La carte des caractères de l'architecture saoudienne est mise en œuvre grâce à des outils numériques et à des formations

Le vice-ministre des municipalités et du logement, Ehab Ghazi Al-Hashani. (Photo AN de Huda Bashatah)
Le vice-ministre des municipalités et du logement, Ehab Ghazi Al-Hashani. (Photo AN de Huda Bashatah)
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Publié le Lundi 24 mars 2025

La carte des caractères de l'architecture saoudienne est mise en œuvre grâce à des outils numériques et à des formations

  • L'initiative fournit aux promoteurs des lignes directrices en matière de styles architecturaux.
  • Ces directives s'inspirent des identités régionales et visent à refléter la diversité culturelle de l'Arabie saoudite.

RIYAD : Le ministère des municipalités et du logement a entamé la phase suivante du déploiement de la carte des caractères architecturaux saoudiens à Taif, Al-Ahsa, Asir et La Mecque, à la suite de son lancement officiel au début du mois.

Dans une interview exclusive accordée à Arab News, le vice-ministre des municipalités et du logement, Ehab Ghazi Al-Hashani, a détaillé les prochaines étapes et souligné les efforts de coordination considérables déployés pour assurer la réussite du projet.

Al-Hashani a souligné la longue préparation derrière l'initiative : "La carte architecturale de l'Arabie saoudite est vraiment un projet qui est en cours (de réalisation) depuis plus de deux ans, sous la direction du prince héritier Mohammed bin Salman."

Le ministère, a-t-il dit, se concentre sur la sensibilisation et la préparation de l'industrie pour le déploiement à venir.

"L'étape immédiate, maintenant que nous avons lancé le projet, est vraiment de sensibiliser et de commencer à former certains architectes (pour) lancer le projet dans les quatre villes qui ont été annoncées, à Taif, Al-Ahsa, Asir (et) Makkah."

Saudi Architecture fournit aux promoteurs immobiliers du Royaume des directives sur les styles de construction.

La carte des caractères présente 19 styles architecturaux distincts inspirés des identités régionales, dans le but de refléter la diversité culturelle de l'Arabie saoudite à travers son environnement bâti.

La vision à long terme du projet est de créer des villes plus agréables à parcourir et plus durables.

"Nous travaillons sur une stratégie plus large pour développer des villes de 5, 10 ou 15 minutes en Arabie saoudite, où l'on peut se rendre au travail et répondre à ses besoins de base à une distance raisonnable", a-t-il déclaré.

M. Al-Hashani a souligné que la formation des architectes était essentielle pour une mise en œuvre harmonieuse. Il a souligné l'ampleur des travaux préparatoires déjà réalisés avant le lancement public.

"Nous avons un programme massif en cours, en commençant par la communication que nous faisons maintenant ... la formation a commencé bien avant le lancement, afin de s'assurer que nous sommes sur la bonne voie. Les efforts sont considérables.

Il a également souligné le soutien technique et numérique qui sous-tend l'initiative. "Il y a les outils numériques qui ont déjà été mis en place et qui font partie de la plateforme Balady. Et bien sûr, les communications continues avec ... les municipalités, et bien sûr, nos partenaires, les autorités de développement régional", a-t-il ajouté.

Abordant l'évolution des influences en matière de conception, M. Al-Hashani a expliqué comment les exemples précédents ont inspiré les codes actuels. Il a souligné le rôle joué par les projets pionniers dans l'élaboration de l'approche nationale.

"Tout exemple réussi de ligne directrice en matière de conception architecturale a été pris en compte dans l'élaboration de ces codes... nos conceptions (sont) quelque peu inspirées par Diriyah... mais elles couvrent surtout l'ensemble de la région centrale."

En ce qui concerne l'avenir, il a confirmé que la mise en œuvre est déjà visible sur le terrain.

Il a ajouté que le déploiement devrait s'accélérer, avec de nombreux exemples attendus dans un avenir proche : "Il y aura de nombreux exemples dans les 12 mois à venir ... de la mise en œuvre de ces lignes directrices sur le terrain.

Pour garantir une application uniforme des nouveaux codes de conception, le ministère a intégré les lignes directrices dans son processus d'octroi de licences. M. Al-Hashani a expliqué comment l'application numérique joue un rôle clé.

"La plateforme Balady comporte déjà une sorte d'élément géospatial, où chaque zone est déjà liée à la licence qui est délivrée. Ainsi, si vous demandez une licence à Taif, les lignes directrices apparaîtront comme les exigences auxquelles vous devrez vous conformer en termes de conception.

L'engagement public et la sensibilisation sont également des éléments essentiels de l'initiative. M. Al-Hashani a souligné l'étendue du champ d'action du ministère grâce à son vaste réseau municipal.

"Le secteur municipal est le plus grand secteur d'Arabie saoudite [...] qui a accès au citoyen.

"Vous avez affaire à nous tous les jours, même sans le savoir. Nous avons par exemple 285 (municipalités). Nous avons 17 amanahs (divisions administratives). Nous sommes présents partout en Arabie saoudite.

Il a également souligné le rôle des ateliers et des réunions des parties prenantes en tant qu'outils essentiels pour garantir l'alignement de toutes les parties sur les nouvelles normes.

"Le plus important, ce sont les ateliers que nous organisons avec les principales parties prenantes de ces structures, telles que les cabinets d'architectes, les grands promoteurs et, bien sûr, les projets de grande envergure.

En ce qui concerne l'avenir, M. Al-Hashani a évoqué les objectifs stratégiques plus larges qui sous-tendent l'initiative.

Il a expliqué que le succès ne sera pas seulement mesuré par l'application immédiate des lignes directrices en matière de conception, mais aussi par leur impact sur la planification urbaine, avec des "indicateurs de performance clés".

Grâce à des outils numériques intégrés, à une formation ciblée et à un vaste engagement des parties prenantes, la Saudi Architecture Characters Map vise à redéfinir le développement urbain dans tout le Royaume, tout en restant ancrée dans son riche patrimoine culturel.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.