La tragédie de Majdal Shams, prélude à une guerre totale entre Israël et le Hezbollah ?

Des anciens et des personnes en deuil portent le cercueil de Guevara Ibrahim, 11 ans, tué lors d'une frappe du Liban deux jours plus tôt, lors de ses funérailles dans la ville de Majdal Shams, dans le Golan annexé par Israël, le 29 juillet 2024. (AFP)
Des anciens et des personnes en deuil portent le cercueil de Guevara Ibrahim, 11 ans, tué lors d'une frappe du Liban deux jours plus tôt, lors de ses funérailles dans la ville de Majdal Shams, dans le Golan annexé par Israël, le 29 juillet 2024. (AFP)
Short Url
Publié le Mardi 30 juillet 2024

La tragédie de Majdal Shams, prélude à une guerre totale entre Israël et le Hezbollah ?

  • Les analystes craignent que la réponse israélienne à la frappe présumée du Hezbollah, qui a tué 12 enfants, ne dégénère rapidement.
  • Le Hezbollah affirme qu'il n'a "aucun lien" avec l'attaque à la roquette, alors que le cabinet de sécurité israélien autorise les représailles.

BEYROUTH/DUBAI : Le cabinet de sécurité israélien a autorisé le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant à riposter à l'attaque à la roquette de samedi contre un terrain de football dans la ville arabe druze de Majdal Shams, sur le plateau du Golan occupé par Israël, qui a tué 12 enfants.

Selon l'armée israélienne, Majdal Shams a été touchée par une roquette Falaq-1 de fabrication iranienne portant une ogive de 50 kg, lancée par la milice libanaise Hezbollah, soutenue par l'Iran - une conclusion appuyée par les États-Unis.

Le Hezbollah, qui échange régulièrement des tirs transfrontaliers avec Israël depuis le début de la guerre de Gaza le 7 octobre, a déclaré qu'il n'avait "aucun lien" avec l'incident, mais a confirmé qu'il avait tiré une roquette de ce type samedi en direction d'une cible militaire israélienne dans le Golan.

Dans un communiqué, l'organisation a déclaré que "la Résistance islamique n'a absolument rien à voir avec l'incident et nous démentons catégoriquement toutes les fausses allégations à cet égard", imputant les victimes à un missile d'interception israélien qui n'a pas fonctionné.
L'incident de Majdal Shams fait suite à une frappe israélienne qui a tué quatre combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, ce qui a incité la milice à lancer des attaques à la roquette en représailles contre le Golan et le nord d'Israël.

Dans un message posté sur le réseau social X, Mohanad Hage Ali, chercheur au Centre Carnegie pour le Moyen-Orient à Beyrouth, a déclaré qu'un scénario possible était que le Hezbollah ou l'un de ses alliés, comme les Forces Al-Fajr et les Brigades Al-Qassam, ait tiré les roquettes par erreur.

Indépendamment de ce qui s'est passé, "dans tous les cas, le massacre a fourni au gouvernement Netanyahu une (excuse) pour répondre par la force", a-t-il déclaré.

M. Netanyahu, qui est rentré plus tôt que prévu de sa visite aux États-Unis, a immédiatement participé à une réunion du cabinet de sécurité, déclarant aux médias locaux que "le Hezbollah paiera un lourd tribut" pour l'attaque, "un tribut qu'il n'a jamais payé auparavant".
À l'issue de la réunion, son bureau a déclaré : "Les membres du cabinet ont autorisé l'attaque : "Les membres du cabinet ont autorisé le premier ministre et le ministre de la défense à décider de la manière et du calendrier de la riposte contre l'organisation terroriste Hezbollah.

Dimanche, lors d'une visite à Majdal Shams, M. Gallant a promis de "frapper durement l'ennemi", ce qui fait craindre une extension de la guerre à Gaza. L'Iran, quant à lui, a averti Israël que toute nouvelle "aventure" militaire au Liban pourrait avoir des "conséquences imprévues".

L'armée israélienne a qualifié cette attaque de "plus meurtrière contre des civils israéliens" depuis le début des échanges de tirs à la frontière libanaise, en octobre. Cette attaque a renforcé les craintes que les hostilités, relativement contenues jusqu'à présent, ne dégénèrent en une guerre totale.

