Le bourg fortifié d'al-Natah, modèle d'"urbanisation lente" en Arabie à l'âge du Bronze

Cette photo prise le 12 décembre 2022 montre une vue aérienne d'un ancien fort dans l'oasis de Khaybar, au nord-ouest de l'Arabie saoudite. (AFP)
Cette photo prise le 12 décembre 2022 montre une vue aérienne d'un ancien fort dans l'oasis de Khaybar, au nord-ouest de l'Arabie saoudite. (AFP)
Khaybar, connue pour la bataille féroce qui opposa au VIIe siècle le prophète Mohamed à des tribus juives locales, est en train de se remodeler pour devenir une attraction touristique haut de gamme, conformément aux efforts de rebranding du royaume (AFP).
Khaybar, connue pour la bataille féroce qui opposa au VIIe siècle le prophète Mohamed à des tribus juives locales, est en train de se remodeler pour devenir une attraction touristique haut de gamme, conformément aux efforts de rebranding du royaume (AFP).
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Publié le Jeudi 31 octobre 2024

Le bourg fortifié d'al-Natah, modèle d'"urbanisation lente" en Arabie à l'âge du Bronze

  • La découverte du bourg fortifié d'al-Natah, une première dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, dévoile un mode d'"urbanisation lente" à l'époque de l'âge du Bronze, il y a plus de quatre mille ans
  • Dans le décor de sable et de basalte noir du désert du Hedjaz, l'oasis de Khaybar a gardé "cachée" la trace d'al-Natah des millénaires durant

PARIS: La découverte du bourg fortifié d'al-Natah, une première dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, dévoile un mode d'"urbanisation lente" à l'époque de l'âge du Bronze, il y a plus de quatre mille ans.

Dans le décor de sable et de basalte noir du désert du Hedjaz, l'oasis de Khaybar a gardé "cachée" la trace d'al-Natah des millénaires durant. Jusqu'à la découverte des restes d'un rempart de 14,5 km de long, décrite au début de l'année dans une étude signée par l'archéologue Guillaume Charloux.

Qui apporte cette fois, avec une équipe franco-saoudienne, la "preuve que les remparts sont organisés autour d'un habitat", explique à l'AFP l'ingénieur de recherche du CNRS au Laboratoire Orient Méditerranée.

Un gros village, atteignant jusqu'à peut-être 500 habitants et occupé sur plusieurs périodes, établi vers 2.400 ans avant notre ère, et abandonné "sans que l'on sache pourquoi", environ mille ans plus tard.

Quand le bourg d'al-Natah voit le jour, Sumer, région et berceau de la civilisation mésopotamienne, dans l'actuel Irak, existe déjà depuis mille ans.

Les cités du Levant, bordant la Méditerranée des actuelles Syrie jusqu'à la Jordanie, sont florissantes dans ces premiers temps de l'âge du Bronze.

Terra incognita des archéologues jusqu'il y a seulement 20 ans, le nord-ouest de l'Arabie est vu à cette époque comme une zone désertique, ponctuée de sites funéraires et traversée de groupes nomades pastoraux.

Il y a 15 ans, dans l'oasis de Tayma, les archéologues identifient un rempart datant de l'âge du Bronze. Après cette "première découverte essentielle", selon M. Charloux, celle d'al-Natah apporte celle d'un premier village de l'époque.

Planté dans une partie hyper aride du désert du Hedjaz, son décor de roches noires volcaniques cache bien ses restes, sous des empilements de basalte. Si bien qu'il a "protégé le site des fouilles illégales", selon M. Charloux. Quant à un novice, "il ne verrait rien".

A moins, comme l'on fait les archéologues, d'observer le site depuis les airs pour deviner le tracé des allées séparant les fondations des maisons. Avant de procéder à des fouilles sur plusieurs saisons pour les mesurer.

Ce travail qui "reste préliminaire en termes de compréhension de l'occupation du site", selon l'archéologue, révèle des sous-bassements de pierres noires "assez puissants pour soutenir sans difficulté un ou deux étages" au moins d'habitations faites vraisemblablement de briques crues.

- Une "urbanisation lente" -

L'étude, parue dans la revue PLOS One de la librairie des sciences américaines, dessine un bourg juché sur un promontoire et doté de sa propre muraille. Avec une zone résidentielle d'une cinquantaine de maisons, une autre partie dont le rôle n'est pas tout à fait compris, et enfin une nécropole.

Les tombes elles-mêmes recèlent pour certaines des objets de prestige, armes de métal et pierres semi-précieuses, trahissant un ordre social qui se complexifie vers -2.000 ans avant notre ère.

En même temps, les nombreux restes de poterie identifiés dans le sol des habitations suggèrent "une société relativement égalitariste", selon l'étude, avec "une céramique très jolie mais très simple", ajoute Guillaume Charloux.

Quant aux remparts, qui pouvaient atteindre cinq mètres de haut, ils délimitent non seulement une zone de vie mais aussi de propriété et de pouvoir. Autant d'éléments pointant vers l'existence d'une sorte d'autorité locale.

Le tout change le regard sur une région encore largement inexplorée, en donnant à voir un modèle d'"urbanisation lente". Avec peut-être des oasis fortifiées connectées les unes aux autres, dans un environnement largement dominé par des groupes nomades pastoraux et intégré à un réseau d'échanges qui supportera plus tard la route de l'encens.

Certes, la petite taille de la population d'al-Natah en aurait fait un modeste village en Mésopotamie ou Egypte de l'époque. Bien éloigné du modèle de la cité-Etat, comme le sera plus tard Babylone.

Mais dans cet environnement hyper aride, elle incarne "un autre chemin d'urbanisation, plus modeste, beaucoup plus lent, et tout à fait spécifique au nord-ouest de l'Arabie saoudite", conclut l'archéologue.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".