Les raids israéliens paralysent le travail des secouristes et deux hôpitaux et ferment un point de passage clé

De la poussière et de la fumée s'échappent du site d'une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Shayyah, le 2 octobre 2024. Au moins cinq frappes israéliennes ont touché la banlieue sud de Beyrouth tôt le 2 octobre, selon une source de sécurité libanaise. L'armée israélienne a déclaré qu'elle visait des sites du Hezbollah et a émis plusieurs ordres d'évacuation. (AFP)
De la poussière et de la fumée s'échappent du site d'une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Shayyah, le 2 octobre 2024. Au moins cinq frappes israéliennes ont touché la banlieue sud de Beyrouth tôt le 2 octobre, selon une source de sécurité libanaise. L'armée israélienne a déclaré qu'elle visait des sites du Hezbollah et a émis plusieurs ordres d'évacuation. (AFP)
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Publié le Samedi 05 octobre 2024

Les raids israéliens paralysent le travail des secouristes et deux hôpitaux et ferment un point de passage clé

  • Le ministre des transports a déclaré que le passage était soumis à l'autorité de l'État libanais
  • Des raids aériens israéliens nocturnes ont visé un responsable du Hezbollah, Hachem Safieddine, successeur présumé du leader assassiné Hassan Nasrallah

BEYROUTH : L'armée israélienne empêche le personnel paramédical, quelle que soit son affiliation, de mener des opérations de secours dans la banlieue sud de Beyrouth, ainsi qu'au Sud-Liban.

Le centre de la défense civile de l'État libanais, situé dans la zone de Hadath près de la banlieue sud de Beyrouth, a reçu un appel prétendument de l'armée israélienne jeudi soir l'avertissant de ne "déplacer aucun véhicule vers le site ciblé", à la suite d'une série de frappes aériennes menées dans la zone de Mrayjeh de la banlieue, bien qu'il ait reçu des appels de détresse pour des personnes disparues.

Vendredi matin, des photojournalistes qui tentaient de se rendre sur le site des frappes, qui ont secoué Beyrouth, le Mont-Liban et ont été entendues jusqu'à Sidon, ont été pris pour cible par un drone de combat israélien.

Le Hezbollah a déclaré dans un communiqué : "Un membre de la défense civile de l'Organisation islamique de la santé a été tué et plusieurs autres blessés alors qu'ils tentaient de déblayer les décombres sur le site de Mrayjeh, car ils ont été pris pour cible par une attaque de drone.

Le ciblage israélien s'est étendu au personnel paramédical et aux hôpitaux de la zone frontalière méridionale, ce qui a entraîné la mise hors service de deux hôpitaux.

Quatre ambulanciers du Hezbollah ont été tués lorsqu'ils ont été visés par une frappe de drone à l'entrée de l'hôpital gouvernemental de Marjayoun dans la matinée. L'administration de l'hôpital a décidé d'évacuer le personnel et d'interrompre le travail.

Une frappe aérienne israélienne a également visé un centre de santé dans la ville de Kherbet Selem, tuant deux ambulanciers et en blessant plusieurs autres.

L'hôpital Mays Al-Jabal a annoncé la suspension du travail "en raison des attaques israéliennes contre le personnel de l'hôpital, y compris l'utilisation de phosphore blanc internationalement interdit à proximité de l'hôpital, ainsi que des difficultés à obtenir du diesel, de l'électricité, de l'eau, de la nourriture, de l'accès pour le personnel médical et infirmier et des médicaments".

L'hôpital médical Sainte-Thérèse, dans la banlieue sud de Beyrouth, a annoncé qu'il avait été la cible de frappes aériennes israéliennes, causant de graves dommages au bâtiment, à l'équipement médical et aux salles d'opération. Il a lancé un appel à l'aide pour poursuivre ses activités.

L'armée israélienne a effectué plus de 12 frappes aériennes sur Mrayjeh. Selon les médias israéliens, elle a utilisé "des bombes perforantes et largué 73 tonnes d'explosifs pour tenter d'assassiner le chef du conseil exécutif du Hezbollah, Hachem Safieddine, successeur potentiel de l'ancien chef du parti, Hassan Nasrallah". L'attaque a été décrite comme "la plus importante depuis l'assassinat de Nasrallah il y a une semaine".

Plus de 15 heures après les frappes aériennes, le sort de Safieddine et de ceux qui le rencontraient "dans les abris les plus profonds", comme l'ont décrit les Israéliens, n'est toujours pas clair. Le Hezbollah n'a pas fait de déclaration officielle.

L'armée israélienne a déclaré : "Nous sommes toujours en train d'évaluer les dommages causés par les frappes aériennes qui ont visé le quartier général des services de renseignement du Hezbollah à Beyrouth.

