La diplomatie saoudienne condamne les «pratiques barbares» d'Israël à l'encontre de civils palestiniens «sans défense»

Le ministre saoudien des Affaires étrangères le prince Faisal bin Farhan Al-Saud, s'adresse à la 79e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, samedi 28 septembre 2024. (AP)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères le prince Faisal bin Farhan Al-Saud, s'adresse à la 79e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, samedi 28 septembre 2024. (AP)
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Publié le Mardi 01 octobre 2024

La diplomatie saoudienne condamne les «pratiques barbares» d'Israël à l'encontre de civils palestiniens «sans défense»

  • S'adressant à l'Assemblée générale des Nations unies, prince Fayçal demande que la Palestine devienne membre à part entière de l'Organisation
  • La priorité du Royaume est de«répondre aux besoins des générations futures, d'autonomiser les femmes et les jeunes et de construire des ponts avec le monde»

CHICAGO: Le ministre saoudien des Affaires étrangères a condamné samedi les "crimes" et les "pratiques barbares" d'Israël contre les "civils sans défense" dans la bande de Gaza, lors de son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies.

Le prince Fayçal ben Farhan a accusé Israël d'avoir créé une "véritable catastrophe humanitaire" qui "continue de s'aggraver".

Il a salué le récent avis consultatif de la Cour internationale de justice selon lequel l'occupation par Israël de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est est illégale au regard du droit international et du droit humanitaire.

Prince Fayçal a exhorté les Nations unies à reconnaître la Palestine comme membre à part entière: "Nous nous félicitons de l'adoption par l'Assemblée générale, le 10 mai 2024, d'une résolution stipulant que l'État de Palestine remplit toutes les conditions pour devenir un État membre à part entière de notre organisation, et nous saluons la décision de la Norvège, de l'Espagne, de l'Irlande, de la Slovénie et de l'Arménie, qui ont reconnu le pays frère qu'est la Palestine".

Il a ajouté: "Nous appelons les autres États à reconnaître bilatéralement l'État de Palestine et à agir ensemble pour reconnaître l'État de Palestine en tant qu'État indépendant".

Les actions d'Israël se poursuivent en dépit des efforts déployés par l'Arabie saoudite pour "mettre fin à l'effusion de sang, assurer un accès humanitaire sans entrave et réaliser les demandes légitimes du peuple palestinien", notamment celle d'un État indépendant ayant Jérusalem-Est pour capitale, a déclaré prince Fayçal.

"Nous rejetons catégoriquement tous les crimes perpétrés par Israël contre le peuple palestinien. Les crimes les plus récents commis contre des civils, des civils sans défense, ne sont qu'un chapitre de l'histoire des souffrances de ce peuple frère qui souffre depuis des décennies maintenant", a-t-il ajouté.

Les pratiques "barbares" d'Israël depuis l'année dernière ont "coûté la vie à des dizaines de milliers de civils palestiniens, en particulier des femmes et des enfants".

"Nous assistons à des bombardements, des meurtres et des destructions. Il s'agit d'une véritable catastrophe humanitaire qui ne cesse de s'aggraver. Il est nécessaire de mettre un terme à cette agression".

L'Arabie saoudite a fourni 5 milliards de dollars à la population de Gaza au cours de l'année écoulée et collabore avec différentes agences des Nations unies afin de réunir un total de 106 milliards de dollars pour la reconstruction et l'aide humanitaire, a déclaré prince Fayçal.

Le Royaume travaille avec les comités ministériels de l'ONU, la Norvège et l'UE pour parvenir à la paix entre Israéliens et Palestiniens sur la base de la solution des deux États, a-t-il ajouté.

L'Arabie saoudite déploie également ses efforts pour "lutter contre le financement du terrorisme" en coopérant avec des partenaires internationaux.

Le Royaume s'efforce d'apporter la paix dans la région en reprenant ses relations avec la Syrie, en s'efforçant de résoudre la crise au Yémen et en œuvrant pour la paix et la stabilité au Soudan, a déclaré prince Fayçal, ajoutant que son pays se préparait à accueillir le troisième cycle des pourparlers de paix soudanais à Djeddah.

L'Arabie saoudite a rétabli ses relations diplomatiques avec l'Iran "sur la base du respect de la souveraineté et de la non-ingérence dans les affaires intérieures, ainsi que du respect de la charte des Nations unies", a-t-il déclaré.

"Nous espérons que l'Iran coopérera avec la communauté internationale, notamment en ce qui concerne son programme nucléaire et son programme de missiles balistiques".

L'une des priorités de l'Arabie saoudite est de continuer à "répondre aux besoins des générations futures, d'autonomiser les femmes et les jeunes, et de construire des ponts avec le monde", a déclaré prince Fayçal, ajoutant que le Royaume s'attaque aux grands problèmes mondiaux tels que le changement climatique.

En septembre dernier, l'Arabie saoudite a créé une organisation internationale chargée de relever les défis liés aux ressources en eau.

Le Royaume, qui a été choisi pour accueillir l'Expo 2030, utilisera le forum "pour se concentrer sur les objectifs de développement durable (de l'ONU)", a déclaré prince Fayçal, ajoutant que l'événement est "une occasion de trouver des solutions politiques en matière de durabilité, et aussi d'honorer nos engagements envers les pays en développement".

Il a ajouté: "Nous espérons que les efforts déployés pour atteindre les objectifs de développement durable seront couronnés de succès: "Nous espérons que les efforts déployés nous permettront d'établir un principe commun dans le respect mutuel afin de construire un avenir meilleur pour l'ensemble de l'humanité".


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.