Une résidence artistique multidisciplinaire capture l'esprit d'Al-Balad à Djeddah

Des artistes d'horizons divers ont exploré le thème du mouvement et ont transformé Bait Shouaib en un participant actif à leur processus créatif. (Photo Fournie)
Des artistes d'horizons divers ont exploré le thème du mouvement et ont transformé Bait Shouaib en un participant actif à leur processus créatif. (Photo Fournie)
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Publié le Dimanche 02 février 2025

Une résidence artistique multidisciplinaire capture l'esprit d'Al-Balad à Djeddah

  • La résidence Bait Shouaib accueille divers créateurs pour réfléchir au « mouvement » dans le quartier historique.
  • Intitulé « Moving Narratives », ce cycle a exploré le thème du mouvement à travers diverses perspectives et a transformé l'historique Bait Shouaib en un participant actif au processus créatif.

JEDDAH : La résidence artistique Bait Shouaib de la Fondation Athr, située dans le quartier d'Al-Balad, a réuni un cinéaste, un conservateur et deux artistes, favorisant ainsi une collaboration interdisciplinaire au cours d'un programme de huit semaines.

Intitulé « Moving Narratives », ce cycle a exploré le thème du mouvement à travers diverses perspectives et a transformé l'historique Bait Shouaib en un participant actif au processus créatif.

L'exposition, inaugurée le mois dernier dans le cadre de la Biennale des arts islamiques de cette année, a permis aux visiteurs d'assister à des interprétations de l'essence culturelle et historique de Djeddah à travers l'art contemporain. ***

Hayfa Algwaiz a créé une installation mobile spécifique dans la cage d'escalier, ou minwar, de Bait Shouaib. (Photo Fournie)
Hayfa Algwaiz a créé une installation mobile spécifique dans la cage d'escalier, ou minwar, de Bait Shouaib. (Photo Fournie)

Ibrahim Romman, directeur de la résidence et responsable principal des programmes à la Fondation Athr, a souligné l'impact du programme et a déclaré à Arab News : « L'exploration du thème du “mouvement” par chaque résident est devenue une invitation à réfléchir à la manière dont les histoires, les espaces et les identités évoluent et s'entrecroisent.

« Ensemble, leurs œuvres ont offert une réponse richement stratifiée au thème, présentant des perspectives interdisciplinaires qui ont jeté un pont entre le passé et le présent ».

L'artiste soudanais Rund Alarabi a créé une installation vidéo poétique qui fait le lien entre les héritages culturels et architecturaux des villes portuaires de Jeddah et de Suakin, au Soudan.

Le conservateur vietnamien Nhat Q. Vo a centré son projet sur la mosquée Al-Shafi'i. (Photo Fournie)
Le conservateur vietnamien Nhat Q. Vo a centré son projet sur la mosquée Al-Shafi'i. (Photo Fournie)

Son projet se penche sur les aspects non documentés et intangibles de la mémoire collective. Elle a déclaré à Arab News : « Vivre entre Francfort, Khartoum et Djeddah a nourri ma pratique de matériaux divers et a dévoilé de nouvelles voies d'incompréhension. Cela m'a amenée à remettre en question ce que je considère comme acquis et à repenser ma compréhension du consensus mondial et local. »

Grâce à des éléments sensoriels tels que des paysages sonores composés d'ustensiles de cuisine quotidiens, son installation établit un lien intime avec la mémoire culturelle. « Le son et les images en mouvement agissent comme des vaisseaux qui remettent en question notre compréhension de la réalité. Ils mettent en lumière des aspects négligés de notre existence en s'infiltrant au-delà de nos hypothèses préconçues », a-t-elle déclaré.

La cinéaste Nada Al-Mojadedi s'est inspirée du folklore Hejazi pour créer une expérience immersive qui mêle harmonieusement performance, textiles et images en mouvement. Son installation en deux pièces transforme son studio en un décor théâtral qui invite les visiteurs à voyager dans le temps. 

L'installation vidéo de l'artiste soudanais Rund Alarabi fait le lien entre les héritages architecturaux des villes portuaires de Jeddah et de Suakin, au Soudan. (Photo Fournie)
L'installation vidéo de l'artiste soudanais Rund Alarabi fait le lien entre les héritages architecturaux des villes portuaires de Jeddah et de Suakin, au Soudan. (Photo Fournie)

Al-Mojadedi explique : « Je voulais brouiller les frontières entre l'interprète et l'observateur, en proposant une réflexion intime sur l'identité et la mémoire.