La poursuite du Hezbollah par Israël s'est étendue vendredi matin à la coupure de l'artère principale qui relie le Liban à la Syrie.

Moins de 24 heures après qu'Israël eut averti le Liban de ne pas utiliser le poste frontière de Masnaa à des fins militaires pour le Hezbollah, des avions de guerre israéliens ont frappé le côté libanais du terrain au-delà du poste de police, créant un profond cratère qui a coupé la route dans les deux sens, interrompant complètement le trafic.

Des milliers de civils libanais et syriens ont fui en Syrie pour échapper à la guerre.

Selon des rapports de sécurité, l'armée israélienne a bombardé "un tunnel du Hezbollah à la frontière entre la Syrie et le Liban", mais l'information n'a été confirmée par aucune des deux parties.

Le ministre libanais des travaux publics, Ali Hamieh, a déclaré que le raid israélien "a atterri en territoire libanais, créant un cratère de quatre mètres de large".

Des journalistes de la Bekaa ont déclaré que "des avions de guerre ont lancé trois missiles".

Les personnes traversant la frontière, dont des femmes et des enfants, sont restées bloquées pendant des heures sur la route entre les deux points de passage, ce qui les a obligées à poursuivre leur voyage à pied.

L'armée israélienne avait déjà bombardé le poste frontière de Matraba entre la Syrie et le Liban à Hermel.

Il existe six points de passage légaux entre le Liban et la Syrie, ainsi que des dizaines de points de passage illégaux utilisés pour la contrebande et par le Hezbollah.

Les raids israéliens sur la banlieue sud de Beyrouth, le sud du Liban et le nord de la Bekaa se sont poursuivis vendredi, atteignant les marchés aux puces de Tarya et bloquant la route principale qui relie le village à ses quartiers.

Les raids ont également visé Hermel, les environs de l'université libanaise dans la banlieue sud de Beyrouth, et un entrepôt adjacent à l'aéroport de Beyrouth, sans affecter le trafic aérien.

L'armée israélienne a demandé vendredi aux habitants de plus de 20 villages du sud du Liban d'évacuer immédiatement et de se diriger vers le nord de la rivière Al-Awali.

Les avertissements ont créé un état de choc parmi les résidents, dont certains ont refusé d'évacuer et sont restés dans leurs maisons.

À Qlayaa, le père Pierre Al-Rahi, de l'église maronite Saint-Georges, a exhorté les habitants à "ne pas quitter le village malgré les menaces".

Il a déclaré : "Nous sommes des citoyens pacifiques : "Nous sommes des citoyens pacifiques et il n'y a pas de mouvements ou d'installations militaires dans notre région.

"Nous avons pris la décision finale de protéger notre village contre l'entrée d'armes et nous promettons de ne pas partir.

Rmeish, un village à majorité chrétienne situé à la frontière sud, a été soumis aux hostilités israéliennes pour la première fois.

Une cellule de crise a été mise en place à côté du port de Beyrouth pour fournir des abris aux personnes déplacées dans les régions de Keserwan et du Mont-Liban.

Le Hezbollah a annoncé avoir mené plusieurs opérations contre des postes militaires israéliens, dont "le bombardement de Krayot, au nord de Haïfa, par une salve de roquettes, et de la base d'Ilaniya".

Le groupe militant a également ciblé "des emplacements d'artillerie au sud de Kiryat Shmona, et un Merkava dans les environs de Malkia avec un missile guidé".

La radio de l'armée israélienne a rapporté qu'"environ 60 missiles ont été lancés du Liban vers Israël depuis le matin".

L'armée israélienne a publié des images de son incursion dans le village frontalier libanais de Kfarkila, où elle a trouvé "des dizaines d'armes laissées par le Hezbollah".

Le groupe militant a toutefois mis en doute l'authenticité de ces images.

Le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé à Beyrouth en mission diplomatique après avoir reçu une autorisation spéciale.

La semaine dernière, le Liban a interdit à un avion iranien d'atterrir en raison des menaces directes d'Israël sur la tour de contrôle du trafic aérien de Beyrouth.

M. Araghchi a tenu plusieurs réunions avec un certain nombre de responsables, affirmant que "l'Iran est aux côtés du Liban et du Hezbollah".

Il a ajouté : "Nous n'avons pas l'intention de poursuivre la guerre contre le Hezbollah : "Nous n'avons pas l'intention de poursuivre cette guerre si Israël ne décide pas de continuer les hostilités.

"Si les Israéliens prennent des mesures contre nous, nous répondrons, et notre réponse sera tout à fait appropriée et étudiée.

M. Araghchi a souligné que l'attaque iranienne contre Israël "était un acte d'autodéfense et une réponse aux attaques contre les intérêts iraniens", ajoutant que "nous n'avons frappé que des postes militaires et de sécurité".


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.