Une médecin saoudienne prononce un discours émouvant sur les soins de santé caritatifs au forum de Riyad

La Dr Selwa al-Hazzaa (au centre) s'est exprimée lors du  Creative Women Forum. (Photo AN/Jafar Saleh)
La Dr Selwa al-Hazzaa (au centre) s'est exprimée lors du  Creative Women Forum. (Photo AN/Jafar Saleh)
La Dr Selwa al-Hazzaa (au centre) s'est exprimée lors du  Creative Women Forum. (Photo AN/Jafar Saleh)
La Dr Selwa al-Hazzaa (au centre) s'est exprimée lors du  Creative Women Forum. (Photo AN/Jafar Saleh)
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Publié le Vendredi 11 octobre 2024

Une médecin saoudienne prononce un discours émouvant sur les soins de santé caritatifs au forum de Riyad

  • La Dr Al-Hazzaa a décidé de créer sa propre entreprise à la suite d'un incident tragique impliquant une personne diabétique devenue aveugle à cause d'un retard de traitement 
  • «Sortez de votre zone de confort, explorez. Le succès accompagne les défis», dit la Dr Al-Hazzaa

RIYAD: Une médecin saoudienne a raconté l'histoire inspirante de la création d'une startup qui fournit des examens oculaires gratuits, assistés par l'IA, aux communautés rurales du Royaume.

S'exprimant lors de la deuxième journée du Creative Women Forum à Riyad, la Dr Selwa al-Hazzaa, PDG de SDM, a déclaré qu'elle avait créé l'entreprise avec son fils, Naïf al-Obaidallah, aujourd'hui directeur général.

«Je n'ai pas encore vu d'entreprise où un fils est cofondateur avec sa mère», a déclaré la Dr Al-Hazzaa.

«Cela nous montre à quel point nous croyons en nos enfants et eux en nous.»

SDM, qui s'associe à des organisations à but non lucratif, utilise la technologie de l'IA pour effectuer une détection de masse des maladies chroniques à travers la rétine.

«Je veux démocratiser les soins de santé. Que vous soyez VIP ou concierge, vous devriez pouvoir bénéficier des mêmes soins de santé. C'est ce que fait l'IA. Nous allons les rendre bon marché, nous allons les rendre accessibles», a déclaré la Dr Al-Hazzaa.

«Nous avons déjà effectué plus de 25 000 examens gratuits. Nous ne faisons pas payer. Nous avons commencé avec le ministère de la Santé et nous sommes allés dans les régions pauvres, très peuplées et analphabètes. Aujourd'hui, je dirige 13 centres de bienfaisance où l'on suit les diabétiques.»

La Dr Al-Hazzaa était auparavant cheffe du service d'ophtalmologie de l'hôpital spécialisé du roi Faisal à Riyad, où elle a travaillé pendant 35 ans. Elle a décidé de créer sa propre entreprise à la suite d'un incident tragique impliquant une personne diabétique devenue aveugle à cause d'un retard de traitement dû à la bureaucratie de l'hôpital.

«Cela était très frustrant pour moi. Je voulais voir les patients au moment où ils venaient d'être diagnostiqués comme diabétiques», a-t-elle déclaré.

«C'est grâce à cette frustration que j'ai pu arriver là où je suis aujourd'hui, à la tête de l'une des plus grandes entreprises de technologie de la santé.»

La Dr Al-Hazzaa a dit au public de ne pas avoir peur de prendre des risques dans la vie.

«Je n'en reviens pas des risques et des défis que j'ai pris», a-t-elle déclaré. «Sortez de votre zone de confort, explorez. Le succès accompagne les défis.»

La Dr Al-Hazzaa était l'ophtalmologue personnelle de feu le roi Fahd et, en 2013, elle a fait partie de la première cohorte de femmes nommées au Conseil de la Choura, l'organe consultatif officiel du Royaume.

La marraine du Creative Women Forum, la princesse Noura bent Saoud, a parlé de la vision et du courage de la Dr Al-Hazzaa.

«Depuis le premier jour, la Dr Selwa a été une source d'inspiration pour moi, de par son parcours de pionnière et de leader dans ce qu'elle fait, sa passion et son courage, sa volonté d'améliorer la situation de son peuple, sa communauté et son pays. Elle accepte uniquement d’appliquer les meilleures solutions», a-t-elle déclaré à Arab News.

«Son courage de se lancer au sommet de sa carrière et de rejoindre le monde des startups, de le faire à son niveau et de voir comment la société le voit, je pense que c'est incroyable. Cela m'inspire dans ce que je fais pour le secteur de la culture et de la création – à savoir n’accepter que ce qu’il y a de meilleur.»

La princesse a souligné l'importance d'inviter d'éminentes dirigeantes telles que la Dr Al-Hazzaa pour faire part de leurs expériences et de leurs succès lors du forum.

«Il est très important pour nous de voir des exemples concrets de femmes saoudiennes qui réussissent à leur manière, dans leur propre domaine. Il y a tant de force dans tout cela et cela nous permet d'aller de l'avant.»

Monique Blokzyl, fondatrice et PDG de HeartPowered Business, qui aide les startups à se développer, a déclaré à propos du discours de la Dr Al-Hazzaa: «Je suis vraiment impressionnée. C'était incroyable. Cette femme est déjà une telle légende qu'elle s'est donné pour mission de démocratiser les solutions médicales et la guérison pour tous grâce au pouvoir de l'IA.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.