Des raids israéliens détruisent des quartiers entiers de Tyr

De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a ciblé le village d'Al-Haouch à la périphérie de la ville de Tyr, au sud du Liban, le 22 octobre 2024. (AFP)
De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a ciblé le village d'Al-Haouch à la périphérie de la ville de Tyr, au sud du Liban, le 22 octobre 2024. (AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 24 octobre 2024

Des raids israéliens détruisent des quartiers entiers de Tyr

  • Les raids ont détruit plusieurs quartiers, y compris des hôtels, des restaurants et des institutions commerciales
  •  Tyr accueille souvent les soldats de la paix de l'ONU lors de leur première pause après les déploiements le long de la région frontalière

BEYROUTH: Des raids israéliens intenses ont visé, mercredi, la ville côtière de Tyr, dans le sud du pays, à la suite d'ordres d'évacuation lancés par l'armée israélienne.

Bien que le nombre de personnes dans la ville ait diminué, la panique s'est emparée des résidents restants, les incitant à fuir.

Une demi-heure après les avertissements du porte-parole de l'armée israélienne, Avichay Adraee, la ville a été prise pour cible et des panaches de fumée noire ont envahi le ciel.

Les raids ont détruit plusieurs quartiers, y compris des hôtels, des restaurants et des institutions commerciales.

Tyr accueille souvent les soldats de la paix de l'ONU lors de leur première pause après les déploiements le long de la région frontalière.

Elle comprend de riches vestiges phéniciens, byzantins et romains inscrits sur la liste du patrimoine mondial en 1984.

Une partie de la ville comprend également Qana, Sarafand et les environs de Naqoura.

Maha al-Khalil Chalabi, cheffe de l'Association internationale pour la sauvegarde de Tyr, a qualifié ce qui se passait de «brutal».

Selon elle, les bombardements destructeurs israéliens assiègent Tyr et plus particulièrement la vieille ville.

L'Unesco a mis en garde contre la nécessité de prendre des mesures immédiates pour préserver Tyr et Baalbeck des dangers des bombardements et des destructions afin de protéger sa population.

L'armée israélienne affirme viser les infrastructures du Hezbollah, tout en envahissant plusieurs villages frontaliers pour les détruire au bulldozer après avoir bombardé des maisons et des installations.

Ces villages comprennent Aïta el-Chaab, notamment la vieille ville, ainsi que d'autres villages de Bint Jbeil, qui a fait l'objet de tirs d'artillerie.

Les raids israéliens ont également visé plus de 20 villages, dont Khiam, Taybé, Chakra, Aïnata, Sarbin, Mayfadoun, Habbouch, Maarakeh, Kfarsir, Aïchiyé, Jibchit, Harouf, Blat, Kfar Reman, Arab Salim et Yohmor Chkeif, tuant et blessant des dizaines de personnes.

L'un des habitants du sud ayant fui, et qui a souhaité garder l'anonymat, a déclaré que ce qu'il a vu «est un enfer noir que je n'ai jamais vu de ma vie» après être resté dans son village pendant 22 jours.

Il a ajouté: «Ils nous ont abandonnés à notre sort et nous ont laissés tomber. Si vous voyez l'ampleur de la destruction, vous n'en croirez pas vos yeux.»

Il a ajouté que «de nombreux membres du Hezbollah se rasent la barbe et fuient le pays vers l'Irak».

Le Hezbollah a annoncé l'exécution d'une série d'opérations militaires, dont certaines visaient «un rassemblement de soldats à la périphérie orientale de la ville libanaise de Taybé, ainsi que deux rassemblements sur le site de Misgav Am et aux abords de la ville libanaise de Rab el-Thalathine».

Les affrontements restent intenses au niveau du triangle Taybé-Rab el-Thalathine-Adaissé entre le Hezbollah et l'armée israélienne, visant à empêcher toute incursion en territoire libanais.

Dans la nuit de mardi à mercredi, des frappes aériennes israéliennes ont touché la banlieue sud de Beyrouth avec environ huit raids visant des immeubles résidentiels qui avaient été évacués dans les quartiers d'Al-Laylaki et de Haret Hreik, les environs du stade Al-Rayah, la mosquée Al-Qaim, le complexe Atwi à Al-Marija et Bourj al-Barajneh, ainsi qu'un immeuble situé en face de l'hôpital Bahmane, causant d'importants dégâts à l'hôpital.

L'armée israélienne a déclaré avoir intercepté mercredi «quatre drones qui tentaient de s'approcher de la frontière et détecté le lancement de 25 projectiles depuis le Liban en direction de la baie de Haïfa et de la Haute Galilée».