En effet, les observateurs de la région craignent que toute riposte majeure à l'attaque menée par Israël n'attire les soutiens iraniens du Hezbollah dans la mêlée.
"Une réponse israélienne forte contre le Hezbollah pourrait provoquer des représailles directes de la part de l'Iran", a déclaré Meir Javedanfar, commentateur et universitaire israélien d'origine iranienne spécialisé dans le Moyen-Orient, à la suite de l'attaque à la roquette.

Comme pour les incidents précédents entre Israël et ses ennemis soutenus par l'Iran depuis le début de la guerre de Gaza, les actions de représailles ont été relativement mineures et soigneusement orchestrées pour maintenir leur effet dissuasif sans déclencher une confrontation majeure.

Cependant, Firas Maksad, chercheur principal au Middle East Institute, basé à Washington D.C., ne se fait pas d'illusions sur la gravité de la situation. "Le risque d'une nouvelle erreur de calcul n'a jamais été aussi élevé", a-t-il déclaré.

"Une guerre plus large entre Israël et le Liban est attendue depuis longtemps. Dans un scénario 'positif', l'offensive à venir sera limitée aux zones désormais largement dépeuplées des deux pays".
Bien que l'attaque à la roquette et les représailles israéliennes qui ont suivi puissent créer les conditions d'une escalade rapide, Hage Ali, du Carnegie Middle East Center, pense que le Hezbollah souhaite toujours éviter une guerre totale.

"Il reste que le Hezbollah veut éviter une guerre et qu'il fera preuve de retenue après la réponse israélienne", a-t-il déclaré. "Même si le Hezbollah franchit une ligne rouge, il choisira probablement une réponse symbolique.

Toutefois, "l'attaque de Majdal Shams met en évidence le défi que représente le maintien d'un conflit géographiquement limité pendant de nombreux mois. Des erreurs ou des mauvais calculs sont inévitables et pourraient dégénérer en conflit, indépendamment de la volonté des différentes parties d'éviter le conflit".
Israël a mis à exécution sa menace de riposte tôt dimanche matin en frappant les villes d'Abbasiyah et de Burj Al-Shamali, dans le sud du Liban. Ces deux villes, adjacentes à la ville de Tyr, ont subi d'importants dégâts matériels. D'autres attaques ont eu lieu sur Tyr Harfa et Khiyam.

Des frappes ont également eu lieu à Taraya, dans le centre de la Bekaa, et deux missiles ont détruit un bâtiment résidentiel. Aucune victime n'a été signalée.
"Personne ne veut d'une grande guerre", a déclaré Kim Ghattas, journaliste libanaise basée à Beyrouth et écrivant pour The Atlantic, sur X.

"Israël cherchera à atteindre des cibles clés ou très visibles, soit en une nuit de frappes intenses, soit en une semaine d'opérations. L'essentiel est d'éviter les centres de population et les victimes civiles et de ne pas déclencher une réponse massive du Hezbollah et une guerre plus large.

"Très difficile à calibrer. Les enjeux sont considérables pour le Liban, la région et l'administration Biden. Jusqu'à présent, Israël n'a pas appelé à évacuer d'autres colonies dans le nord d'Israël, ce qui indique qu'il pense que la réponse du Hezbollah sera mesurée.

"Tout cela nécessite des canaux de communication ouverts pour s'assurer que personne n'interprète mal les mouvements de l'autre partie. C'est comme une chorégraphie de la mort, avec des conséquences bien trop réelles pour les civils partout dans le monde.

Alors que la tension montait au cours du week-end, plusieurs pays occidentaux ont publié des déclarations demandant à leurs citoyens d'éviter tout voyage inutile au Liban et en Israël. Entre-temps, de nombreuses compagnies aériennes ont suspendu leurs vols à destination et en provenance de Beyrouth.

Depuis l'attentat, une intense activité diplomatique a été déployée pour contenir la réaction d'Israël.
Le gouvernement libanais a condamné tous les actes de violence et les attaques contre les civils. "Prendre des civils pour cible est une violation flagrante du droit international et contredit les principes de l'humanité", a-t-il déclaré dans un communiqué, appelant à "une cessation immédiate des hostilités sur tous les fronts".

Le ministre libanais des affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, a déclaré que les États-Unis, la France et d'autres pays tentaient de contenir l'escalade, lors d'une interview accordée dimanche à la chaîne de télévision locale Al-Jadeed.

