Le refus d’Israël de se retirer entièrement du Liban inquiète la région

Le président libanais Joseph Aoun serre la main du ministre koweïtien des Affaires étrangères Abdullah Ali Al-Yahya avant leur rencontre au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 24 janvier 2025. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun serre la main du ministre koweïtien des Affaires étrangères Abdullah Ali Al-Yahya avant leur rencontre au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 24 janvier 2025. (AFP)
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Publié le Samedi 25 janvier 2025

Le refus d’Israël de se retirer entièrement du Liban inquiète la région

  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé jeudi que les troupes israéliennes ne se retireraient pas de la zone frontalière du sud du Liban, contrairement au calendrier prévu dans l’accord de cessez-le-feu avec le Hezbollah
  • Le président libanais, Joseph Aoun, a engagé des discussions avec la France et les États-Unis pour exhorter Israël à respecter pleinement l’accord et à procéder au retrait dans les délais impartis

Beyrouth : Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé jeudi que les troupes israéliennes ne se retireraient pas de la zone frontalière du sud du Liban, contrairement au calendrier prévu dans l’accord de cessez-le-feu avec le Hezbollah, affirmant que l’armée libanaise n’avait pas rempli ses obligations.

Le président libanais, Joseph Aoun, a engagé des discussions avec la France et les États-Unis pour exhorter Israël à respecter pleinement l’accord et à procéder au retrait dans les délais impartis, afin d’éviter une détérioration de la situation.

Le Premier ministre intérimaire Najib Mikati a également demandé aux États-Unis à “intervenir pour garantir la mise en œuvre de la résolution 1701 et assurer le retrait d’Israël”.

Vendredi, le bureau de Netanyahu a déclaré que "le retrait progressif du Liban se poursuivra en étroite coordination avec l'administration américaine".

Cependant, le cabinet israélien a décidé que "l'armée israélienne restera sur ses positions actuelles", avertissant que "l'armée israélienne est prête à faire face à tout scénario et répondra de manière ferme et immédiate à toute violation par le Hezbollah".

Selon les médias israéliens, "Israël demande un délai supplémentaire d'un mois pour le retrait de son armée du Liban et une extension de l'accord de cessez-le-feu".

La Israeli Broadcasting Corporation a rapporté que "la direction politique a ordonné à l'armée de maintenir sa présence dans le secteur oriental du Liban", précisant que "la période supplémentaire avant un retrait complet du sud du Liban pourrait s’étendre de quelques jours à plusieurs semaines".
Cette évolution s'accompagne de la poursuite des opérations israéliennes dans la région frontalière, en particulier dans le secteur oriental.

Le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, a déclaré que les forces israéliennes "ont découvert plusieurs tunnels souterrains appartenant au Hezbollah dans le Wadi Saluki, destinés à abriter les membres du parti", affirmant que "ces tunnels ont été détruits".

Adraee a parlé de "la découverte d'un stock d'armes à l'intérieur d'une mosquée, ainsi que d'un véhicule chargé d'armes et de centaines d'obus de mortier, d'engins explosifs improvisés, de grenades propulsées par fusée, de fusils et d'autres équipements militaires".

Il a ajouté : “Au cours d’une autre opération menée par la brigade Golani, des camions transportant des lance-roquettes lourds ont été découverts, ainsi que des dépôts d’armes contenant de grandes quantités de roquettes, d’obus de mortier, de roquettes portatives, d’engins explosifs improvisés et divers équipements militaires”.

Les appels des habitants de la zone frontalière se sont intensifiés après l’annonce d’Israël, les résidents prévoyant de se rassembler dimanche pour exiger l’autorisation de retourner dans leurs villages.

Jeudi, le président du Parlement, Nabih Berri, a été informé par le général américain Jasper Jeffers, chef du comité international chargé de surveiller l’application de l’accord de cessez-le-feu, de "l’intention d’Israël d’étendre la présence de ses forces dans plusieurs secteurs du sud du Liban", selon les informations issues de la réunion. Berri a répondu au général en déclarant que "les habitants se rendront dans leurs villages dimanche".

Dans un communiqué, le Hezbollah a déclaré que "le fait qu'Israël n'ait pas respecté le délai de 60 jours est une atteinte à la souveraineté qui exige que l'État agisse et y remédie, en utilisant tous les moyens et conventions internationaux pour récupérer les territoires libanais et les libérer de l'emprise de l'occupation".

Au niveau politique, le Liban a reçu un nouveau soutien du Golfe pour ses nouveaux dirigeants.

