Cisjordanie: combats à Jénine au quatrième jour d'une vaste opération israélienne

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Publié le Samedi 31 août 2024

Cisjordanie: combats à Jénine au quatrième jour d'une vaste opération israélienne

  • A Jénine, en Cisjordanie occupée, territoire palestinien séparé de Gaza, le bruit des combats résonne samedi dans les rues désertées où seuls circulent des blindés israéliens
  • L'armée israélienne a par ailleurs indiqué avoir "éliminé" dans la nuit de vendredi à samedi deux Palestiniens qui s'apprêtaient à commettre des attaques à l'explosif près de colonies dans le sud de la Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967

JENINE: Des combats ont lieu samedi dans le nord de la Cisjordanie, au quatrième jour d'une vaste opération "antiterroriste" israélienne dans le territoire palestinien occupé où deux hommes qui s'apprêtaient à commettre des attaques ont été tués, selon l'armée israélienne.

Dans la bande de Gaza où la guerre fait rage depuis près de onze mois, Israël poursuit son offensive meurtrière en riposte à l'attaque sanglante menée par le mouvement islamiste Hamas sur le sol israélien le 7 octobre.

La Défense civile de Gaza a indiqué avoir extrait 29 corps des décombres depuis l'aube et transporté des dizaines de blessés vers les hôpitaux, à travers le territoire palestinien dévasté.

A Jénine, en Cisjordanie occupée, territoire palestinien séparé de Gaza, le bruit des combats résonne samedi dans les rues désertées où seuls circulent des blindés israéliens.

"Je pense que c'est la pire journée depuis le début du raid (israélien). Nous entendons de temps en temps des affrontements et parfois de grosses explosions", a témoigné à l'AFP Wissam Bakr, directeur de l'hôpital public de Jénine.

L'armée israélienne a par ailleurs indiqué avoir "éliminé" dans la nuit de vendredi à samedi deux Palestiniens qui s'apprêtaient à commettre des attaques à l'explosif près de colonies dans le sud de la Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967.

"Un terroriste a tenté de mener une attaque à la voiture piégée" près du bloc de colonies du Gush Etzion, puis un second a été pris en chasse après s'être "infiltré à Karmei Zur", une autre colonie plus au sud, a précisé l'armée. Deux groupes palestiniens, le Jihad islamique et le Hamas, ont salué une "attaque coordonnée".

Selon le ministère palestinien de la Santé, au moins 20 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par l'armée israélienne depuis mercredi, en majorité des combattants, au cours d'opérations lancées simultanément dans trois villes du nord de ce territoire occupé. L'armée israélienne affirme elle avoir tué "20 terroristes".

Parmi les personnes tuées figure un homme de 82 ans, selon l'agence palestinienne Wafa, et deux adolescents de 13 et 17 ans, selon le Croissant-Rouge palestinien, qui recense également 55 blessés depuis mercredi.

Opération « antiterroriste »

Le Hamas, au pouvoir depuis 2007 à Gaza, et le Jihad islamique ont annoncé qu'au moins 13 des personnes tuées étaient des combattants de leurs branches armées. Celles-ci affirment, comme d'autres groupes palestiniens, opposer de la résistance aux troupes israéliennes en Cisjordanie.

Depuis vendredi, les soldats israéliens ne quadrillent plus que la ville de Jénine et ses camps de réfugiés, bastion symbolique des groupes armés palestiniens en lutte contre Israël, après s'être retirés de Toubas et de Tulkarem, défonçant les rues et menant des frappes, notamment aériennes, sur des véhicules ou des maisons.

L'armée israélienne a déclenché cette opération qualifiée "d'antiterroriste" en envoyant des colonnes de blindés appuyés par des aéronefs sur Jénine, Tulkarem, Toubas et leurs camps de réfugiés, suscitant des craintes de la communauté internationale d'une escalade de la violence.

Les incursions israéliennes en zone autonome palestinienne sont quotidiennes en Cisjordanie occupée, où les violences meurtrières flambent depuis le début le 7 octobre de la guerre à Gaza, mais rarement d'une telle ampleur.

Neuf morts d'une même famille 

Dans la bande de Gaza, neuf adultes d'une même famille sont morts dans le bombardement samedi matin d'une maison dans le camp de réfugiés de Nousseirat (centre), a rapporté à l’AFP Marwan Abou Nassar, médecin à l'hôpital al-Awda où leurs corps sont arrivés.

Dans la nuit, une frappe israélienne a visé le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord du territoire, faisant des morts et des blessés, selon Ahmed al-Kahlout, de la Défense civile à Gaza.

Sous la lumière de torches ou de téléphones portables, les secouristes transportaient des blessés vers les ambulances, tandis que d'autres cherchaient d'éventuels disparus dans les décombres à travers des nuages de poussières, selon des images de l'AFPTV.

Dans le sud de la bande de Gaza, le Croissant rouge palestinien a fait état de cinq personnes tuées dans un bombardement d'une maison à Khan Younès.

L'armée israélienne avait  annoncé vendredi avoir mis fin à ses opérations au sol dans les régions de Khan Younès et de Deir al-Balah (centre).

La guerre a été déclenchée par l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre, qui a entraîné côté israélien la mort de 1.199 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles.

Sur 251 personnes enlevées ce jour-là, 103 sont toujours retenues à Gaza, dont 33 déclarées mortes par l'armée.

Israël a juré de détruire le Hamas qu'il considère comme terroriste, de même que les Etats-Unis et l'Union européenne.

Son armée a lancé en riposte une offensive d'envergure dans la bande de Gaza qui a fait au moins 40.691 morts, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, provoquant un désastre humanitaire et sanitaire et déplaçant la plupart des 2,4 millions d'habitants. Selon l'ONU, la majorité des morts sont des femmes et des mineurs.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.