À propos de son approche du thème, elle a ajouté : « Pour moi, le mouvement transcende le physique ; il incarne l'invisible - une force constante et évolutive de l'imagination, une “danse quantique” à travers le temps et l'espace. Ce concept a guidé mon exploration du folklore Hejazi, où j'ai entrelacé l'héritage avec des légendes urbaines nouvellement créées.

« En m'immergeant dans la vie et les histoires vibrantes d'Al-Balad, et inspirée par mon lien avec Bait Shouaib et un papillon en visite, j'ai créé Haleema, une légende urbaine Hejazi inspirée par les histoires non racontées des femmes qui vivaient autrefois dans ces espaces ».

En réfléchissant à son processus de création, Al-Mojadedi a déclaré : « Mon travail associe le personnel à la performance, réimaginant l'espace à la fois comme un lieu de narration et comme un participant actif au récit. Participer à cette résidence a été une expérience enrichissante qui nous a permis de nous plonger dans la tapisserie culturelle dynamique d'Al-Balad et d'apporter nos récits individuels à son histoire durable ». 

De même, un autre artiste, Nhat Q. Vo, conservateur et travailleur culturel vietnamien, a exploré l'histoire transitoire des communautés de travailleurs migrants de Djeddah, en centrant son projet sur la mosquée Al-Shafi'i, plaque tournante des échanges culturels.

« Lorsque je suis arrivé à Al-Balad, j'ai été attiré par son environnement physique et par les histoires inédites des travailleurs qui font vivre le Jeddah historique. Au début, la barrière de la langue a rendu difficile l'établissement de liens, mais ma découverte de la mosquée Al-Shafi'i a tout changé.

« La vue des gens se rassemblant pour l'iftar, unis par la foi malgré leurs différences, m'a inspiré pour représenter leurs histoires à travers leurs rituels partagés plutôt que par des mots. »

Il explique comment l'architecture a influencé son approche créative : « L'architecture est devenue un réceptacle pour ces récits, un lieu où convergent diverses communautés. En utilisant plus de 70 mètres de tissu pour remplacer la sufra en plastique de la mosquée, j'ai permis au matériau d'absorber les traces des repas partagés et des liens humains.

« Le tissu, marqué par des miettes de nourriture, des taches d'huile et des plis, est devenu un enregistrement tangible de la mémoire collective. Pour moi, la véritable inspiration vient des gens dont la vie et les habitudes façonnent la riche tapisserie de ces espaces ».

Hayfa Algwaiz, artiste et architecte basée à Riyad, a créé une installation mobile spécifique dans la cage d'escalier de Bait Shouaib, ou minwar, explorant l'interaction entre le mouvement, l'espace et les éléments architecturaux.

En faisant de la cage d'escalier un participant dynamique à son récit, elle a déclaré : « Le mouvement subtil de la cage d'escalier est un miroir de l'histoire de la ville : « Le mouvement subtil du mobile reflète les qualités éphémères de la lumière, de l'air et de la transition expérimentées à Al-Balad. En me concentrant sur un seul élément, j'ai pu honorer la signification historique de l'espace tout en introduisant des interprétations artistiques contemporaines ».

Elle a expliqué son approche : « En tant qu'artiste et architecte, je m'efforce de jeter un pont entre le passé et le présent en mettant en avant les éléments qui les relient, comme les ouvertures encadrées dans les structures historiques comme Bait Shouaib. Ornées d'une décoration complexe, ces ouvertures sont des constantes que je déconstruis et reconstruis pour refléter notre époque contemporaine.

« Dans le paysage urbain en évolution rapide de l'Arabie saoudite, je cherche à susciter un dialogue sur ce qui doit être préservé et ce qui peut évoluer. En réinterprétant les matériaux traditionnels, les dispositions spatiales et l'ornementation dans des expressions modernes, j'espère honorer notre identité culturelle tout en embrassant l'avenir. »

Animée par la circulation naturelle de l'air, son installation reflète l'éthique de la résidence, qui consiste à jeter un pont entre la tradition et l'innovation.

« L'architecture a le potentiel de se transformer en une entité vivante, qui respire, et j'ai cherché à capturer cette essence », a-t-elle déclaré.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 

 

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".