Le Hezbollah entre dans une nouvelle phase de la guerre alors que Netanyahou insiste sur le démantèlement de sa structure

De la fumée s'échappe du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village de Khiam, dans le sud du Liban, le 17 octobre 2024. (AFP)
De la fumée s'échappe du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village de Khiam, dans le sud du Liban, le 17 octobre 2024. (AFP)
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Publié le Vendredi 18 octobre 2024

Le Hezbollah entre dans une nouvelle phase de la guerre alors que Netanyahou insiste sur le démantèlement de sa structure

  • Un député libanais affirme que l'ennemi n'a pas réussi à prendre le contrôle d'un village ou à s'y installer
  • Il a ajouté que l'ennemi "planifie cette guerre depuis des années et a adopté une politique de terre brûlée le long des frontières, tentant de créer une zone tampon pour annexer la région au sud du Litani, ce que la résistance contrecarrera"

BEYROUTH : Le Hezbollah a confirmé qu'il n'a "aucune option au Liban, sauf les réalités imposées par ses membres sur le terrain, et que toute autre option est un pari sur une illusion."

Le député Hassan Fadlallah, membre du bloc parlementaire du Hezbollah, a déclaré lors d'une conférence de presse que "la guerre d'Israël contre le Hezbollah vise à éliminer la résistance, à la faire disparaître de la région et à soumettre le Liban".

Il a ajouté que l'ennemi "planifie cette guerre depuis des années et a adopté une politique de terre brûlée le long des frontières, tentant de créer une zone tampon pour annexer la région au sud du Litani, ce que la résistance contrecarrera".

M. Fadlallah a déclaré que le parti "est entré dans une nouvelle phase de résistance à l'agression. Nous opérons sur trois fronts, le premier étant celui du terrain, et jusqu'à présent, l'ennemi n'a pas réussi à prendre le contrôle d'un village ou à s'y installer. Le président du Parlement, Nabih Berri, et le Premier ministre, Najib Mikati, négocient avec des émissaires internationaux pour parvenir à un cessez-le-feu, et nous suivons de près cette question avec M. Berri".

M. Fadlallah a refusé de confirmer ou d'infirmer les informations circulant dans le sud selon lesquelles le Hezbollah aurait capturé des soldats israéliens. Il s'est contenté de dire : "Si un soldat israélien est capturé, la résistance l'annoncera dans ses déclarations.

Jeudi, les bruits des frappes aériennes et des tirs d'artillerie ont étouffé toute discussion diplomatique visant à ouvrir la voie à un cessez-le-feu.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réitéré son escalade en déclarant qu'Israël avait l'intention de "détruire toute la structure militaire du Hezbollah, qui s'est construite sur deux décennies", et que son objectif "au Liban est de ramener les habitants du nord dans leurs maisons et de démanteler la structure militaire du Hezbollah".

Jeudi, un porte-parole du ministère allemand de la Défense a déclaré à Reuters qu'"un navire de guerre allemand opérant dans le cadre de la mission de maintien de la paix de la FINUL a intercepté un drone au large des côtes libanaises".

Il a précisé que le drone était "tombé à l'eau" et n'avait causé aucun dommage au navire.

Le porte-parole a déclaré que "l'origine du drone abattu par le système de défense aérienne est inconnue", ajoutant que "le navire de guerre, connu sous le nom de Ludwigshafen am Rhein et déployé dans le cadre de la mission de maintien de la paix de l'ONU au Liban, poursuit ses activités".

Plusieurs positions de la FINUL, ainsi que la tour de guet du quartier général, ont fait l'objet d'hostilités israéliennes, au cours desquelles plusieurs soldats de la paix ont été blessés.

L'objectif de ces attaques était d'obliger les soldats de la paix de la FINUL à évacuer leurs positions dans la zone frontalière libanaise et à se réinstaller à 5 km au nord. Cependant, les Nations unies ont fermement rejeté la question et condamné les attaques.

Mercredi, les casques bleus de la FINUL en position près de Kafer Kela ont observé "un char Merkava israélien tirer sur leur tour de guet, détruisant deux caméras et endommageant la tour".

Dans un communiqué officiel, la FINUL a déclaré : "Une fois de plus, nous assistons à des tirs directs et apparemment délibérés sur une position de la FINUL.

Entre-temps, des menaces d'évacuation ont été envoyées jeudi aux Libanais se trouvant dans des bâtiments diplomatiques, médiatiques et résidentiels à Beyrouth, dans la Bekaa et dans le sud.

Les messages d'alerte ont été reçus par les employés d'un immeuble de Beyrouth abritant les bureaux de la chaîne d'information Al-Jazeera et de l'ambassade de Norvège, de l'hôtel Markazia Suites et des immeubles situés à proximité du Starco Center, qui comprend des ministères et des bureaux d'entreprises.

Des avertissements d'évacuation ont également été envoyés aux travailleurs de la rue principale Hamra, à côté du campus de l'Université américaine de Beyrouth, y compris l'hôtel Commodore, où les journalistes étrangers séjournent habituellement.

Un juge de la cour des comptes a reçu un message similaire.

Après l'enquête de l'armée sur la source des avertissements, il s'est avéré que les appels reçus sur les téléphones des personnes étaient "faux", selon une source de sécurité.

La source a estimé que "tout n'est que rumeurs, si ce n'est que les avertissements émis par le porte-parole de l'armée israélienne, Avichay Adraee, sur son compte de médias sociaux, qui incluent des cartes précisant les cibles, restent inexacts, en particulier les appels téléphoniques reçus par les citoyens, les fonctionnaires, les maires, les juges, les ambassades et les bureaux des médias".

Jeudi, M. Adraee a lancé une série d'avertissements urgents aux habitants du nord de la Bekaa pour qu'ils évacuent les lieux avant d'attaquer les zones ciblées moins d'une heure plus tard par des frappes aériennes.

Les avertissements d'Adraee incluaient des zones du sud, en particulier la région de Tyr.

Les frappes aériennes israéliennes se sont poursuivies dans la zone frontalière, en particulier dans les régions de Tyr, Nabatiyeh, Iqlim Al-Tuffah et Jezzine, atteignant le secteur oriental avec le bombardement de Shebaa. Les frappes aériennes se sont concentrées sur le nord de la région de la Bekaa, jusqu'à la frontière avec la Syrie.

Dans une série de déclarations, le Hezbollah a affirmé avoir repoussé les forces israéliennes sur les hauteurs de Labbouneh et sur les axes de Kfarkela et d'Odaisseh.

Adraee a affirmé qu'"un commandant de bataillon du Hezbollah, Hussein Mohammed Awada, a été éliminé dans la région de Bint Jbeil et qu'il était responsable du lancement d'obus en direction du territoire israélien".


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.