Afrique du Sud: requinquer les bébés rhinos

Pendant les cinq premiers mois, elles dorment chaque nuit avec les petits rhinos, « on devient leurs mamans », explique la directrice Yolande Van Der Merwe, 38 ans (Photo, AFP)
Pendant les cinq premiers mois, elles dorment chaque nuit avec les petits rhinos, « on devient leurs mamans », explique la directrice Yolande Van Der Merwe, 38 ans (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Lundi 11 janvier 2021

Afrique du Sud: requinquer les bébés rhinos

  • Quatre salariées et deux volontaires, toutes des femmes, s'occupent d'un «certain nombre» d'animaux, une majorité de rhinos blancs, quelques noirs aussi
  • La mission de l'orphelinat tient en trois mots: «secourir, requinquer et relâcher»

MOKOPANE: C'est un orphelinat. Pour bébés rhinocéros. Ils ont souvent perdu leur maman face aux braconniers alors l'adresse de cet enclos, perdu dans la végétation luxuriante du Limpopo, au nord de l'Afrique du Sud, reste top secrète. 

Il faut emprunter une longue piste de terre rouge, parsemée de flaques profondes et traversée par de petits singes espiègles, longée aussi par une cavalcade de girafes qui semblent courser la voiture, sur le bas côté. 

Arrie Van Deventer, 67 ans, donne rendez-vous à un carrefour et conduit l'équipe de l'AFP jusqu'à la grille indiquant une réserve animale comme il y en a cent dans ce coin-là. Incognito. 

« Quand un ouvrier agricole fait passer l'info à des braconniers, même s'il se contente juste de dire +A cet endroit, il y a cinq rhinos+, il va gagner plus d'argent que son salaire annuel ». Imparable. Donc il faut faire très attention, explique le fondateur de l'orphelinat, qui fonctionne grâce à de dons privés. 

Cet ancien prof d'histoire, devenu éleveur, reçoit un appel en 2011. A proximité, deux femelles ont été tuées, un bébé aussi, il reste un nourrisson. Il se renseigne pour essayer de placer le rhino blanc. « J'ai passé des coups de fil et me suis rendu compte qu'il n'y avait pas d'endroit acceptable pour ce bébé. Je me suis entendu dire à un interlocuteur +OK, je vais en construire un+ ». 

La mission de l'orphelinat tient en trois mots: « secourir, requinquer et relâcher ». Peu de visiteurs et aucun touriste. Discrétion oblige mais aussi pour ne pas habituer les bêtes à la présence humaine. Après, « ça devient beaucoup plus difficile de les préparer à retrouver leur état sauvage ». 

Quatre salariées et deux volontaires, toutes des femmes, s'occupent d'un « certain nombre » d'animaux, une majorité de rhinos blancs, quelques noirs aussi. 

Orphelins voraces 

Pendant les cinq premiers mois, elles dorment chaque nuit avec les petits rhinos, « on devient leurs mamans », explique la directrice Yolande Van Der Merwe, 38 ans. « Ils se collent à nous pendant la nuit, pour le contact et la chaleur » dans une sorte d'étable ouverte. « Si on veut aller manger ou passer aux toilettes, on doit se faire remplacer. Sinon le bébé stresse, crie, pleure ». Un son aigu qui évoque le dauphin, selon Arrie.  

Ces dix dernières années, des milliers de rhinos ont été tués dans le pays pour leurs cornes, très recherchées en Asie, notamment au Vietnam, pour toutes sortes de vertus présumées. Un luxe si recherché qu'il peut se vendre plus de 90 000 euros le kilo. Un trafic illégal contrôlé par des réseaux mafieux. 

A l'orphelinat, les trois plus jeunes pensionnaires partagent un enclos. « Deux filles et un garçon » qui attendent leurs biberons, remplis d'un mélange de lait et de riz bouilli mixé. Toutes les quelques heures. 

Zanré Van Jaarsveld vient les caresser, en grattant leur cuir épais. Mais vite, ils se lassent. « Ils ont faim là, ils deviennent grincheux ». Les femelles ont la réputation d'être plus regardantes sur leur nourriture, « les garçons dévorent tout ce qu'on leur apporte ». 

Jessie est arrivée en avril, à l'âge de quatre mois, « quasiment en état de stress post-traumatique ». « Nous lui avons donné du Valium pendant deux jours avant qu'elle ne se calme », raconte la soignante de 26 ans. « Elle était très déshydratée et avait une entaille à l'épaule, sans doute une blessure à la machette. On pense qu'elle a essayé de protéger sa mère, les tout petits ne pensent pas à fuir ». 

A la naissance, les animaux à la gueule rectangulaire pèsent une quarantaine de kilos. « Ils sont tout petits, pas plus hauts que mon genou », montre Yolande. Après, ils mangent énormément et prennent plus d'un kilo par jour. A un an, ces beaux bébés approchent de la demi-tonne. 

Ce n'est que vers l'âge de cinq ans qu'ils sont prêts à se défendre des prédateurs et à être lâchés dans une réserve bien plus grande, à proximité. Une défenseuse de l'environnement y patrouille régulièrement. Elle donne aux dames de l'orphelinat des nouvelles de leurs anciens protégés. 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".