Le porte-parole du gouvernement israélien accuse la présentatrice de la BBC Mishal Husain de parti pris pro-palestinien

Le porte-parole du gouvernement israélien, David Mencer, a accusé la présentatrice de la BBC, Mishal Husain, et le radiodiffuseur de faire preuve d'un parti pris pro-palestinien. (BBC)
Le porte-parole du gouvernement israélien, David Mencer, a accusé la présentatrice de la BBC, Mishal Husain, et le radiodiffuseur de faire preuve d'un parti pris pro-palestinien. (BBC)
Short Url
Publié le Mardi 13 août 2024

Le porte-parole du gouvernement israélien accuse la présentatrice de la BBC Mishal Husain de parti pris pro-palestinien

  • David Mencer dit à l'intervieweuse qu'elle devrait recevoir le "prix du journaliste pro-palestinien de l'année".
  • Les patrons de la BBC défendent Husain et affirment qu'elle a posé des questions "légitimes et importantes" à Mencer.

LONDRES : Le porte-parole du gouvernement israélien David Mencer a accusé la présentatrice de la BBC Mishal Husain et la chaîne de télévision de faire preuve d'un parti pris pro-palestinien.

Lors d'un échange houleux au cours d'une interview accordée à l'émission Today de BBC Radio 4 lundi, Mencer a critiqué la chaîne pour sa couverture de la guerre à Gaza, qui a commencé à la suite des attaques du 7 octobre de l'année dernière par le Hamas contre Israël.

"Est-ce là votre impression d'une couverture impartiale de l'actualité, Mishal ? Parce que je pense que vous venez de mériter le prix du journaliste pro-palestinien de l'année, et je vous en félicite", a-t-il déclaré.

"Voici donc les faits : Nous avons été attaqués le 7 octobre, pas dans une guerre que nous voulions ; nous avons été envahis ; ils (le Hamas) veulent détruire notre pays ; il est contrôlé par l'IRNA (l'agence de presse de la République islamique) ; nous avons le devoir de défendre notre propre peuple".

Un porte-parole de la BBC a défendu Mme Husain et a déclaré que les questions qu'elle avait posées à Mencer étaient "légitimes et importantes" et qu'elles avaient été posées "de manière professionnelle, juste et courtoise".

Tout au long de l'interview, Mencer a défendu à plusieurs reprises les actions d'Israël et rejeté les critiques concernant les actions des forces militaires du pays pendant le conflit.

Interrogé sur la frappe aérienne d'une école de Gaza samedi, qui, selon les autorités sanitaires palestiniennes, a tué près de 100 personnes, M. Mencer a exprimé son scepticisme à l'égard de ces rapports, affirmant que les chiffres des victimes ont été gonflés par du "pseudo personnel médical" tout au long du conflit dans la bande de Gaza.

Il a déclaré que la frappe sur l'école avait visé 19 combattants du Hamas et qu'il n'y avait "ni femmes ni enfants présents".

Mencer a ajouté que si Israël gagnait la guerre sur le champ de bataille, il perdait la bataille médiatique, et a reproché à la BBC d'y jouer un rôle.

"Vous, en tant que BBC, vous ne faites pas honneur aux habitants de Gaza en répétant aveuglément les informations que vous donnent les organisations terroristes, les organisations de type Daesh. Cela ne ressemble en rien à la vérité", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il n'y avait "aucune justice" à ce que les journalistes "répètent comme des perroquets" les chiffres qu'on leur donne.

Interrogé sur l'interdiction imposée par les autorités israéliennes aux journalistes internationaux, qui les empêche de faire des reportages à Gaza et de voir la situation de leurs propres yeux, M. Mencer a déclaré qu'un accès illimité aux médias pourrait entraver les efforts déployés pour sauver les otages israéliens toujours détenus par le Hamas et d'autres groupes.

Spécialiste britannique des médias et des relations publiques et ancien directeur du groupe parlementaire britannique Labour Friends of Israel, Mencer est le porte-parole du gouvernement israélien depuis l'automne dernier.

Au cours de l'entretien, Mme Husain a également posé des questions sur un rapport récent de B'Tselem, une organisation de défense des droits de l'homme à Jérusalem, qui contenait des allégations d'abus commis par l'armée israélienne à l'encontre de détenus palestiniens.

Mencer a rejeté ces allégations, affirmant qu'il n'y avait "rien de tel" et que le gouvernement israélien devait "s'accommoder ... de dizaines de milliers de terroristes".

Il a ajouté : "Vous vous adressez à des éléments marginaux de la société israélienne, qui ont tout à fait le droit de dire ce qu'ils pensent, ... cela n'en fait pas un fait, cela n'en fait pas une réalité. Le fait que vous ne fassiez que répéter ces propos ne fait qu'engendrer un radicalisme qui fait que les Juifs du Royaume-Uni ont peur de marcher dans les rues".

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Short Url
  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Short Url
  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Short Url
  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.