L'Allemagne ferme les consulats iraniens après l'exécution d'un dissident

Des policiers allemands montent la garde devant le consulat général de la République islamique d'Iran à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, le 31 octobre 2024, après que le ministre allemand des Affaires étrangères a annoncé la fermeture des trois consulats iraniens sur son sol en réponse à l'exécution de l'Iranien d'origine allemande Jamshid Sharmahd. (AFP)
Des policiers allemands montent la garde devant le consulat général de la République islamique d'Iran à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, le 31 octobre 2024, après que le ministre allemand des Affaires étrangères a annoncé la fermeture des trois consulats iraniens sur son sol en réponse à l'exécution de l'Iranien d'origine allemande Jamshid Sharmahd. (AFP)
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Publié le Vendredi 01 novembre 2024

L'Allemagne ferme les consulats iraniens après l'exécution d'un dissident

  • L'Allemagne a annoncé jeudi avoir décidé la fermeture des trois consulats iraniens sur son sol en réaction à l'exécution par Téhéran d'un dissident iranien naturalisé allemand
  • Le ministère iranien des Affaires étrangères a réagi jeudi soir, dénonçant une "décision irrationnelle" qui "ne peut être justifiée"

BERLIN: L'Allemagne a annoncé jeudi avoir décidé la fermeture des trois consulats iraniens sur son sol en réaction à l'exécution par Téhéran d'un dissident iranien naturalisé allemand, une décision à son tour dénoncée par l'Iran.

La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock a "décidé de fermer les trois consulats généraux iraniens à Francfort-sur-le-Main, Munich et Hambourg" après l'"assassinat" de Jamshid Sharmahd par "un régime dictatorial et inique", a-t-elle dit depuis New York, dans une allocution retransmise à la télévision.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a réagi jeudi soir, dénonçant une "décision irrationnelle" qui "ne peut être justifiée" et dit avoir convoqué le chargé d'affaires pour lui transmettre la "vive protestation" de l'Iran.

L'ambassadeur d'Allemagne à Téhéran, Markus Potzel, avait déjà été rappelé à Berlin pour consultations.

Ces fermetures vont affecter 32 agents consulaires employés sur les sites, selon le ministère allemand des Affaires étrangères.

Cette décision va "priver les Iraniens des services et facilités consulaires", a déploré Téhéran.

L'Allemagne maintient en revanche son ambassade à Téhéran et ses "canaux diplomatiques" avec l'Iran, et ce notamment pour défendre les "autres Allemands" que le "régime détient injustement", a précisé Mme Baerbock.

Le régime iranien était "plus que conscient de l'importance (...) des cas de détention allemands", a estimé la ministre, qui rappelle que Berlin a "régulièrement et clairement fait savoir à Téhéran que l'exécution d'un ressortissant allemand aurait de graves conséquences".

"Le fait que l'assassinat" de M. Sharmahd se produise en même temps que les "derniers développements au Proche-Orient montre qu'un régime dictatorial et inique comme celui des mollahs ne fonctionne pas selon la logique diplomatique normale", a encore souligné la cheffe de la diplomatie.

- "Position interventionniste" -

Israël est engagé dans un conflit avec l'Iran et ses relais régionaux depuis le début de la guerre à Gaza contre le Hamas le 7 octobre 2023. Outre le Hamas, il affronte le Hezbollah libanais à sa frontière nord.

Jamshid Sharmahd, 69 ans, a été exécuté lundi, après avoir passé plusieurs années en prison pour son implication présumée dans un attentat contre une mosquée à Chiraz (sud) en avril 2008.

Iranien naturalisé allemand, l'opposant accusé de diriger un mouvement de la mouvance monarchiste avait été arrêté par les autorités iraniennes en 2020 alors qu'il transitait par les Emirats arabes unis.

Le chancelier Olaf Scholz a qualifié cette exécution de "scandale". Le chargé d'affaires iranien en Allemagne, principal diplomate de Téhéran en l'absence depuis juillet d'un ambassadeur, a été convoqué dans les heures suivant cette annonce.

Dans le même temps, l'ambassadeur allemand à Téhéran a "protesté" auprès du ministère iranien des Affaires étrangères, avant d'être convoqué par ce dernier qui a fustigé "la position interventionniste de certains responsables allemands".

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a dénoncé les critiques de Berlin. "Aucun terroriste ne bénéficie de l'impunité en Iran. Même s'il est soutenu par l'Allemagne", a-t-il dit, s'adressant à Annalena Baerbock.

Berlin pousse aussi au niveau européen pour que Bruxelles impose des sanctions supplémentaires à l'Iran.

Mme Baerbock a rappelé jeudi qu'elle était favorable à ce que l'Union européenne classe le Corps des Gardiens de la révolution iraniens parmi les organisations terroristes.

La définition de nouvelles mesures doit être "discutée avec tous les Etats membres", a souligné mardi une porte-parole de la Commission. "La politique européenne en matière de sanctions est bien entendu décidée à l'unanimité", a fait écho mercredi un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.