L’économie française en péril : 220 000 foyers menacés par la politique de Bruno Retailleau avec l’Algérie

Le président français Emmanuel Macron s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune alors qu'ils posent pour une photo de famille avec les chefs d'État du G7 et les chefs de délégation des pays d'outre-mer au Borgo Egnazia, lors du sommet du G7 organisé par l'Italie, à Savelletri, le 14 juin 2024. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune alors qu'ils posent pour une photo de famille avec les chefs d'État du G7 et les chefs de délégation des pays d'outre-mer au Borgo Egnazia, lors du sommet du G7 organisé par l'Italie, à Savelletri, le 14 juin 2024. (AFP)
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Publié le Lundi 13 janvier 2025

L’économie française en péril : 220 000 foyers menacés par la politique de Bruno Retailleau avec l’Algérie

  • Depuis 2022, l’Algérie a démontré qu’elle pouvait frapper fort sur le plan économique pour défendre ses intérêts diplomatiques.
  • L’Algérie n’est pas un partenaire ordinaire. Elle occupe une place essentielle dans l’économie française. Mais ce lien précieux pourrait se transformer en point de rupture si Paris continue de froisser Alger sur des dossiers sensibles.

RIYAD :Depuis 2022, l’Algérie a démontré qu’elle pouvait frapper fort sur le plan économique pour défendre ses intérêts diplomatiques. L’exemple espagnol est éloquent : les exportations vers Alger ont chuté de 90 % après le soutien de Madrid à la position marocaine concernant le Sahara occidental.

Si un scénario similaire frappait la France, les conséquences pourraient être dévastatrices. Une crise économique de grande ampleur, doublée d’un chaos social, n’est plus une hypothèse, mais une réalité imminente, alimentée en partie par l’attitude de certains responsables politiques français. 

Les actions récentes de Bruno Retailleau, contraires aux accords bilatéraux, ainsi que la démission du conseiller diplomatique et sherpa d’Emmanuel Macron, témoignent d'un amateurisme croissant dans la gestion de ce dossier hautement stratégique.

C'est pourquoi une détérioration des relations franco-algériennes pourrait coûter cher à la France, en particulier dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie et du commerce.

L’Algérie est un partenaire stratégique pour la France.

L’Algérie n’est pas un partenaire ordinaire. Elle occupe une place essentielle dans l’économie française. Mais ce lien précieux pourrait se transformer en point de rupture si Paris continue de froisser Alger sur des dossiers sensibles.

Alger joue en effet un rôle crucial dans l’approvisionnement énergétique de la France. Si le gouvernement algérien venait à suspendre ses livraisons de gaz, comme cela a été le cas avec l’Espagne, les répercussions seraient immédiates : une flambée des prix de l’énergie, déjà élevés, plongerait de nombreux ménages français dans des difficultés encore plus grandes, ravivant des tensions sociales similaires à celles des « gilets jaunes ».

Sur le plan industriel, TotalEnergies serait en première ligne des perdants, avec des pertes de contrats stratégiques qui limiteraient sa capacité à financer de nouveaux projets, notamment dans le domaine de la transition énergétique. La France risquerait ainsi de payer au prix fort l’effondrement de ses relations avec un acteur clé, mettant à mal sa sécurité énergétique et son influence régionale.

Comme l’a récemment rappelé Ségolène Royal, ancienne ministre de l’Environnement et fille d’un officier ayant combattu en Algérie : « Évitons l’arrogance par oubli de l’histoire. Construisons par le respect. C'est une fille d'officier ayant combattu en Algérie qui vous le dit, et qui a transmis le respect du courage des Algériens ainsi que l'absurdité des ordres sanglants émis par les politiques parisiens. » Cette prise de position lucide illustre la nécessité de dépasser les tensions héritées du passé pour préserver les intérêts stratégiques de la France.

Les propos de Ségolène Royal rejoignent ceux de l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui a récemment déclaré : « En France, il y a une tentation de faire de l’Algérie le bouc émissaire de certains de nos problèmes, notamment en matière d’immigration. L’Algérie n’a pas à en porter la responsabilité. » Ces voix s'élèvent pour appeler à une diplomatie fondée sur le respect mutuel, loin des provocations inutiles et contre-productives.