Les médias israéliens ont rapporté «l'interception d'un missile dans l'espace aérien au-dessus de la ville de Petah Tikva, située au nord-est de Tel-Aviv, ainsi que deux missiles dans l'espace aérien au-dessus de l'aéroport militaire de Ramat David dans la vallée de Jezreel, à l'est de Haïfa».

L'armée israélienne a annoncé que «22 soldats ont été blessés lors de combats dans le sud du Liban au cours des dernières 24 heures».

Le Hezbollah pleure le chef du conseil exécutif du parti, Hachem Safieddine, qui a été tué lors de raids israéliens visant des bâtiments à Al-Marija, dans la banlieue sud de Beyrouth, au début du mois d'octobre.

Les raids israéliens ont empêché toute tentative d'approcher le site visé pour récupérer son corps et confirmer sa mort.

Safieddine était le successeur probable du secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, qui a été tué par Israël lors de raids qui ont visé sa résidence souterraine à Haret Hreik le 27 septembre.

L'armée israélienne a annoncé mardi soir «l'élimination de Safieddine» après avoir reçu des informations à Beyrouth sur la récupération de son corps et des corps d'une vingtaine de dirigeants.

Le conflit entre Israël et le Hezbollah semble loin d'être résolu, malgré les efforts diplomatiques, et est entré dans une phase d'usure.

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, qui est arrivée à Beyrouth, a déclaré: «Israël a considérablement affaibli le Hezbollah et la tâche actuelle consiste à trouver une solution diplomatique efficace.»

Le député Ibrahim Mneimneh a prédit que le conflit serait long.

«Israël a confirmé qu'il ne cesserait pas ses opérations contre le Liban tant qu'il n'aurait pas complètement démantelé les capacités militaires du Hezbollah, désarmé le groupe et renvoyé les habitants du nord dans leurs colonies.»

«Inversement, le Hezbollah affirme qu'il continuera à résister à Israël jusqu'au dernier combattant.»

«Il est donc peu probable que les fronts de combat se calment dans un avenir proche, d'autant plus que l'administration américaine est préoccupée par les campagnes électorales pour la course à la présidence.»

Mneimneh a ajouté: «Cette situation s'accompagne de l'incapacité du gouvernement libanais à faire pression pour arrêter la guerre et le système dirigeant qui a conduit le pays à ce désastre reste déterminé à démanteler ce qui reste de l'État.»

«L'Iran s'avance pour négocier en notre nom, comme si ses interventions précédentes n'avaient pas déjà apporté la dévastation et la ruine à tout le Liban.»

Entretemps, une réunion s'est tenue mercredi entre les deux anciens présidents, Amine Gemayel et Michel Sleiman, et l'ancien Premier ministre, Fouad Siniora, dans la résidence de Gemayel à Bikfaya.

La réunion a fait l'éloge de la«position du Premier ministre Najib Mikati contre la tutelle et l'hégémonie iraniennes et son affirmation de la souveraineté de l'État libanais et de sa pleine maîtrise de sa libre décision».

Les participants ont déclaré que «les efforts devraient maintenant se concentrer sur le sauvetage du Liban sans délai pour arrêter le massacre horrible et ouvert du peuple libanais aux mains de l'agression israélienne, par un cessez-le-feu immédiat et la mise en œuvre de la résolution 1701 sous l'autorité exclusive de l'État de manière stricte et complète».

La réunion a appelé à soutenir le président du Parlement, le Premier ministre et les partis arabes dans ces efforts.

Le processus d'élection d'un président de la République devrait être libéré de toute condition préalable et le président élu devrait avoir la confiance du Parlement, ont-ils déclaré.

«Un gouvernement de salut national devrait être formé et les travaux devraient commencer à préparer et à mettre en œuvre un plan de construction de l'État qui garantisse la reprise économique sous toutes ses formes, y compris les efforts pour reconstruire ce que l'agression israélienne a détruit, en coopération avec des institutions et des nations amies», selon une déclaration publiée à l'issue de la réunion.

Les participants ont souligné «la nécessité de rétablir l'autorité de l'État sur tous les territoires libanais, conformément aux résolutions légitimes internationales et arabes».

Ils ont également insisté sur «l'adoption et la mise en œuvre d'un plan de réforme financière, économique, administrative et institutionnelle dans le pays».

Siniora a déclaré: «Dès le lendemain de la guerre de juillet 2006, Israël et le Hezbollah n'ont pas appliqué la résolution 1701. Il est vrai que l'État a envoyé un grand nombre de militaires dans le sud, mais à l'époque, nous avons constaté un certain laxisme dans la mise en œuvre de cette résolution.»

Pendant ce temps, le 11e avion de secours du pont aérien saoudien, opéré par le Centre d'aide humanitaire et de secours du roi Salmane, est arrivé à l'aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, transportant de la nourriture, des tentes et de l'aide médicale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Short Url
  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Short Url
  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Short Url
  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.