Les autorités allemandes s'expriment après l'attaque de Magdebourg

Des débris et des stands fermés sont visibles sur le site d'un attentat à la voiture piégée contre un marché de Noël à Magdebourg, dans l'est de l'Allemagne, le 21 décembre 2024. (Photo AFP)
Des débris et des stands fermés sont visibles sur le site d'un attentat à la voiture piégée contre un marché de Noël à Magdebourg, dans l'est de l'Allemagne, le 21 décembre 2024. (Photo AFP)
Short Url
Publié le Lundi 30 décembre 2024

Les autorités allemandes s'expriment après l'attaque de Magdebourg

  • le gouvernement allemand et les responsables des forces de sécurité ont commencé lundi à se soumettre à un interrogatoire serré.
  • Nancy Faeser, la ministre de l'Intérieur au centre de la polémique, doit s'exprimer dans l'après-midi à l'issue d'une audition devant les députés qui réclament des comptes.

BERLIN : À la suite d'une controverse sur de possibles défaillances lors de l'attaque mortelle à la voiture bélier du marché de Noël de Magdebourg, le gouvernement allemand et les responsables des forces de sécurité ont commencé lundi à se soumettre à un interrogatoire serré.

Nancy Faeser, la ministre de l'Intérieur au centre de la polémique, doit s'exprimer dans l'après-midi à l'issue d'une audition devant les députés qui réclament des comptes.

Le drame, qui a fait cinq morts et plus de 200 blessés le 20 décembre, aurait-il pu être évité ? « J'aimerais le savoir aussi », a déclaré par avance le chancelier Olaf Scholz vendredi, lors d'un entretien avec le site t-online.

En campagne pour sa réélection à deux mois des législatives anticipées, le chef du gouvernement social-démocrate a promis de faire la lumière sur d'éventuels « manquements de la part des autorités de Saxe-Anhalt », la région de Magdebourg, « ou au niveau fédéral ».

« Cet acte horrible m'occupe l'esprit sans discontinuer », a ajouté Olaf Scholz, en reconnaissant que les autorités ont bénéficié « au fil des ans » de nombreux « indices » sur un possible passage à l'acte du suspect saoudien Taleb Jawad al-Abdulmohsen.

Depuis dix jours, l'Allemagne s'interroge sur les raisons qui ont poussé ce médecin de 50 ans, venu en Allemagne en 2006, à faucher la foule du marché de Noël à bord d'un puissant véhicule BMW lancé à toute allure.

Personnalité difficile à cerner, le psychiatre de formation a exprimé des opinions hostiles à l'islam, de la colère contre les fonctionnaires allemands de l'immigration et son soutien aux récits conspirationnistes d'extrême droite sur une « islamisation » de l'Europe.

Selon la justice, l'homme, actuellement en détention provisoire, semble avoir agi pour dénoncer le manque de soutien des autorités allemandes chargées de l'asile aux réfugiés saoudiens ayant rompu avec leur pays et la religion musulmane.

- Huis clos -

Lundi, en milieu de journée, ont commencé à répondre aux questions d'une commission parlementaire la ministre fédérale de l'Intérieur, sa collègue de Saxe-Anhalt, des responsables des autorités et les chefs des services secrets.

Cette audition se déroule à huis clos et doit durer deux heures.

Les médias allemands ont révélé d'innombrables publications du suspect sur les réseaux sociaux, proférant notamment des menaces de violence contre les citoyens et les hommes politiques allemands.

Il avait déjà été condamné à une amende à Rostock, dans le nord-est de l'Allemagne, en 2013 pour « troubles à l'ordre public » et « menaces de commettre des crimes ». Il menaçait déjà à l'époque de commettre un attentat.

Plus récemment, l'Arabie saoudite a demandé à Berlin son extradition, après avoir averti à plusieurs reprises qu'il « pourrait être dangereux », a indiqué à l'AFP une source proche du gouvernement à Ryad.

La police allemande avait jugé l'an dernier qu'il ne présentait pas de « danger particulier » après avoir évalué le risque.

- Deux entretiens -

Elle a mené avec lui un premier entretien fin septembre 2023 dans un commissariat, un deuxième début octobre 2024 sur son lieu de travail.

Sur le plan politique l'attaque a replacé les questions de l'immigration et de la sécurité au cœur de la campagne pour les législatives anticipées du 23 février.

Taleb Jawad al-Abdulmohsen disposait du statut de réfugié et bénéficiait ainsi de la protection de son pays d'accueil.

Lors d'une manifestation à Magdebourg, le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) a exigé de "fermer les frontières" face aux "fous furieux venus de tous les pays".

"Nous tolérons en Allemagne trop de gens qui ne veulent pas s'intégrer", a aussi affirmé vendredi le conservateur Friedrich Merz, grand favori des sondages pour devenir le futur chancelier.

Il préconise de faciliter les expulsions "même en dessous du seuil des infractions pénales établies".

Olaf Scholz a de son côté rappelé que l'opposition de droite avait bloqué en octobre une partie du projet de loi durcissant la politique migratoire du pays, qui prévoyait des pouvoirs d'enquête supplémentaires aux forces de l'ordre.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.