TaleFlick ambitionne de faire connaître les poèmes saoudiens à Hollywood

Roseli Singer et Uri Singer assistent au RSIFF 'Women's Stories Gala' en partenariat avec Vanity Fair Europe le 18 mai 2023 en France. (Getty Images)
Roseli Singer et Uri Singer assistent au RSIFF 'Women's Stories Gala' en partenariat avec Vanity Fair Europe le 18 mai 2023 en France. (Getty Images)
Ithra, last year, highlighted the works of Abu Al-Tayyib Al- Mutanabbi, an Abbasi era poet. (Supplied)
Ithra, last year, highlighted the works of Abu Al-Tayyib Al- Mutanabbi, an Abbasi era poet. (Supplied)
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Publié le Jeudi 22 août 2024

TaleFlick ambitionne de faire connaître les poèmes saoudiens à Hollywood

  • Presque toutes les personnes que j'ai rencontrées écrivent des poèmes, à tous les niveaux de la société", déclare le PDG de TaleFlick.
  • Uri Singer, producteur hollywoodien et PDG de TaleFlick, a déclaré à Arab News : « Nous acceptons des poèmes du monde entier, mais nous préférons commencer par la littérature saoudienne parce qu'elle est brute. Personne ne l'a exploité à Hollywood.

RIYADH : La culture saoudienne a toujours été enracinée dans la poésie, de la compilation « Mu'allaqat » aux odes romantiques du ghazal.

Le pays a fait des progrès considérables dans la reconnaissance de cet héritage, notamment en faisant de 2023 l'« Année de la poésie arabe », ce qui semble désormais susciter l'intérêt de la communauté internationale.

TaleFlick, une plateforme de premier plan pour la conservation d'histoires du monde entier, a annoncé sa dernière initiative visant à accueillir des poèmes du Royaume dans le but de mettre en valeur la richesse et l'importance de la tapisserie culturelle du pays, et de jeter un pont entre la littérature saoudienne et Hollywood.

Uri Singer, producteur hollywoodien et PDG de TaleFlick, a déclaré à Arab News : « Nous acceptons des poèmes du monde entier, mais nous préférons commencer par la littérature saoudienne parce qu'elle est brute. Personne ne l'a exploité à Hollywood. En tant que producteur, la propriété intellectuelle est reine.

« Je pense que notre travail et notre destin consistent à présenter de bonnes histoires qui peuvent provenir de n'importe quelle idée dans le monde... Il y a un très grand potentiel et des investissements énormes qui ouvrent la porte aux histoires locales, alors je pense que les poèmes sont la bonne propriété intellectuelle à rechercher dans les histoires d'Arabie saoudite.

Alors que la plateforme a ouvert ses portes aux contenus arabes l'année dernière, son élargissement des romans, nouvelles et scénarios à la poésie vise à « honorer et élever cette belle forme d'art, en fournissant une plateforme pour transformer ces histoires en récits visuels puissants », peut-on lire dans un communiqué.

Les poèmes soumis seront méticuleusement sélectionnés et présentés à un réseau mondial de studios et de producteurs, offrant ainsi une exposition sans précédent et des opportunités pour ces œuvres poétiques d'être adaptées en films, séries télévisées et autres formes de narration visuelle.

Pour l'instant, les soumissions de poèmes sont gratuites et ne sont pas limitées par les abonnements de la plateforme, qui vont de 99 $ pour la version de base à 199 $ pour la version standard, en passant par 499 $ pour la version premium.

Lors de ses multiples visites en Arabie saoudite à l'occasion du Festival international du film de la mer Rouge, M. Singer, connu pour avoir produit le film « White Noise » (2022), acclamé par la critique, s'est familiarisé avec divers éléments culturels. « Presque toutes les personnes que j'ai rencontrées écrivent de la poésie, à tous les niveaux de la société. Je n'ai jamais vu cela nulle part », a-t-il déclaré avec enthousiasme à Arab News.

« J'ai entendu dire que la plupart des jeunes Saoudiens utilisaient des poèmes pour communiquer », a-t-il déclaré. « Pour nous, ici, c'est irréel. Certains films ont été réalisés à partir de poèmes : « The Raven », « The Postman » et « Mulan », qui était même basé sur un poème chinois, mais aucun film hollywoodien ou anglais n'a été réalisé à partir de poètes arabes.

Il a même découvert que le « Million's Poet » des Émirats arabes unis était une émission de télé-réalité populaire dans la région, mais il a noté que le format pouvait être inintéressant pour le public occidental. Cependant, dans les prochaines étapes de TaleFlick, un certain nombre de poètes sélectionnés à partir de ses soumissions en ligne auront l'occasion de participer à leur prochaine série de téléréalité « House of Poetry ».

Singer imagine l'émission sous la forme d'un « Big Brother », où les candidats vivent dans deux espaces distincts, l'un pour les hommes et l'autre pour les femmes, et sont mis au défi d'écrire leurs propres poèmes dans divers contextes où interviennent des invités. Toutefois, les détails de l'émission sont provisoires et en cours d'élaboration.

Mais il y a une barrière linguistique en jeu ici. Les poètes sont invités à partager leurs œuvres dans leur langue d'origine, y compris l'arabe, qui sont ensuite analysées et traduites par d'autres poètes et scénaristes compétents du réseau TaleFlick afin de minimiser les erreurs d'interprétation.

Les évaluateurs ont également fait part de leurs commentaires sur la manière de rendre l'œuvre plus adaptable à l'échelle internationale.

Il est important de préserver l'authenticité des histoires locales, souligne Singer, et la collaboration entre le poète et les responsables du développement du projet est encouragée afin de maintenir l'intégrité de la propriété intellectuelle acquise.

Toutefois, l'implication d'un grand studio de production peut parfois s'avérer délicate.

Singer a déclaré : « Chez TaleFlick et dans ma société de production, Passage, nous sommes prêts à travailler avec le créateur. Nous leur donnons toujours une scène et toutes les chances, car c'est d'eux que vient la créativité.

« Normalement, ils sont très heureux que leur œuvre devienne un film, et si elle s'éloigne de l'idée de base, elle peut être 'inspirée par (leur œuvre)'. Mais bien sûr, nous donnons au poète la possibilité d'exprimer ses pensées et ses opinions et nous l'aidons autant que possible parce que l'intérêt est que son histoire, son poème, sa création fasse l'objet d'une adaptation.

Pendant des décennies, l'industrie cinématographique saoudienne a été portée par des initiatives populaires et indépendantes, mais depuis la réouverture des cinémas en 2018 et la création de la Commission du film l'année suivante, la scène n'a fait que s'épanouir.

Le paysage du pays a attiré à la fois des créateurs locaux et des productions hollywoodiennes à gros budget, le RSIFF est devenu un événement phare attirant des célébrités de masse en seulement trois ans, et Riyad est devenu un point chaud pour les premières hollywoodiennes, plus récemment pour « Bad Boys : Ride or Die » avec Will Smith et Martin Lawrence.

« Il y a en Arabie saoudite une foule de cinéphiles enthousiastes et une billetterie qui est la plus importante du Moyen-Orient aujourd'hui, ce qui n'existait pas il y a cinq ans », a déclaré M. Singer, ce qui fait de ce projet une excellente occasion de s'adresser également au public de la région.

« Je pense que cette culture, pilier fondamental de l'Arabie saoudite, n'est pas exploitée », a-t-il déclaré, précisant que des courts-métrages inspirés par la poésie ont même été nommés aux Oscars dans le passé. « Il suffit de trouver les bonnes histoires, adaptables et intéressantes.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".