Les progrès des droits de l'homme en Arabie saoudite sont « irréversibles »

Olof Skoog, représentant spécial de l'UE (RSUE) pour les droits de l'homme. (Photo AN de Jaafer Alsaleh)
Olof Skoog, représentant spécial de l'UE (RSUE) pour les droits de l'homme. (Photo AN de Jaafer Alsaleh)
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Publié le Jeudi 30 janvier 2025

Les progrès des droits de l'homme en Arabie saoudite sont « irréversibles »

  • Le Royaume se modernise rapidement », déclare Olof Skoog à Arab News.
  • J'ai été très impressionné par les changements en faveur des femmes en particulier ».

RIYADH : Une grande partie des progrès de l'Arabie saoudite sont « irréversibles » en raison de sa popularité auprès des jeunes, a déclaré à Arab News un émissaire de l'UE chargé des droits de l'homme.

Olof Skoog, représentant spécial de l'UE pour les droits de l'homme, s'est entretenu avec Arab News pour discuter des progrès réalisés par le Royaume, avant le 4e dialogue UE-KSA sur les droits de l'homme qui a eu lieu à Riyad mardi.

En ce qui concerne les changements intervenus ces dernières années, Mme Skoog a déclaré : « Je les considère comme de véritables réformes. La population de l'Arabie saoudite est très jeune. Le pays se modernise rapidement, d'une certaine manière, il est plus à l'écoute de ce qui se passe dans le monde, et les jeunes sont très sensibles à cette évolution ».

« C'est pourquoi je pense qu'une grande partie de ce qui se passe ici est irréversible, d'une certaine manière, parce que la prochaine génération va exiger le maintien de ces droits, au moins pour les filles et les femmes.

« Plus vous verrez les femmes prendre une part importante dans l'ensemble de la main-d'œuvre ici, des avocats aux médecins en passant par les juges et les politiciens, plus je pense que ce sera une source d'inspiration irréversible pour la prochaine génération.

S'exprimant sur les progrès réalisés par l'Arabie saoudite en matière de droits des femmes, Mme Skoog a ajouté : « J'ai été très impressionnée par les changements intervenus en faveur des femmes en particulier.

« En très peu de temps, beaucoup de choses se sont produites pour l'émancipation des femmes, y compris sur le marché du travail. Nous nous en réjouissons. Et j'aimerais encourager d'autres mesures en faveur de l'égalité en Arabie saoudite », a-t-il déclaré.

Dans le cadre de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite, les droits des femmes ont connu des avancées significatives, à commencer par la levée en 2018 de l'interdiction de conduire.

Ces réformes se sont étendues à une participation accrue à la main-d'œuvre, à des initiatives visant à renforcer l'autonomie des femmes sur le marché du travail, à des protections juridiques et sociales plus importantes, à des rôles de leadership accrus au sein du gouvernement et des entreprises, à la participation à la sécurité et au service militaire, et à l'autonomie en matière de voyages et de décisions personnelles.

M. Skoog a également évoqué l'importance de relever les défis qui subsistent tant en Arabie saoudite que dans l'UE.

Il a déclaré que l'Arabie saoudite avait encore des progrès à faire par rapport aux sociétés européennes, mais il a également reconnu les lacunes communes aux deux régions : « Malheureusement, dans toutes les sociétés, y compris en Europe, il y a des difficultés lorsqu'il s'agit de violence basée sur le genre, par exemple, et nous essayons de mobiliser une législation et des campagnes fortes contre cela.

Une partie du rôle de l'UE dans le monde consiste à promouvoir les organisations de la société civile, à s'engager avec elles et à créer un espace bien équilibré pour qu'elles puissent partager leurs préoccupations.

Alors que la question délicate des droits de l'homme semble être un défi à relever tout en promouvant des liens diplomatiques et politiques forts, M. Skoog assure qu'il n'y a pas lieu de le faire.

« Je pense que l'Arabie saoudite est en train de montrer, dans le cadre de son programme de réformes, que toute autorité, tout gouvernement et tout dirigeant doit être très attentif aux intérêts, aux droits et aux aspirations de sa population », a-t-il déclaré.

« C'est une question de droits de l'homme. Il s'agit de construire un contrat solide entre la population et le gouvernement, ou entre le gouvernement et la population.

« Il s'agit de droits politiques, de droits civiques, mais aussi de droits économiques, sociaux et culturels, qui vont tous ensemble.

Le représentant spécial a déclaré que l'accueil par l'Arabie saoudite de la Coupe du monde de la FIFA 2034 attirera l'attention du monde entier sur la législation du travail du pays, comme ce fut le cas pour le Qatar lorsqu'il a accueilli l'événement en 2022.

« Je pense que la Coupe du monde va attirer l'attention du monde extérieur, et encore plus celle des Saoudiens, vous savez, l'industrie de la construction et tout ce qui va se passer ici », a-t-il déclaré.

Un nouveau domaine sur lequel les deux entités travaillent d'arrache-pied est de veiller à ce que le secteur privé respecte les obligations internationales en matière de promotion de la dignité et des droits de l'homme dans sa main-d'œuvre, ses chaînes d'approvisionnement, sa présence numérique et ses pratiques durables.

L'UE s'efforce de faire en sorte que, si nous constatons que le secteur privé n'est pas en mesure de s'engager volontairement à respecter certains codes de conduite ou règles que nous avons établis, des ensembles de règlements qui les lient... ».

« Les entreprises du secteur privé qui veulent faire des affaires en Europe doivent montrer qu'elles sont responsables et durables dans leurs chaînes d'approvisionnement », a-t-il déclaré.

Bien que l'UE fournisse un certain nombre d'orientations sur les normes internationales de conduite en matière de droits de l'homme, la collaboration est, en fin de compte, une voie à double sens.

Le représentant a évoqué l'importance d'un dialogue interrégional constructif, y compris la critique de l'UE elle-même.

« Au fil des ans, l'UE a subi de fortes pressions migratoires, comme beaucoup d'autres, en particulier après 2015, avec ce qui s'est passé en Syrie. Je pense que cela a également mis à l'épreuve l'engagement de l'UE envers les obligations internationales en matière d'asile et ce genre de choses », a déclaré M. Skoog.

« Nous avons aussi la xénophobie, le racisme, ou l'antisémitisme, ou les expressions anti-musulmanes dans nos sociétés qui doivent être traitées », a-t-il ajouté.

« Aucune société n'est à l'abri des défis et il faut essayer de trouver le bon équilibre entre la liberté d'expression, mais pas d'une manière qui apporte la haine ou incite à la violence.

 

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.