L'artiste saoudienne Lulua Alyahya dévoile les secrets de son exposition personnelle « Nafs »

L'exposition "Nafs" de l'artiste saoudienne Lulua Alyahya, se tient à la galerie Athr de Djeddah jusqu'au 25 mars. (Photo: fournie)
L'exposition "Nafs" de l'artiste saoudienne Lulua Alyahya, se tient à la galerie Athr de Djeddah jusqu'au 25 mars. (Photo: fournie)
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Publié le Samedi 15 mars 2025

L'artiste saoudienne Lulua Alyahya dévoile les secrets de son exposition personnelle « Nafs »

  • L'exposition "Nafs" de l'artiste saoudienne Lulua Alyahya, qui se tient à la galerie Athr de Djeddah jusqu'au 25 mars, est sa première exposition personnelle dans son pays d'origine

DJEDDAH : L'exposition "Nafs" de l'artiste saoudienne Lulua Alyahya, qui se tient à la galerie Athr de Djeddah jusqu'au 25 mars, est sa première exposition personnelle dans son pays d'origine.  

L'exposition, nommée « Nafs », signifie « soi », explique Lulua Alyahya à Arab News. « J'ai choisi ce nom car il me semblait parfaitement adapté à ma première exposition personnelle en Arabie saoudite. J'ai exposé à de nombreuses reprises au Royaume-Uni, mais mon travail prend une toute autre dimension lorsqu'il est présenté chez moi. L'œuvre s'intéresse au Golfe en général, mais se concentre plus particulièrement sur l'Arabie saoudite sous plusieurs aspects. »

Cette jeune femme de 26 ans est diplômée de la Slade School of Fine Art et de Goldsmiths, Université de Londres. Son travail mêle récits personnels et collectifs pour explorer l'identité à travers des peintures introspectives et minimalistes.   

Le processus d'Alyahya est intuitif. Ses dernières œuvres, apprêtées avec du gesso noir, adoptent des tons plus sombres et des arrière-plans indéfinis. Elle nous parle ici de cinq pièces de son exposition actuelle, ce qui, dit-elle, n'est pas chose aisée.  

« Il est assez difficile de parler de mon travail, car j'espère que les gens le verront et s'y reconnaîtront. C'est un peu l'histoire du titre. Je voulais un mot dans lequel les gens puissent littéralement se reconnaître et qui soit le fil conducteur de toutes les images », a-t-elle précisé. 

« Jubbah Petroglyphs »

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« J'ai réalisé cette peinture en 2023. À l'époque, j'étais vraiment fasciné par les pétroglyphes préislamiques de diverses régions d'Arabie saoudite. Celui-ci provient de Jubbah, près de Ha’il. Ma famille est originaire de Ha’il et lorsque l'Arabie saoudite a commencé à prendre toutes ces initiatives incroyables pour découvrir notre histoire préislamique et intégrer ces récits dans notre identité nationale, j'ai commencé à m'intéresser de très près aux archives archéologiques d'Aramco et à toutes ces choses différentes. J'ai parlé à des amis et à des membres de ma famille de leur expérience de ces lieux. Je voulais vraiment faire une peinture de ce rocher spécifique où il y a ces sculptures répétées de chameaux ; les chameaux m'intéressent aussi en tant que symbole, parce qu'ils sont visuellement liés à cette partie du monde. Si vous allez dans une boutique touristique dans le Golfe, vous trouverez des porte-clés en forme de chameau et d'autres choses. Je ne sais pas si le mot "kitsch" est le bon - probablement pas - mais c'est très évident ; c'est très évident. Et ce qui m'intéresse, c'est de prendre des symboles qui semblent évidents et de les rendre mystérieux ou de jouer avec l'effet de cette imagerie. Je m'inspire constamment de choses différentes ; il n'y a jamais une seule chose que je regarde, c'est plutôt ce que je vis, ce que je lis, ce que je dis, et ensuite les peintures sortent. Une de mes peintures chez Hayy Jameel s'intitule "Boardroom". On y voit des hommes assis à une table de réunion et regardant un mur sur lequel se trouve un de ces chameaux pétroglyphes. Parfois, il y a des références à d'autres peintures - de petits rappels. Il y a beaucoup de blagues internes. L'humour est un élément essentiel de l'œuvre », a-t-elle confié à Arab News. 

« Smoke Break »

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« Les titres viennent toujours une fois mes peintures sont achevées, et je laisse souvent les choses sans titre - mais celui-ci se prête en quelque sorte au titre parce que le type prend un café et fume une cigarette. C'est juste une peinture sur le repos, mais il y a beaucoup d'énergie dans la façon dont je l'ai peinte ; c'est très gestuel et il y a beaucoup de marques et d'éclaboussures de peinture », a-t-elle explique. 

« Magic Chocolate Ball »

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« Ces filles sont très drôles. Comme je l'ai dit, l'humour occupe une grande place dans mon travail et c'est une œuvre qui m'a amusée et que j'ai eu plaisir à montrer aux gens. Elle est basée sur le souvenir d'un dessert qui, je pense, est si familier aux habitants du Golfe : vous commandez une boule de chocolat et le serveur s'approche et verse du chocolat chaud fondu dessus, la boule fond et révèle quelque chose à l'intérieur. J'ai vu cela tellement de fois et cela m'est venu à l'esprit alors que je peignais, de manière super-impulsive. Ce qui m'intéresse, c'est la façon dont les gens se voient, ou voient les autres, dans l'imagerie - ou ne se voient pas. C'est une approche satirique de ce qui se passe dans la société. La satire est très importante, mais il ne s'agit jamais d'une chose ou d'une autre - c'est toujours une combinaison de différents tons et positions que j'adopte. Par exemple, je trouve cela drôle et je choisis de le montrer, mais il est évident qu'il y a une connexion émotionnelle qui se produit pendant que je peins », a-t-elle lancé 

« Untitled (2024) »

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« Il s'agit d'un homme au téléphone, assis près d'une piscine. C'est un personnage solitaire. Ensuite, il y a deux chevaux et deux palmiers. Il m'a fallu plusieurs mois pour peindre cette œuvre. Parfois, j'ai une idée, je la peins et ça ne marche pas du tout. Cela arrive beaucoup plus souvent qu'on ne le pense. Alors, je recouvre quelque chose, puis j'ajoute quelque chose de nouveau, puis je recouvre cette chose, puis j'ajoute quelque chose de nouveau, en attendant ce moment où les éléments sont porteurs d'une sorte de logique poétique qui, j'en suis sûr, se traduira pour le spectateur. Il est toujours difficile d'articuler - mais très facile de savoir - quand on atteint ce point », a-t-elle ajouté. 

« Guard Dog »

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J'adore les chiens. Je les peins souvent. Celui-ci est un berger allemand, un chien de garde. Il est basé sur un croquis - il est très similaire à beaucoup d'autres œuvres que j'ai réalisées. Parfois, je reste bloqué sur quelque chose et cela se répète dans plusieurs œuvres, et d'autres fois, c'est une chose unique. Je préfère ne pas essayer de le contrôler et me laisser guider par les choses.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".