Une rareté d'Alexandre Dumas, historien de l'art

Une photo prise le 21 août 2015 montre le titre d'une des œuvres de l'écrivain français Alexandre Dumas, "Le Comte de Monte-Cristo", gravé sur le mur de son atelier d'écriture, le château d'If, au Port-Marly, dans le centre-nord de la France. (AFP)
Une photo prise le 21 août 2015 montre le titre d'une des œuvres de l'écrivain français Alexandre Dumas, "Le Comte de Monte-Cristo", gravé sur le mur de son atelier d'écriture, le château d'If, au Port-Marly, dans le centre-nord de la France. (AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 20 novembre 2024

Une rareté d'Alexandre Dumas, historien de l'art

  • En librairie mercredi, l'œuvre tient dans un coffret en sept volumes réalisé par les éditions du Chêne: "La Galerie de Florence racontée par Alexandre Dumas"

PARIS: On connaissait Alexandre Dumas feuilletoniste, romancier, dramaturge. Il fut aussi historien de l'art, à sa manière très romanesque, dans un livre immense qu'il consacra à la peinture exposée à Florence, une rareté rééditée aujourd'hui.

En librairie mercredi, l'œuvre tient dans un coffret en sept volumes réalisé par les éditions du Chêne: "La Galerie de Florence racontée par Alexandre Dumas".

Dans ce grand centre de l'histoire mondiale de l'art qu'est la ville italienne, la Galerie des Offices regorge de chefs-d'œuvre de la Renaissance. La collection des Médicis, à compter du XVIe siècle, a été enrichie au fil des siècles.

Dumas arrive en juin 1840 dans cette cité qu'il connaît bien, avec sa femme Ida. Il a 37 ans, quelques succès au théâtre, mais beaucoup d'ennuis: dettes, désamour de la critique, ennemis politiques.

"Il est dans une situation financière difficile à Paris. Et la vie à Florence coûte moins cher. Il est déjà célèbre en Italie: son théâtre a été joué, il écrit des articles, des récits de voyage", explique à l'AFP l'un des co-auteurs de ce coffret, Jocelyn Fiorina.

L'autre autrice est l'Italienne Cristina Farnetti, qui a redécouvert et qui commente ce trésor.

- Prolifique -

Dumas saute sur la bonne occasion: une commande pour rédiger en français un ouvrage à la gloire de ce musée, vendu par souscription à de riches bibliophiles ou des institutions. Le projet a été lancé sans lui. Il s'y greffe.

Si la paie est bonne, c'est une entreprise monstre. Resté connu comme un bourreau de travail, Dumas, en trois ans environ, va se montrer prolifique. Il n'a pas le choix et il se bâtit une belle culture.

"On retrouve cette générosité d'Alexandre Dumas, qui donne à ses lecteurs beaucoup à lire. C'est un véritable monument, qui va lui servir pendant tout le reste de sa carrière", selon l'éditeur.

Il glissera, par exemple, dans "Le Comte de Monte-Cristo", roman dont l'adaptation cinématographique a été l'un des succès de 2024: "Vampa, sous cet habit, ressemblait à une peinture de Léopold Robert ou de Schnetz".

Son "Histoire des Médicis" (déjà rééditée en 2012 par la Librairie Vuibert) est le livre 1. Son "Histoire de la peinture", reliant art antique et Renaissance, le livre 2. Le livre 3 est un pavé, plus de 500 pages dans cette réédition: "Histoire des peintres", où il retrace la biographie, avec dialogues romancés si nécessaire, de plus d'une vingtaine de légendes comme Michel-Ange, Raphaël, Dürer ou Rubens.

- Patience et argent -

Au chapitre Léonard de Vinci, on lit que Francesco Del Giocondo lui paya 45.000 francs le portrait de sa femme, Mona Lisa, œuvre connue sous le nom de "La Joconde". Dumas avance: "Léonard de Vinci avait travaillé quatre ans à ce portrait et le regarda toujours comme inachevé".

Les livres 4 à 7 offrent des gravures qui permettent de visiter la Galerie depuis sa bibliothèque. Dumas, ici, commente. Les éditions du Chêne ont mis ces gravures en regard de photos en couleur des mêmes tableaux.

La somme ainsi obtenue impressionne. Mais avant de la tenir entre ses mains, achevée, il fallait une bonne dose de patience et d'argent. La souscription s'étala sur une vingtaine d'années, pour réceptionner chaque mois de nouvelles pages de textes et de gravures, dans le désordre, à faire relier soi-même tout à la fin.

L'Académie française conserve un exemplaire dans sa bibliothèque. Il a été numérisé avec soin, pour un coffret à 149 euros, prix réduit drastiquement par rapport à celui des années 1840.

Une fois sa tâche acquittée, Dumas se réinstalle à Paris, où la mode est au roman-feuilleton dans la presse. Il a l'idée d'une saga historique sous Louis XIII, avec trois ou quatre mousquetaires.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".