La méthode Trump: un tournant dans les relations transatlantiques?

L’affront subi par Zelensky, non seulement de la part de Trump, mais aussi du vice-président américain JD Vance et de certains membres de la presse américaine présents lors de l’entretien, visait également le Vieux Continent. (Combo AFP)
L’affront subi par Zelensky, non seulement de la part de Trump, mais aussi du vice-président américain JD Vance et de certains membres de la presse américaine présents lors de l’entretien, visait également le Vieux Continent. (Combo AFP)
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Publié le Mercredi 05 mars 2025

La méthode Trump: un tournant dans les relations transatlantiques?

  • Depuis 75 ans, l’Europe et les États-Unis ont été des alliés stratégiques, mais ce partenariat semble aujourd’hui fragilisé
  • Face à cette nouvelle donne, les Européens se mobilisent: de Londres à Bruxelles, les discussions se multiplient pour anticiper les conséquences de la politique de Trump

La rencontre tendue entre les présidents américain Donald Trump et ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche a semé le trouble en Europe.

L’affront subi par Zelensky, non seulement de la part de Trump, mais aussi du vice-président américain JD Vance et de certains membres de la presse américaine présents lors de l’entretien, visait également le Vieux Continent.

Le président américain, fidèle à son discours, ne cache pas son mépris à l’égard de l’Europe, pour différentes raisons.

D’un point de vue idéologique, l’Europe représente l’antithèse du modèle social et économique prôné par Trump et ses partisans. «Elle incarne un modèle absolument détesté par Trump et ses soutiens», affirme le député européen centriste Bernard Guetta.

Point de friction majeur

Interrogé par Arab News en français, Guetta précise que «les pays de l’Union européenne sont un concentré de protection sociale, de redistribution par l’impôt et d’un État arbitre», soit les trois piliers que Trump «déteste le plus et qu’il s’acharne à déconstruire avec une violence spectaculaire».

Outre cette opposition, un autre point de friction majeur réside dans la dépendance européenne vis-à-vis des États-Unis en matière de défense, un héritage de l’après-guerre que Trump remet fondamentalement en question.

Depuis 75 ans, l’Europe et les États-Unis ont été des alliés stratégiques, mais ce partenariat semble aujourd’hui fragilisé. Face à cette nouvelle donne, les Européens se mobilisent: de Londres à Bruxelles, les discussions se multiplient pour anticiper les conséquences de la politique de Trump et esquisser une réponse collective.

L’Europe désormais seule face à son destin doit assumer seule sa défense et sa sécurité, tout en continuant à soutenir l’Ukraine contre la Russie. Or, si ce constat est largement partagé, la stratégie à adopter divise.

Certains pays européens plaident pour une prise d’indépendance rapide et décisive, tandis que d’autres estiment qu’il est encore possible d’inverser la tendance et de renouer avec les États-Unis.

Cependant, Trump a déjà fait savoir clairement que, selon lui, seules trois puissances comptent sur l’échiquier mondial: les États-Unis, la Chine et la Russie. L’Europe, quant à elle, n’a plus aucun poids stratégique à ses yeux.

«Il est temps que les Européens prennent conscience de cette réalité», alerte Bernard Guetta. Selon lui, «le divorce est consommé et profond». Il considère que «même si on tente de minimiser l’épisode du Bureau ovale, il n’en demeure pas moins que, depuis le début du siècle, les administrations américaines successives affirment clairement que leurs priorités ne sont plus en Europe».

Les intérêts stratégiques des États-Unis se trouvent désormais dans la région indopacifique, notamment face à la montée en puissance de la Chine, qui pourrait bientôt devenir la première puissance mondiale, et c’est cette réalité qui redéfinit les priorités américaines et relègue l’Europe au second plan.

Un tournant historique pour l'Europe 

Ceci marque un tournant historique pour l’Europe, qui doit impérativement se renforcer et se réorganiser. «Ce changement n’est pas encore acté», nuance Bernard Guetta, qui souligne que Trump est «largement isolé» sur la scène internationale, et «à l’exception de Moscou, aucune capitale ne l’a applaudi après sa rencontre désastreuse avec Zelensky», précise-t-il.

Un autre élément à ne pas négliger est l’image qui se dessine actuellement: une Europe soudée, avec à ses côtés le Royaume-Uni et le Canada, qui, selon certaines déclarations de Trump, pourraient être annexés aux États-Unis, ainsi que la Turquie.

Pour Guetta, cette image renforce la cohésion des alliés atlantiques… mais sans les États-Unis, Un paradoxe qui pourrait à terme se retourner contre Washington si l’Europe parvient à prendre les mesures concrètes pour assurer son autonomie stratégique.

Pour l’instant, tout reste au stade des déclarations. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé que «l’Europe doit urgemment se réarmer» et de nombreux dirigeants européens ont réitéré leur soutien indéfectible à l’Ukraine. Mais la question centrale demeure: qui paiera le prix de cette indépendance?

Ce coût, qui est parmi l’une des raisons qui freinent depuis des années l’émergence d’une défense européenne intégrée, pourrait bien être le principal obstacle à l’évolution du continent vers une autonomie stratégique, pourtant, face à la politique de Trump, l’heure n’est plus aux hésitations.

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.