Le Liban annonce son adhésion à la Saudi Green Initiative

Le Premier ministre intérimaire Najib Mikati (R) a confirmé vendredi que "le Liban a rejoint l'Initiative verte pour le Moyen-Orient (L), lancée par le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman." (Fournie et AFP)
Le Premier ministre intérimaire Najib Mikati (R) a confirmé vendredi que "le Liban a rejoint l'Initiative verte pour le Moyen-Orient (L), lancée par le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman." (Fournie et AFP)
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Publié le Samedi 31 août 2024

Le Liban annonce son adhésion à la Saudi Green Initiative

  • Le coût des dommages subis par les villes frontalières du sud du Liban au cours des six premiers mois des attaques israéliennes a dépassé 1,5 milliard de dollars, selon les chiffres du gouvernement.
  • Le Premier ministre intérimaire Najib Mikati qualifie ce mouvement d'"essentiel pour le Liban"

BEYROUTH : Le Premier ministre intérimaire Najib Mikati a confirmé vendredi que "le Liban a rejoint l'Initiative verte pour le Moyen-Orient, lancée par le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman."

Mikati a décrit cette étape comme "essentielle pour le Liban, d'autant plus que les villages et les villes du sud ont subi des dommages environnementaux et agricoles importants, nécessitant une coopération avec tous les amis du Liban."

M. Mikati a informé le ministre de l'agriculture, Abbas Al-Hajj Hassan, et le ministre de l'environnement, Nasser Yassin, de l'inclusion du pays dans l'initiative, et M. Hassan a déclaré : "Israël détruit de vastes zones, qu'il s'agisse de terres agricoles, d'arbres fruitiers ou de forêts.

"L'approbation de la participation du Liban à l'initiative est un signe très positif pour nous, Libanais, pour le gouvernement, et en particulier pour les ministères de l'agriculture et de l'environnement.

"L'annonce d'aujourd'hui intervient alors que les attaques israéliennes contre le Liban se poursuivent. Nous remercions le Royaume pour ses efforts, car il a toujours soutenu le Liban dans les moments les plus difficiles".

M. Yassin a déclaré que l'un des objectifs de l'initiative était de "planter 40 milliards d'arbres dans tout le Moyen-Orient".

Il a ajouté : "Un élément clé de l'initiative de l'Arabie saoudite est de protéger la région, le Golfe et les pays du Moyen-Orient du changement climatique en cours, de mettre un terme à la dégradation des sols et à la désertification, et d'explorer les moyens de s'adapter plus efficacement aux changements potentiels à venir."

M. Yassin a remercié "l'Arabie saoudite d'avoir accepté d'examiner le dossier du Liban et de l'avoir inclus dans cette initiative très importante".

Il a ajouté : "Cette initiative s'inscrit dans le cadre de la coopération continue et de longue date avec l'Arabie saoudite au fil des décennies. Cette initiative est opportune et sera suivie par les ministères de l'agriculture et de l'environnement et toutes les parties concernées par le biais de réserves communes afin d'augmenter la couverture végétale."

Le coût des dommages subis par les villes frontalières du sud du Liban au cours des six premiers mois des attaques israéliennes a dépassé 1,5 milliard de dollars, selon les chiffres du gouvernement.

Les bombardements et les frappes aériennes ont porté atteinte aux moyens de subsistance des habitants de la zone frontalière et à leurs exploitations agricoles.

Les images satellites montrent la destruction de quartiers entiers dans les villages situés le long de la Ligne bleue et la disparition de zones forestières couvrant les pentes des montagnes et les vallées.

Les attaques israéliennes ont déplacé plus de 110 000 personnes de dizaines de villages.

Les autorités libanaises ont accusé Israël d'utiliser des bombes au phosphore pour détruire les forêts et les cultures, tandis que le ministère de l'agriculture n'a pas été en mesure de procéder à une évaluation finale de l'étendue des dégâts en raison de l'opération israélienne en cours.

Le ministère de l'agriculture a déclaré en juillet : "Les bombardements israéliens au phosphore blanc ont provoqué 700 incendies, petits et grands. Plus de 2 500 dunams (617 acres) de terres ont été complètement brûlés, et la superficie des terres affectées, composées de forêts et de terres agricoles, a atteint 6 000 dunams (1 482 acres), les arbres ciblés étant les oliviers, les pins et les chênes.

"Les dommages subis par les zones forestières abritant des chênes, des chênes du Mont Tabor et des lauriers s'élèvent à 55 %, les terres agricoles et les agrumes à 35 %, et les prairies à 10 %.

Les autorités libanaises attendent un cessez-le-feu pour procéder à une évaluation finale des dégâts, mais les indemnisations sont incertaines dans un pays touché par une grave crise économique depuis près de cinq ans.

Les raids israéliens sur les villages frontaliers se sont poursuivis vendredi, notamment dans les vallées et les zones forestières, causant d'importants dégâts.

L'armée israélienne a tiré des fusées éclairantes sur les villages frontaliers proches de la Ligne bleue dans les secteurs ouest et central, atteignant la périphérie de la ville de Tyr. Elle a également largué des bombes incendiaires à la périphérie des villes de Naqoura et d'Alma Al-Shaab.

Les Israéliens ont affirmé que leurs avions de guerre avaient "pris pour cible plusieurs lanceurs de roquettes du Hezbollah dans le sud du Liban".


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.