Dans la campagne anglaise, un projet d'éoliennes en mer met les nerfs à vif

Plusieurs éoliennes et une plateforme offshore construite par le consortium ENECO sont visibles au large d'Ostende, sur la côte belge, le 25 octobre 2019. (AFP)
Plusieurs éoliennes et une plateforme offshore construite par le consortium ENECO sont visibles au large d'Ostende, sur la côte belge, le 25 octobre 2019. (AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 19 septembre 2024

Dans la campagne anglaise, un projet d'éoliennes en mer met les nerfs à vif

  • L'objectif: décarboner l'approvisionnement en électricité d'ici à 2030
  • La construction de ces nouvelles installations, notamment les tranchées de câbles nécessaires pour acheminer l'électricité produite, va entraîner des années de travaux d'ampleur dans cette zone touristique

Friston, Royaume-Uni: "On ne peut pas traiter les gens comme ça!" Le pittoresque village anglais de Friston est le théâtre d'une fronde contre un projet d'infrastructures d'énergie éolienne, dénoncé comme une "catastrophe" écologique et touristique.

Mené par l'énergéticien National Grid, ce grand projet d'éoliennes en mer a reçu le soutien de l'actuel gouvernement travailliste, comme celui de son prédécesseur conservateur. L'objectif: décarboner l'approvisionnement en électricité d'ici à 2030.

Les habitants de cette région de l'est de l'Angleterre, rencontrés par l'AFP, disent soutenir cette transition vers les énergies renouvelables... mais refusent l'installation d'infrastructures terrestres destinées à assurer le raccordement du parc éolien au réseau électrique.

Ils estiment qu'elles défigureraient leurs paysages bucoliques et qu'il existe des alternatives.

La construction de ces nouvelles installations, notamment les tranchées de câbles nécessaires pour acheminer l'électricité produite, va entraîner des années de travaux d'ampleur dans cette zone touristique.

En plus de ses stations balnéaires très prisées, la région abrite aussi de nombreuses espèces d'oiseaux protégées.

- "Pas dans mon jardin" ? -

Les habitants de ce hameau de 341 âmes se retrouvent accusés d'être atteints du syndrôme "Nimby" (acronyme pour "Not In My Back Yard", "Pas dans mon jardin"), attitude de ceux qui contestent un projet parce qu'il doit passer chez eux, mais qu'ils accepteraient s'il était réalisé ailleurs.

Une étiquette qui les hérisse: "On nous ridiculise en nous traitant de +Nimbys+", s'insurge Fiona Gilmore, ancienne conseillère stratégique auprès de pays émergents, qui a créé le groupe Suffolk Energy Action Solutions (SEAS) en 2019.

C'est juste une façon de décrédibiliser nos préoccupations légitimes pour la nature et l'environnement, déplore-t-elle. Le groupe plaide pour que toutes les infrastructures soient installées offshore, estimant qu'elles seraient moins destructrices et plus efficaces.

Les militants du SEAS font valoir que plusieurs pays proches du Royaume-Uni, tels que le Danemark, les Pays-Bas ou la Belgique, construisent déjà des centres offshore, et que le Royaume-Uni pourrait faire de même.

Adam Rowlands, de la Société royale de protection des oiseaux (RSPB), estime que le litige va au-delà d'un "simple problème local", et pose un risque réel pour la réserve naturelle de North Warren, située à proximité.

La RSPB "voit tout à fait la nécessité de transformer notre réseau et notre infrastructure énergétique", assure M. Rowlands. "Mais nous devons le faire d'une manière qui n'aggrave pas la crise de la biodiversité", ajoute-t-il, soulignant que les options offshore présentent aussi des inconvénients pour l'écologie marine.

L'acteur Ralph Fiennes ("Le grand Budapest hôtel", "Coup de foudre à Manhattan"...), qui a passé sa petite enfance sur la côte du Suffolk, s'est engagé dans le combat.

"Oui, oui, oui à l'énergie verte, un million de fois, la planète est perdue sans elle", dit-il dans un court métrage qu'il a lui-même réalisé, et qui met en évidence le coût écologique de ces projets.

- "Pas écoutés" -

"Mais notre lien humain très réel avec la côte sera complètement sapé si nous ne mettons pas en œuvre cette énergie verte vitale avec une vision avant-gardiste et respectueuse de l'environnement", argue-t-il.

Les autorités, elles, restent inflexibles. Cette semaine, le secrétaire d'État à l'énergie Ed Miliband a rejeté les appels des militants en faveur d'une pause pour reconsidérer les plans.

Mardi, il a promis de "s'attaquer à ceux qui bloquent, ceux qui causent des retards, ceux qui font de l'obstruction".

Pour les militants, il y a un problème de méthode.

Car, racontent-ils, bien qu'ils aient passé des heures à préparer des dossiers pour les différentes audiences organisées dans le cadre du processus de planification, ils ont le sentiment de ne "pas avoir été écoutés".

Les habitants de Friston "vivent avec ce cauchemar depuis plus de cinq ans", martèle Mme Gilmore. "On ne peut pas traiter les gens comme ça!".

Une autre militante, Charlotte Fox, anesthésiste en soins intensifs à la retraite, dit à l'AFP avoir, dans un premier temps, accepté la décision de National Grid en pensant que l'entreprise et le gouvernement travaillaient dans l'intérêt national.

Mais après avoir fait quelques recherches, elle a estimé qu'il existait une solution "alternative parfaitement viable, moins chère, meilleure et plus rapide", au projet actuel.

"Quel est l'intérêt de causer toute cette destruction et d'endommager la biodiversité que nous essayons, d'abord et avant tout, de sauver?", interroge-t-elle.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.