Boxe: au coeur d'une controverse, Khelif assure une première médaille à l'Algérie

La boxeuse Imane Khelif, qui s'est retrouvée malgré elle au cœur d'une controverse sur le genre, s'est qualifiée samedi pour les demi-finales (66 kg) en battant la Hongroise Anna Luca Hamori, ce qui assure une première médaille à l'Algérie dans ces JO. (AFP)
La boxeuse Imane Khelif, qui s'est retrouvée malgré elle au cœur d'une controverse sur le genre, s'est qualifiée samedi pour les demi-finales (66 kg) en battant la Hongroise Anna Luca Hamori, ce qui assure une première médaille à l'Algérie dans ces JO. (AFP)
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Publié le Samedi 03 août 2024

Boxe: au coeur d'une controverse, Khelif assure une première médaille à l'Algérie

  • La boxeuse de 25 ans (1,78 m) a remporté aux points, sur décision unanime, son combat dans une salle de Villepinte comble et survoltée
  • "One, two, three, viva l'Algérie!", ont scandé les supporteurs pour célébrer la boxeuse qui ont hué la Hongroise

VILLEPINTE: La boxeuse Imane Khelif, qui s'est retrouvée malgré elle au cœur d'une controverse sur le genre, s'est qualifiée samedi pour les demi-finales (66 kg) en battant la Hongroise Anna Luca Hamori, ce qui assure une première médaille à l'Algérie dans ces JO.

La boxeuse de 25 ans (1,78 m) a remporté aux points, sur décision unanime, son combat dans une salle de Villepinte comble et survoltée, acquise à sa cause avec la présence de nombreux drapeaux algériens en tribunes.

Emue, elle a salué le public et s'est dirigée en pleurs vers son coin.

Ce combat, "c'est pour ma dignité", a réagi Khelif, lors d'un point presse. "Cette médaille arrive après des années de travail (...) Cette médaille est pour le pays, pour tous les pays arabes. Vive l'Algérie !", a déclaré la boxeuse, entourée d'une nuée de journalistes.

"Tu as honoré l'Algérie, la femme algérienne et la boxe algérienne", a salué le président Abdelmadjid Tebboune dans un message sur X, en la félicitant pour sa qualification.

Son entraîneur Mohamed Chaoua a confié qu'Imane Khelif vivait "une période très difficile". "C'est très dur pour elle, une jeune fille musulmane, c'est toucher la fierté", a-t-il affirmé.

Déterminée dans son combat, Khelif a enchaîné les directs et crochets, remportant les trois rounds. Jouant des esquives, elle a su parer les nombreux coups de sa coriace adversaire.

« One, two, three »

Elle a aussi pu compter sur le public et ses encouragements appuyés.

"One, two, three, viva l'Algérie!", ont scandé les supporteurs pour célébrer la boxeuse qui ont hué la Hongroise.

Soutenue par le CIO, Khelif dispute ses deuxièmes JO et a pris part à de nombreux tournois féminins de boxe. Mais la polémique trouve son origine dans son exclusion des Mondiaux-2023 à New Delhi car, affirme la fédération internationale de boxe (IBA), elle avait échoué à un test destiné à établir son genre.

L'IBA a réfuté qu'il se fût agi d'une analyse des taux de testostérone mais n'a pas précisé de quel type de test il s'agissait. L'IBA et le CIO entretiennent des relations exécrables.

 

 

Le président algérien félicite Imane Khelif

"Tu as honoré la femme algérienne": le président algérien Abdelmadjid Tebboune a félicité samedi la boxeuse Imane Khelif, au coeur d'une controverse sur le genre, après sa qualification pour la demi-finale des Jeux olympiques face à la Hongroise Anna Luca Hamori, synonyme de médaille.

"Félicitations pour la qualification Imane Khelif. Tu as honoré l'Algérie, la femme algérienne et la boxe algérienne", a réagi le chef d'Etat sur X.

M. Tebboune, qui brigue un deuxième mandat lors de la présidentielle prévue le 7 septembre, a souhaité "bonne chance et en avant" à sa championne pour les "deux prochains tours".

"Nous serons à tes côtés quels que soient tes résultats", a-t-il promis.

 

La controverse a explosé quand son adversaire en huitièmes, Angela Carini, a abandonné en moins de cinquante secondes de combat. La Première ministre italienne Giorgia Meloni avait alors dénoncé "un combat qui n'était pas sur un pied d'égalité". En pleine campagne présidentielle américaine, Donald Trump s'était aussi emparé du sujet.

Plusieurs associations ont dénoncé auprès de l'AFP "un faux débat" mené par les milieux conservateurs.

Soutenue par ses compatriotes et le CIO, Khelif affrontera en demi-finale la Thaïlandaise Janjaem Suwannapheng (23 ans, 1m70) mardi à 22h30 au stade Roland-Garros à Paris. En boxe, les deux demi-finalistes battues décrochent le bronze. C'est donc le minimum auquel peut prétendre Khelif.

"Nous avons constaté des attaques incessantes", a encore dénoncé vendredi le ministre des sports algérien Abderrahmane Hammad, sur X. "Nous ne permettrons à personne de faire pression sur elle ou de lui faire du mal, et nous sommes prêts à la défendre avec une détermination inébranlable."

La veille, son adversaire hongroise avait reposté des images se moquant de l'Algérienne, sur son compte Instragram.

Également qualifiée pour les demi-finales dans une autre catégorie, la Taïwainaise Lin Yu-ting (-57 kg) est au centre d'une controverse similaire.

Le CIO, qui a validé leur participation, a répété samedi que les deux sont "nées femmes, ont grandi comme femme, ont un passeport comme tel et ont concouru comme des femmes depuis plusieurs années", selon les mots de son président Thomas Bach.

"Les femmes peuvent avoir un taux de testostérone égal à celui des hommes, tout en étant des femmes", a rappelé le CIO.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".