des boissons de grande qualité à des prix accessibles. (Photo fournie)
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Publié le Lundi 22 juillet 2024

Une renaissance de la gastronomie en Arabie saoudite, axée sur la diversité

  • Les restaurants locaux entretiennent le sens de la communauté et offrent de précieuses possibilités d'emploi aux Saoudiens
  • L'une des pierres angulaires de cette transformation est l'accent mis sur l'emploi de travailleurs locaux. En donnant la priorité aux Saoudiens plutôt qu'aux expatriés, ces entreprises stimulent l'économie

RIYADH : Dans le cœur animé de l'Arabie saoudite, une révolution culinaire est en cours. Des restaurateurs lancent de nouveaux cafés et restaurants rapides qui redéfinissent le paysage gastronomique en proposant des plats et des boissons de grande qualité à des prix accessibles. La cerise sur le gâteau ? Ils embauchent des talents locaux, soutenant ainsi la communauté et l'économie.

Imaginez que vous entriez dans un café ou un fast-food nouvellement ouvert avec des attentes modestes, et que vous soyez agréablement surpris par le goût et la qualité de votre commande. C'est la nouvelle norme qui se répand dans tout le pays. Ces établissements acquièrent rapidement la réputation de proposer des plats et des boissons de qualité, sans pour autant être trop chers.

arabie saoudite
Alors que de plus en plus d'entrepreneurs du secteur de la restauration entrent sur le marché, la concurrence pousse tout le monde à élever son niveau de jeu. (Instagram/sawada.ksa)


"Honnêtement, je recherche toujours un prix équitable pour mon café, et cet endroit répond parfaitement à mes attentes", a déclaré Khalil Al-Azwari, un client régulier, à Arab News. "Ce café est l'un de mes préférés et il sert le meilleur V60 pour seulement SR10 (2,67 dollars). C'est un excellent rapport qualité-prix.

L'une des pierres angulaires de cette transformation est l'accent mis sur l'emploi de travailleurs locaux. En donnant la priorité aux Saoudiens plutôt qu'aux expatriés, ces entreprises stimulent l'économie et renforcent le sentiment d'appartenance à la communauté.

La création d'une nouvelle entreprise nécessite une étude approfondie des besoins du marché, une gestion saine et un dévouement à l'entreprise.

- Talat Hafiz, analyste financier

"Travailler ici a été une expérience extraordinaire", a déclaré Ahmed Saleh, barista dans un grand café de Riyad. "J'ai l'occasion de travailler avec des ingrédients de première qualité et d'acquérir de nouvelles compétences. De plus, c'est formidable de voir des visages familiers apprécier le café et les plats que nous préparons."

L'attrait de ces nouveaux lieux de restauration ne se limite pas à offrir de bons plats et de bonnes boissons. En privilégiant les embauches locales, ces entreprises entretiennent un sentiment d'appartenance à la communauté et offrent de précieuses possibilités d'emploi. Cette approche représente un changement rafraîchissant dans un pays où le secteur des services est traditionnellement dominé par les travailleurs étrangers.

arabie saoudite



Les clients locaux sont également ravis de ce changement. "J'adore le fait que ces nouveaux établissements embauchent des gens de nos villes", déclare Bashayer Mohammed, un habitué des lieux. "Cela rend l'expérience plus personnelle et plus proche de notre communauté".

Cependant, cette vague de nouvelles options de restauration ne fait pas l'unanimité.  De nombreux établissements locaux, qui pratiquent souvent des prix plus élevés, peinent à rivaliser avec les grandes enseignes internationales.

"C'est difficile", a déclaré Saad, ancien propriétaire d'un café à Alkhobar. "Nous ne pouvons pas nous aligner sur les prix de ces grands commerçants, et les gens le remarquent. Nous perdons des clients et cela affecte nos moyens de subsistance".

Saad a ouvert son café en octobre 2021 avec de grands espoirs de réussite. "Le premier mois, les chiffres étaient excellents", se souvient-il. Cependant, au fil des mois, les affaires ont commencé à décliner régulièrement. Malgré ses efforts d'adaptation, la situation s'est dégradée. "C'était surprenant parce que la situation s'aggravait chaque mois", a déclaré M. Saad.