Cependant, cette attitude contraste avec l’approche défendue par certains responsables influents en coulisses. L’ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, aujourd’hui conseiller occulte de Bruno Retailleau, a théorisé à Paris un rapport de force qui tend à exacerber les tensions. Son rôle controversé, notamment dans la crise diplomatique actuelle, a été largement critiqué, y compris en Algérie. Le journal El Watan l’a accusé d’être lié à des malversations présumées impliquant les frères Kouninef, un scandale qui a contribué à alimenter les soupçons d’une politique française marquée par l’arrogance et l’opacité.

Face à ce mélange de tensions historiques et d’intérêts stratégiques, il devient urgent de repenser les relations bilatérales avec Alger en privilégiant une approche constructive, capable d’éviter une crise dont les conséquences seraient désastreuses pour les deux pays.

Des milliers d’emplois sont menacés.

Le marché algérien est vital pour plus de 450 entreprises françaises qui emploient directement 40 000 personnes. Une rupture des relations économiques pourrait menacer jusqu’à 126 000 emplois directs et indirects dans des secteurs tels que l’automobile (Renault), la construction (Vinci, Lafarge) et l’agroalimentaire (Danone). Derrière ces chiffres, ce sont 220 000 foyers qui pourraient basculer dans la précarité.

Dans un contexte de fragilité économique, une telle crise alimenterait l'explosion des inégalités sociales. Comme l’a souligné Catherine Tricot, directrice de la revue Regards : « Sur ce point, c’est bien la France qui a provoqué l’Algérie en maintenant une posture arrogante. » La France ferait bien de se calmer un tout petit peu et de reconsidérer ses relations avec le monde.

Les répercussions économiques ne s’arrêteraient pas là. BNP Paribas et Société Générale, deux des grandes institutions financières françaises, verraient leurs activités en Algérie sévèrement réduites. Ce recul stratégique représenterait un manque à gagner important et remettrait en question leur capacité à s’étendre dans une région riche en opportunités.

Un rôle clé dans la sécurité régionale

Au-delà de l’économie, l’Algérie est un partenaire incontournable dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Une détérioration des relations fragiliserait les efforts de stabilisation dans cette région stratégique. La France, déjà isolée sur le plan diplomatique, verrait les coûts humains et financiers de ses opérations militaires augmenter considérablement.

Un scénario de chaos économique et social se dessine.

Si la France venait à subir des sanctions économiques similaires à celles imposées à l’Espagne, les pertes seraient colossales : une réduction de 90 % des exportations françaises vers l’Algérie représenterait une perte annuelle de 3,6 milliards d’euros. Avec un effet multiplicateur, la contraction du PIB s'élèverait à 5,4 milliards d’euros.

Les répercussions sociales seraient tout aussi graves, avec une montée en flèche du chômage, une aggravation des inégalités et une multiplication des mouvements de contestation.

Un basculement vers d’autres partenaires

Pendant que la France risque de s’isoler, l’Algérie multiplie les partenariats économiques. La Chine, le Vietnam, la Turquie, le Japon, ainsi que l’Italie et le Royaume-Uni se positionnent déjà pour remplacer Paris. Si ce scénario se concrétise, la France perdrait l'accès privilégié à l’un des marchés les plus dynamiques d’Afrique du Nord et verrait son influence dans la région s’éroder.

Pour éviter le pire, une diplomatie lucide et pragmatique s'impose.

Pour désamorcer cette crise, la France doit adopter une diplomatie responsable et respectueuse. Cela implique de revoir ses positions diplomatiques sur des dossiers sensibles comme le Sahara occidental, d'adopter une posture équilibrée, de renforcer le dialogue avec Alger en se montrant à l’écoute des revendications légitimes de l’Algérie, et de construire une coopération économique solide qui bénéficie aux deux nations.

Comme l’a justement souligné Ségolène Royal, « il est temps que la France dépasse les postures de supériorité et reconnaisse le rôle fondamental de l’Algérie dans nos relations bilatérales. Il en va de notre crédibilité internationale ».

Une leçon à retenir 

L’exemple espagnol montre que la rupture avec l’Algérie n’est pas une hypothèse lointaine, mais une menace bien réelle. Pour la France, cela signifierait des pertes économiques massives, une déstabilisation sociale et un recul stratégique dans une région clé. 
La prudence et le pragmatisme sont les seuls moyens d'éviter ce scénario catastrophe. Dans un contexte international de plus en plus instable, il est essentiel de préserver des relations stratégiques avec l’Algérie.


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.