Le ministre koweïtien des affaires étrangères, Abdullah Ali Al-Yahya, et le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Albudaiwi, ainsi qu'une délégation du ministère koweïtien des affaires étrangères et du CCG, ont rencontré des dirigeants libanais à Beyrouth vendredi.

Cette visite, tout comme celle du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, effectuée moins de 24 heures auparavant à Beyrouth, où il a rencontré des responsables libanais et souligné l’importance de la mise en œuvre de la résolution 1701, revêt une importance particulière à la lumière des récents développements au Liban et dans l’ensemble de la région.

Lors de sa rencontre avec Aoun, Al-Yahya a réaffirmé "le soutien, l'approbation et l'engagement du Koweït à se tenir aux côtés du Liban pour lui fournir toute l'aide nécessaire dans tous les domaines".

Il a souligné l'importance de "l’activation des comités mixtes libano-koweïtiens pour aborder les questions prioritaires en fonction des besoins du Liban", tout en rappelant que le Liban "a été le premier pays à condamner l’invasion irakienne du Koweït, à travers la position du défunt Premier ministre Salim Al-Hoss".

Albudaiwi a réaffirmé le "soutien indéfectible du CCG au Liban et à sa souveraineté", tout en soulignant l’importance de "la non-ingérence dans les affaires intérieures du Liban".

Il a déclaré que "le CCG est prêt à soutenir le Liban à travers des projets de développement économique une fois les réformes prévues mises en œuvre", ajoutant qu’"un programme du Golfe pour le Liban est déjà prêt et sera développé en coopération avec le futur gouvernement libanais".

Aoun a exprimé son souhait de voir "les Koweïtiens en particulier, et les habitants du Golfe en général, revenir visiter le Liban," tout en soulignant que "l’unité des pays arabes est l'élément clé pour relever les défis actuels".

Le président a déclaré qu’"une fois le gouvernement formé, nous établirons de nouvelles bases de coopération avec les pays du Golfe," en précisant que "les grandes lignes de ces nouvelles bases ont été énoncées dans le discours d’investiture, qui a défini les principes fondamentaux pour la reconstruction de l’État".

Les deux responsables du Golfe ont rencontré le Premier ministre désigné, Nawaf Salam, qui a affirmé "l'importance de travailler pour faire face aux défis internes auxquels le Liban est confronté pendant cette période".

M. Salam a souligné "l'importance du rétablissement des relations entre le Liban et le Golfe, qu'il considère comme une priorité dans un avenir proche".

Les représentants du Golfe ont également tenu des réunions avec le Premier ministre par intérim, Najib Mikati, et le président du Parlement, Nabih Berri.

Le ministre koweïtien et le secrétaire général du CCG ont tenu une conférence de presse conjointe avec le ministre libanais des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habibi, à l'issue d'une réunion.

Al-Yahya a déclaré : "Nous réaffirmons notre solidarité avec le Liban et notre ferme engagement à soutenir sa souveraineté et son unité territoriale, ainsi que l'importance de la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment la résolution 1701, et de l'accord de Taëf.

"Nous aspirons à établir des relations solides avec le Liban et à jouer un rôle clé dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité dans la région," a-t-il déclaré.

Al-Yahya a déclaré que "le CCG appelle au respect intégral de l'accord de cessez-le-feu et à la cessation des hostilités israéliennes contre le Liban et les forces de maintien de la paix des Nations Unies," tout en soulignant "l'importance du rôle de l'armée et des forces de sécurité dans la préservation de la sécurité du pays".

Il a ajouté : "Nous encourageons  la mise en œuvre des réformes prévues. Une occasion historique se présente pour surmonter les défis du passé et initier un processus de reconstruction et de développement qui réponde pleinement aux aspirations de prospérité du peuple libanais".

Al-Budaiwi a déclaré : "Nous sommes très satisfaits de ce que nous avons entendu de la part des dirigeants libanais et de leur volonté de mettre en œuvre les réformes nécessaires et les programmes recommandés par la communauté internationale pour assurer la stabilité du pays.

"Ces réformes constituent la voie à suivre pour le redressement du Liban. Nous croyons en la nécessité de mettre en œuvre ces réformes obligatoires et les résolutions du Conseil de sécurité, notamment la résolution 1701, ainsi que l'accord de Taëf”.

Il a réitéré le communiqué final issu de la réunion extraordinaire du comité ministériel, soulignant le soutien apporté au groupe des cinq pays pour le Liban.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.