"Depuis le début de la guerre, le Hezbollah prend pour cible des sites militaires et non des sites civils", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il ne "croyait pas qu'il ait mené cette attaque sur Majdal Shams".

"Il se peut qu'elle ait été menée par d'autres organisations, qu'il s'agisse d'une erreur israélienne ou même d'une erreur du Hezbollah. Je n'en sais rien. Nous avons besoin d'une enquête internationale pour faire toute la lumière sur cette affaire".

Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a également déclaré que "des discussions sont en cours avec les parties internationales, européennes et arabes pour protéger le Liban et écarter les dangers", dans un communiqué publié dimanche.
Adrienne Watson, porte-parole du Conseil national de sécurité des États-Unis, a déclaré que Washington était "en discussion permanente" avec Israël et le Liban depuis l'attentat.

Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, a condamné l'attaque à la roquette et a appelé toutes les parties à "faire preuve de la plus grande retenue".

Dans une déclaration commune, Jeanine Hennis-Plasschaert, coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, et le général de division Aroldo Lazaro, chef de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, ont souligné que "les civils doivent être protégés à tout moment".

Ils ont exhorté "les parties à faire preuve de la plus grande retenue et à mettre fin aux échanges de tirs intenses et continus qui pourraient déclencher un conflit plus large qui plongerait toute la région dans une catastrophe inimaginable".

Mme Hennis-Plasschaert a indiqué qu'elle avait été en contact avec Nabih Berri, le président du parlement libanais, qui est considéré comme un important canal de communication avec le Hezbollah.

Dans sa propre déclaration, M. Berri a affirmé que "le Liban et sa résistance (Hezbollah) se sont engagés à respecter la résolution 1701 et les règles d'engagement à ne pas prendre les civils pour cible", soulignant que "le fait que la résistance nie ce qui s'est passé à Majdal Shams confirme catégoriquement cet engagement et son manque de responsabilité, ainsi que celle du Liban, pour ce qui s'est passé".
Walid Jumblatt, l'ancien dirigeant influent du Parti socialiste progressiste basé à Druze, a déclaré avoir reçu samedi soir un appel téléphonique de l'envoyé spécial du président américain Joe Biden, Amos Hochstein, pour discuter de l'incident.

M. Jumblatt a appelé les deux parties à faire preuve de retenue et à rester calmes, réitérant la nécessité d'éviter les pertes civiles. "Où qu'il se produise, le ciblage de civils, que ce soit en Palestine occupée, dans le Golan occupé ou dans le sud du Liban, est inacceptable", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le fait que les personnes tuées dans l'attentat de Majdal Shams n'étaient pas des Israéliens mais des membres de la communauté druze est un facteur de complication pour le Hezbollah, qui a cherché à améliorer ses liens avec cette secte religieuse.

De nombreux habitants de Majdal Shams n'ont pas accepté la nationalité israélienne depuis qu'Israël s'est emparé du plateau du Golan en 1967.

Après avoir conquis environ les deux tiers du plateau du Golan pendant la guerre israélo-arabe de 1967, Israël a annexé la région en 1981, une décision non reconnue par la communauté internationale, à l'exception des États-Unis depuis 2019.
Les Druzes du Golan s'identifient en grande partie comme Syriens, tout en ayant le statut de résident, plutôt que la citoyenneté, en Israël. Les membres de la communauté druze de Syrie ont résisté au régime syrien de Bashar Assad, soutenu par le Hezbollah.

Le "casus belli" d'une guerre est particulièrement important pour le Hezbollah", a déclaré Michael A. Horowitz, analyste géopolitique et chef de l'équipe d'analystes de Le Beck International.

"Il devra justifier ses actions auprès des Libanais (qui subiraient une destruction massive de la part d'Israël) si une guerre éclate à la suite de l'attaque de Majdal Shams, ce qui sera particulièrement inconfortable pour lui.

"Le Hezbollah veut être perçu comme le défenseur du Liban. Si une guerre éclate à cause d'une attaque qui a tué des habitants d'une ville (qui) ne s'identifient même pas comme Israéliens, ce sera particulièrement désagréable pour le groupe.

"Cela explique le déni du Hezbollah, en plus de la dynamique sectaire. Le récit même du début de la guerre est crucial pour le groupe".


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Short Url
  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Short Url
  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Short Url
  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.