Macron appelle l'Ukraine à entamer des « discussions réalistes » sur son territoire

Le président français Emmanuel Macron prononce son discours devant les ambassadeurs français en poste dans le monde, lundi 6 janvier 2025 au palais de l'Élysée à Paris. (REUTERS)
Le président français Emmanuel Macron prononce son discours devant les ambassadeurs français en poste dans le monde, lundi 6 janvier 2025 au palais de l'Élysée à Paris. (REUTERS)
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Publié le Lundi 06 janvier 2025

Macron appelle l'Ukraine à entamer des « discussions réalistes » sur son territoire

  • « Les Ukrainiens doivent mener des discussions réalistes sur les questions territoriales et eux seuls peuvent les mener à bien », a déclaré M. Macron devant les ambassadeurs français réunis à l'Élysée.
  • Le chef de l'État a toutefois estimé que les Européens devront « construire des garanties de sécurité » pour l'Ukraine, soulignant que Washington devra les aider à « changer la nature de la situation.

PARIS : Le président français Emmanuel Macron a appelé lundi les Ukrainiens à « mener des discussions réalistes sur les questions territoriales » pour trouver un règlement au conflit provoqué par l'invasion russe en 2022, alors que la situation sur le champ de bataille est défavorable à Kiev.

Abordant tous les sujets diplomatiques avec la future administration américaine, il a également critiqué le PDG de X, le milliardaire Elon Musk, devenu conseiller de Donald Trump, l'accusant de soutenir « une nouvelle internationale réactionnaire » et d'ingérence dans les élections, notamment en Allemagne.

« Les Ukrainiens doivent mener des discussions réalistes sur les questions territoriales et eux seuls peuvent les mener à bien », a déclaré M. Macron devant les ambassadeurs français réunis à l'Élysée, prévenant qu'il n'y aurait « pas de solution rapide et facile ». La Russie s'est en effet emparée d'environ 20 % du territoire ukrainien et accélère sa progression dans l'est du pays ces derniers mois.

Le chef de l'État a toutefois estimé que les Européens devront « construire des garanties de sécurité » pour l'Ukraine, soulignant que Washington devra les aider à « changer la nature de la situation et convaincre la Russie de venir à la table des négociations ».

Les conjectures vont bon train depuis des semaines sur les conditions futures de négociations de paix, en raison du retour de Donald Trump à la Maison Blanche le 20 janvier. Le président américain a promis de mettre rapidement un terme à la guerre, sans toutefois préciser comment.

Kiev espère des décisions fortes, mais craint aussi une baisse du soutien américain, le président élu ayant critiqué à de nombreuses reprises les milliards de dollars fournis à Kiev.

Emmanuel Macron a insisté sur le fait qu'une « capitulation de l'Ukraine ne saurait être bonne pour les Européens et les Américains », jugeant que la « crédibilité » des Occidentaux serait « battue en brèche » s'ils acceptaient de « transiger » en raison d'une « fatigue » vis-à-vis du conflit.

- Iran, « principal défi » -

Devant les ambassadeurs, le président a fixé la feuille de route de la politique étrangère française pour 2025 et a désigné l'Iran comme « le principal défi stratégique et sécuritaire pour la France, les Européens, toute la région et bien au-delà ».

« L'accélération de son programme nucléaire nous amène tout près du point de rupture », a-t-il ajouté, avant de dénoncer l'implication de Téhéran « dans la guerre de la Russie contre l'Ukraine » et son « soutien aux groupes dangereux » au Moyen-Orient.

« L'Iran est un risque si nous les laissons hors du cadre », a-t-il déclaré, ajoutant que ce pays serait une priorité dans le dialogue avec le futur gouvernement Trump. Il a également prôné la signature d'un accord « exigeant » et élargi sur le nucléaire iranien, qui fait toujours l'objet de discussions entre Téhéran et les grandes puissances.

Concernant la Syrie, à la suite de la chute de Bachar al-Assad qui a fui début décembre après avoir dirigé son pays d'une main de fer pendant 20 ans, le chef de l'État français a appelé à « regarder sans naïveté le changement de régime » et a promis de ne pas abandonner les combattants kurdes, des alliés des Occidentaux dans la lutte contre le djihadisme.

La France accompagnera « dans la durée » la transition en faveur d'« une Syrie souveraine, libre et respectueuse de sa pluralité ethnique, politique et confessionnelle », a-t-il martelé.

Les premiers pas d'Ahmad al-Chareh, le chef du groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qui a conduit la coalition s'étant emparée de Damas, sont scrutés avec attention. Il a reçu vendredi les chefs de la diplomatie française et allemande, Jean-Noël Barrot et Annalena Baerbock, une rencontre inédite à ce niveau avec des responsables occidentaux.

- La Pologne est l'invitée d'honneur.

M. Barrot donnera pour sa part une conférence de presse lundi en fin de journée avec son homologue polonais Radoslaw Sikorski, l'invité d'honneur de cette 30^e édition de la conférence des ambassadeurs.

La Pologne, qui soutient fermement l'Ukraine voisine et sert d'axe logistique pour l'aide militaire occidentale, a pris la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne le 1^(er) janvier.

La conférence des ambassadeurs, un rendez-vous incontournable de la diplomatie française qui se déroule chaque année fin août-début septembre, n'avait pu avoir lieu en 2024 en raison des Jeux olympiques en France, suscitant des interrogations et ajoutant au malaise touchant le ministère des Affaires étrangères.

En 2022, une réforme prévoyant la suppression des deux corps historiques de la diplomatie française avait suscité un tollé en interne, les diplomates redoutant une perte de compétences, le troisième réseau mondial derrière ceux des États-Unis et de la Chine.

Le projet de budget 2025, qui n'a pas encore été adopté en raison de la crise politique en France, prévoit une baisse de 4,3 % pour l'action extérieure de l'État, qui s'élèverait ainsi à 3,3 milliards d'euros.

La part de l'aide au développement, également gérée par le ministère des Affaires étrangères, chute quant à elle de 23 %, à 2,4 milliards.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.