Déterminé à sauver son entreprise, M. Saad a tout essayé. "Nous avons modifié le menu, collaboré avec des sociétés de coupons et des applications de livraison. Nous avons même investi dans la publicité", explique-t-il. Bien qu'il ait essayé toutes les stratégies possibles et imaginables, rien ne semblait fonctionner. "Rien ne faisait la différence", admet-il.

En plus de ces défis, Saad a dû faire face à des charges financières inattendues. "Le loyer était beaucoup plus élevé que prévu et je n'avais pas entièrement pris en compte les salaires du personnel et les assurances", a-t-il déclaré. Ces dépenses se sont rapidement accumulées, mettant ses finances à rude épreuve.

L'augmentation des coûts a conduit la plupart des commerçants à réduire leurs dépenses, à diminuer les salaires et à licencier des employés. "C'est un signe d'échec", ajoute M. Saad. "Les commerçants qui réussissent investissent dans l'élément humain et l'intellect pour créer et innover des solutions de survie. Le grand public a une mentalité de consommateur et non de solutionneur de problèmes.

Désespéré, M. Saad a même essayé de vendre le café à des investisseurs. "Cela n'a tout simplement pas fonctionné", a-t-il déclaré. Finalement, les pertes croissantes l'ont contraint à fermer le café en 2023. "C'était une perte énorme pour moi", a déclaré M. Saad.

Alors que de plus en plus d'entrepreneurs de la restauration arrivent sur le marché, la concurrence pousse chacun à élever son niveau de jeu. Les entreprises locales commencent à s'en rendre compte et s'efforcent d'offrir la même qualité et le même prix que ces nouveaux acteurs, même si la transition reste difficile.

Dans une interview accordée à Arab News, l'analyste financier Talat Hafiz a souligné le rôle crucial que jouent les petites et moyennes entreprises dans l'économie saoudienne : "Les PME en Arabie saoudite et ailleurs dans le monde sont l'épine dorsale de l'économie et des activités commerciales.

Conscient de ce fait, le gouvernement saoudien s'est efforcé de favoriser la croissance de ces entreprises. Il a déployé des efforts considérables pour faciliter la croissance des PME et accroître leur contribution au produit intérieur brut non pétrolier du Royaume de 20 % à 35 % d'ici 2030, a ajouté M. Hafiz.

La création de l'Autorité générale pour les petites et moyennes entreprises, également connue sous le nom de Monshaat, en 2016, témoigne de ces efforts. "Monshaat a été créée pour réglementer, soutenir et développer le secteur des PME dans le Royaume", a déclaré M. Hafiz.

En outre, le programme de garantie des prêts, établi en 2006, vise à surmonter les obstacles au financement pour les PME économiquement viables qui ne disposent pas des garanties nécessaires. Malgré ces mesures de soutien, de nombreuses PME sont encore confrontées à des défis importants. "Certaines entreprises ne parviennent toujours pas à poursuivre leurs activités avec succès et ferment leurs portes au cours de la première ou de la troisième année d'exploitation", a-t-il déclaré.

M. Hafiz a identifié plusieurs raisons à l'origine de ces échecs. "La plupart des plaintes des propriétaires de PME sont dues aux divers frais imposés par le gouvernement, en particulier les frais d'infraction", a-t-il déclaré. Cependant, il pense que les principales raisons de l'échec sont ailleurs.

"Les principales raisons de l'échec des PME, en particulier des start-ups, sont le manque d'attention aux besoins du marché et aux différentes préférences des consommateurs, le manque d'expérience en matière de gestion, d'expertise technique et professionnelle, et l'impossibilité d'apporter une valeur ajoutée au marché", a ajouté M. Hafiz.  

Il a également souligné l'importance d'une gestion dévouée et de ressources financières suffisantes. "La création d'une nouvelle entreprise nécessite une étude approfondie des besoins du marché, une gestion saine et un dévouement à l'entreprise. Elle requiert également des talents spécifiques qui permettent à l'entreprise de répondre rapidement et efficacement aux changements économiques et commerciaux", a-t-il noté.

Alors que le gouvernement saoudien a réglementé les amendes pour les rendre plus transparentes, équitables et progressives, M. Hafiz souligne que l'accent ne doit pas être mis uniquement sur les taxes gouvernementales. "L'accent mis sur les défaillances d'entreprises devrait également porter sur les causes principales et réelles de ces défaillances. Les amendes gouvernementales sont transparentes et progressives, et il n'est pas permis de les imposer la première fois, puisqu'il y a un avertissement qui précède la violation.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".