Selon les libraires de Cisjordanie, les arrestations reflètent la répression israélienne contre la culture palestinienne

Mahmoud Muna (au centre) avec sa femme et son cousin après sa libération de la détention israélienne à Jérusalem, le 11 février 2025 (capture d'écran).
Mahmoud Muna (au centre) avec sa femme et son cousin après sa libération de la détention israélienne à Jérusalem, le 11 février 2025 (capture d'écran).
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Publié le Lundi 17 février 2025

Selon les libraires de Cisjordanie, les arrestations reflètent la répression israélienne contre la culture palestinienne

  • Mahmoud Muna et son neveu Ahmed ont été arrêtés dimanche, après que la police israélienne a effectué une descente dans les librairies familiales, accusées de vendre des livres soutenant le terrorisme.
  • « Ce cas n'est pas un événement isolé, mais fait partie d'une série d'attaques contre les institutions culturelles palestiniennes », a déclaré Mahmoud.

LONDRES : Deux libraires de Cisjordanie, récemment arrêtés par la police israélienne, affirment que leur détention s'inscrit dans le cadre d'une escalade des efforts déployés par les autorités israéliennes pour supprimer la culture palestinienne.

Dans une interview accordée au Guardian, Mahmoud Muna et son neveu Ahmed, dont la famille possède la librairie Educational Bookshop à Jérusalem-Est depuis plus de 40 ans, ont décrit la descente dans leur magasin comme faisant partie d'une campagne plus large visant à étouffer l'identité palestinienne et la liberté d'expression.

« Nous ne devrions pas considérer cela comme un événement isolé », a déclaré Mahmoud. « Il y a eu une série d'attaques contre des institutions culturelles à Jérusalem et ailleurs. Je pense que l'establishment israélien est conscient du rôle que jouent les institutions culturelles dans la galvanisation et la protection de l'identité culturelle palestinienne. »

Le raid a eu lieu dimanche dernier, lorsque des officiers en civil ont pénétré dans deux des succursales de la librairie située rue Salah Eddin, l'une spécialisée dans les livres arabes, l'autre dans les publications en anglais et en langues étrangères. Mahmoud et Ahmed ont été arrêtés et placés en détention pendant deux jours.

La police israélienne a accusé les deux hommes de « vendre des livres contenant de l'incitation et du soutien au terrorisme », affirmant que les agents avaient trouvé des documents contenant des « thèmes palestiniens nationalistes », notamment un livre de coloriage pour enfants contenant la phrase « De la rivière à la mer », qui, selon les Israéliens, serait contestable.

Les deux hommes ont déclaré que la police avait confisqué environ 300 livres pour les examiner, mais que tous avaient finalement été restitués, à l'exception de huit d'entre eux, dont le livre de coloriage, qui, selon eux, avait été envoyé pour examen et n'était pas en vente.

Après avoir comparu devant le tribunal de première instance de Jérusalem lundi, les charges retenues contre eux ont été ramenées à un délit d'ordre public, mais il leur a été ordonné de passer 24 heures de plus en détention, suivies de cinq jours d'assignation à résidence.

Leur arrestation a suscité une condamnation internationale, les journalistes et les diplomates suivant de près l'affaire. En Israël, l'incident a également suscité des critiques, le journaliste Noa Simone qualifiant la descente de police d'« acte fasciste » qui « évoque des associations historiques effrayantes avec lesquelles chaque Juif est très familier ».

Se remémorant leur détention, les libraires ont décrit les conditions de vie comme étant « tout simplement indignes d'un être humain ». Ils ont indiqué qu'ils étaient détenus dans des cellules surpeuplées, sans fenêtre et sans chauffage, et qu'ils étaient contraints de dormir sur des nattes posées sur un sol en béton, dans des températures proches du point de congélation. Ils ont assimilé ce traitement à de la torture psychologique.

Bien que leur expérience ait été difficile, ils reconnaissent que leur situation aurait pu être bien pire sans l'attention et le soutien de la communauté internationale.

« Que se serait-il passé si nous ne travaillions pas dans une librairie d'envergure internationale, avec de bonnes relations internationales ? » demande Mahmoud. « L'affaire aurait probablement été manipulée contre nous.

Il a également mis en garde contre les conséquences plus larges de leur arrestation. « La question est de savoir jusqu'où ils vont aller. S'ils s'attaquent maintenant aux librairies palestiniennes, ils s'en prendront ensuite aux librairies israéliennes.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".