Rencontre avec l'instigatrice de la première équipe de football féminin d'Arabie saoudite

Maram Al-Butairi s'est lancée dans l'entraînement lorsque sa fille, aujourd'hui âgée de 15 ans, a commencé à jouer au football. (fourni)
Maram Al-Butairi s'est lancée dans l'entraînement lorsque sa fille, aujourd'hui âgée de 15 ans, a commencé à jouer au football. (fourni)
Maram Al-Butairi s'est lancée dans l'entraînement lorsque sa fille, aujourd'hui âgée de 15 ans, a commencé à jouer au football. (fourni)
Maram Al-Butairi s'est lancée dans l'entraînement lorsque sa fille, aujourd'hui âgée de 15 ans, a commencé à jouer au football. (fourni)
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Publié le Dimanche 22 septembre 2024

Rencontre avec l'instigatrice de la première équipe de football féminin d'Arabie saoudite

  • Depuis sa création en 2006, le club pionnier Eastern Flames s'est hissé au plus haut niveau en Arabie saoudite et dans la région du Golfe
  • «Le football, comme tout autre sport d'équipe, vous inculque de nombreuses valeurs», dit Al-Butairi, fondatrice du club

DAMMAM: Maram al-Butairi incarne la grâce sous pression. Depuis 18 ans, elle est à la tête des Eastern Flames, le premier club de football féminin du Royaume, parfaitement rodé et toujours prêt à jouer.

Depuis sa création en 2006, ce club pionnier s'est hissé au plus haut niveau en Arabie saoudite et dans la région du Golfe, a déclaré Al-Butairi, aujourd'hui propriétaire et directrice générale du club, dans un entretien accordé à Arab News.

«J'ai quatre équipes: une première équipe, des équipes de jeunes et une équipe de futsal qui compte environ 64 joueuses, que je qualifierais de sœurs et de filles», a-t-elle déclaré.

Al-Butairi a été la première fille de sa famille, après une série de cousins masculins et elle est immédiatement devenue leur fierté et leur joie. C'est la signification de mon prénom, «Maram». En fait, c'est «ton objectif», la chose que tu veux vraiment. On dit que c'est ton Maram.

Jeune fille, elle adorait le football. Elle était d'ailleurs douée pour ce sport, jouant avec ses cousins et les battant. Sa mère, une athlète qui a grandi au Koweït, se décrit elle-même comme une «passionnée de football».

Très vite, Al-Butairi a trouvé sa propre Maram.

«Le football, comme tout autre sport d'équipe, vous inculque de nombreuses valeurs. Les valeurs qui me tiennent le plus à cœur et que je peux enseigner à mes enfants, c'est la méthode Montessori, qui consiste à mettre l'accent sur la loyauté et la gestion du temps, parce qu'ils ont besoin de gérer leur temps», a-t-elle déclaré.

Après son mariage, Al-Butairi s'est installée aux États-Unis et a étudié la finance dans une université privée, où elle a découvert qu'un certain nombre d'étudiants bénéficiaient de bourses d'athlétisme.

Cela l'a incitée à réfléchir.

«Pourquoi n'y a-t-il pas de bourses pour les athlètes en Arabie saoudite?» J'étais là parce que le gouvernement me soutenait, mais je me suis demandé ce qui se passerait si j'avais des enfants et que le gouvernement ne me soutenait plus.

En 2006, elle a fondé Eastern Flames, du nom de la province de l'Est, où elle a grandi. Elle a commencé à entraîner sa fille, aujourd'hui âgée de 15 ans, lorsqu'elle a commencé à jouer au football.

Pendant la pandémie mondiale, Al-Butairi a repris ses études et obtenu une maîtrise en administration des affaires.

Aujourd'hui, elle utilise ses connaissances commerciales pour aider les jeunes joueuses à s'engager sur la voie de la réussite.

En leur offrant un salaire décent dans leurs contrats, elle tente de leur fournir une voie pratique vers l'indépendance financière, ainsi que des options de carrière viables une fois qu'elles auront quitté le sport.

Sur ses plateformes, elle souligne que le sport permet aux enfants de développer des «compétences non techniques», comme apprendre à écouter leur corps, à se souvenir de bien manger, à être attentifs à leurs coéquipiers et à exceller dans la gestion du temps.

Les joueurs apprennent également à accepter la défaite et à rebondir après une chute ou un revers mineur.

En 2024, le Royaume offre à la jeunesse du pays la possibilité d'explorer tout le potentiel de ce sport. Et Al-Butairi est là pour ça.

«Il faut savoir que je suis une femme d'affaires qui a décidé d'investir dans le sport il y a longtemps et qui a dépensé plus de 3 millions de riyals saoudiens (800 200 dollars; 1 dollar = 0,90 euro) l'année dernière pour m'assurer de pouvoir rivaliser avec les grands clubs. Ce n'est pas seulement une passion, j'investis dans la vision de l'Arabie saoudite», a-t-elle déclaré.

Arab News a récemment assisté à un match amical entre deux équipes à Dammam. Avant le match, Faisal, le fils d'Al-Butairi âgé de 13 ans, observait la rencontre.

«Il ne joue pas dans mon club parce qu'il est réservé aux femmes, mais il est là pour me soutenir», a déclaré sa mère, tandis que le garçon souriait.

«Je suis fier de ma mère. Ce qu’elle fait est différent», a-t-il déclaré à Arab News.

Tout en encourageant les joueuses des Eastern Flames, Al-Butairi passait également son temps sur la ligne de touche à noter des commentaires dans un petit carnet qu'elle échangeait plus tard avec l'entraîneur.

Sa vraie joie, dit-elle, était de voir les joueuses exceller à la fois sur le terrain et en dehors de celui-ci. Elle ne se préoccupe pas de savoir si certaines d'entre elles vont continuer à pratiquer ce sport de manière professionnelle. Elle voulait plutôt s'assurer que tout le monde – spectateurs, entraîneurs, joueuses, joueuses potentielles et quiconque regarde sur son écran Snapchat – passait un bon moment.

«C'est là que réside la différence entre le football masculin et le football féminin», a-t-elle déclaré.

Le football féminin a pour priorité de donner à chacune une chance de jouer et il ne s'agit pas d'imposer des barrières ou de se concentrer sur le score final, mais plutôt de veiller à ce que chacune donne le meilleur d'elle-même, a-t-elle ajouté.

L'enthousiasme d'Al-Butairi était évident lorsqu'elle a bu de l'eau infusée à la noix de coco et qu'elle a félicité toutes celles qui l'entouraient, des joueuses des Eastern Flames à l'équipe adverse.

«J'adore tout ça. Le football est amusant», dit-elle en riant.

«Le club Eastern Flames a été créé en 2006, il y a donc 18 ans. Il est donc plus vieux que mes enfants. C'est mon troisième bébé», conclut-elle.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".